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Centrafrique: «La femme est une partie du patrimoine de l’époux»

Par Fiacre Kombo, KTD - 24/04/2012

En dépit des multiples engagements pris par le pays pour améliorer les droits de la femme, la coutume semble l’emporter sur les lois

 

Depuis l’historique sommet mondial sur les droits de la femme à Beijing (en Chine) en 1995, la République Centrafricaine a enregistré quelques progrès quant au renforcement des droits de la femme. Au plan institutionnel, il y a eu la création de la direction générale de la promotion féminine placée sous la tutelle du ministère des Affaires sociales et de la Solidarité Nationale. Il y a également eu l’adoption de nombreux textes de loi pour améliorer le quotidien des femmes. Cependant, la femme centrafricaine continue d’être marginalisée. C’est elle seule qui prend en main les charges du ménage, l’éducation des enfants, la santé familiale.Dans nos provinces, c’est elle qui s’occupe même de la construction du logement familial. Les femmes sortent tôt le matin pour aller au champ, alors que leurs maris sont encore au lit. A leur retour, tout épuisées, elles doivent encore s’occuper de la maison, de leurs époux ainsi que du repas du soir.Pour M. Antoine Mbaga, directeur de cabinet au ministère des Affaires sociales: «le Gouvernement a pris des engagements conséquents pour favoriser l’épanouissement de la femme. Seulement, le poids de la tradition joue énormément sur les rôles et la place que doivent occuper les femmes au sein de la communauté.»

 


© Fiacre Kombo
La pancarte de l’Organisation des Femmes Centrafricaines
Le poids de la tradition
Le cas du lévirat est une véritable illustration, d’après ce sociologue de formation. Après le décès de son époux, la veuve, si elle est dotée, doit être donnée en mariage à l’un des frères du défunt. Si c’est la femme qui décède, les parents de la défunte doivent désigner une fille de la famille pour la donner à l’époux survivant. C’est la chosification de la femme», a-t-il martelé. Quant à la question de l’impact des initiatives engagées par la RCA, notamment au plan législatif, il nous répond que c’est une avancée remarquable en matière des droits de la femme. Tant que les femmes ne se lèvent pas, elles seront toujours classées au second rang, puisque traditionnellement, les hommes ne veulent pas céder leurs pouvoirs et les privilèges qu’ils en tirent au sein de la communauté. Il conclut en affirmant: «le gouvernement centrafricain est entrain de préparer un projet de loi relatif à la parité homme-femme dans un souci de faciliter un véritable développement social. L’annonce du lancement de ce projet est accueillie avec satisfaction par la société civile. Selon la présidente de l’Association des Femmes Juristes de Centrafrique (AFJC) Maître Marie Blandine Songuéléma Yakondji, si cette loi était adoptée, elle permettrait de renforcer les droits de la femme, la parité homme-femme. Ce que nous attendons, c’est le suivi réel par nos autorités. D’abord, une campagne continue de sensibilisation doit être menée par les autorités et les ONG qualifiées.

 


© Kôngô Ti Doli
Militer pour les droits des femmes
Elle appelle ses compatriotes femmes à militer pour leurs droits. A propos de cet écart entre la tradition et les lois sur la femme, elle déclare: «nous sommes trop attachés à la coutume». Son affirmation n’est pas gratuite lorsque Mlle Nina Kowoli, étudiante à l’Université de Bangui insiste qu’ «un homme est un homme». Dans notre éducation, la femme est toujours soumise à son mari et la Bible nous le recommande. Elle a par ailleurs relativisé en disant qu’il faut cependant tenir compte de la modernisation et alléger le poids de la coutume. Il faut faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, la parité devant l’emploi, ainsi que dans les instances de prise de décision. La RCA a déjà ratifié la convention internationale pour l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard des femmes (CEDEWA) de 1991. Cela nous rappelle l’inquiétude exprimée par le directeur de cabinet du ministre des Affaires sociales concernant la publication dans les délais des rapports sur la situation de la femme en RCA. Le gros problème reste le suivi dans chaque communauté.
 
MOTS CLES :  Droits   Femme   Coutume   Engagements Gouvernements 

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  • Cet article est publié avec l'autorisation de Kôngô Ti Doli
  • Projet de formation pratique sur le journalisme sensible aux droits de l’Homme
  • www.mediathequepanosparis.org

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