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Scénarii de crise Cémac: Après la «guerre», la paix!

Par Rémy Biniou, Intégration - 23/04/2012

L’ambiance survoltée, depuis des semaines, entre les autorités centrafricaines et le Président de la Commission de la CEMAC, est en passe de faire place à de meilleurs sentiments

 

Le dernier mot à la diplomatie, loin des joutes oratoires et des articles de presse incendiaires avec leur lot de polémiques qui ont traversé l’affaire Antoine Ntsimi ces dernières semaines. Tel est le résumé le plus juste qu’on peut faire de cette affaire qui a sérieusement écorné l’image de la CEMAC ces dernières semaines. En effet, l’orage passé, le beau temps refait surface. Ceci, avec l’éventuel, peut-être l’inéluctable retour, dans les jours proches, du Président de la Commission de la CEMAC, Antoine Ntsimi à Bangui. C’est que tout compte fait, les deux pays frères, qui partagent une frontière terrestre ont privilégié de sauvegarder les intérêts communs et les liens qui unissent les deux pays. Cependant, ce n’est pas sans difficultés qu’on aura atteint ce résultat.

 


© Integration
Le numéro en kiosque
Aussitôt après l’incident de l’aéroport de Bangui Mpoko, le 21 mars, au cours duquel le Président de la Commission de la CEMAC a été violenté sur le tarmac de l’aéroport, alors qu’il débarquait d’un avion d’Ethiopians Airlines, pour rejoindre son poste à Bangui, la tension était à son comble entre Yaoundé et Bangui. Reçu avec tous les honneurs dus à son rang à l’aéroport d’Addis Abeba, par l’ambassadeur du Cameroun dans ce pays, Antoine Ntsimi a regagné Yaoundé, précédé d’une note de Bangui le déclarant persona non grata en RCA. Aussitôt, le gouvernement camerounais rendait public, via le ministre des Relations Extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo, un communiqué se bornant à rappeler l’incident de l’aéroport de Bangui. Telle était la position officielle du Cameroun qui jouait l’apaisement, exaspérant même son opinion, mais en sourdine la fermeté du Cameroun ne laissait pratiquement aucune marge de manœuvre à Bangui. Voulant parer au plus pressé en tentant de résoudre la crise sur le terrain bilatéral, Bangui a essuyé le refus catégorique du Cameroun, porté d’emblée à privilégier une approche communautaire dans la résolution de cette affaire. C’est ainsi que la proposition du Président Bozizé d’envoyer illico presto un émissaire a d’abord essuyé un refus catégorique de Yaoundé, qui a dit ne pas vouloir en entendre parler.

 


© antoinentsimi.com
Dans les coulisses du retour programmé de Antoine Ntsimi à Bangui
C’est alors que l’émissaire congolais, Pierre Moussa, débarque à Yaoundé et est reçu par Paul Biya, qu’il tente de faire revenir sur un certain nombre d’exigences qu’il a posées au Président en exercice de la CEMAC, Denis Sassou Nguesso, avec lequel il a eu un entretien téléphonique quelques jours auparavant. Ces exigences concernent notamment la pertinence du maintien du siège de la CEMAC à Bangui, au vu des réelles inquiétudes que posent la question de la sécurité dans la capitale voire dans tout ce pays. Pour Yaoundé, l’hypothèse d’une délocalisation n’est pas à exclure, un avis auquel ne s’opposent ni Libreville ni Ndjamena ni Brazzaville, pressenti pour accueillir le siège, ni Malabo, briefés sur la question par Yaoundé.

L’envoyé spécial congolais use de ses talents pour éteindre l’incendie qui couve et se charge d’aller à Bangui non seulement signifier le courroux du Président camerounais à son homologue centrafricain, mais l’exhorter à respecter la vie communautaire que la CEMAC travaille à asseoir dans la sous région. Bozizé consent alors à faire amende honorable en revenant sur sa décision déclarant Antoine Ntsimi persona non grata en RCA. Ce n’est qu’une fois ces préalables remplis que le feu vert est donné à Bangui pour l’envoi d’un émissaire à Yaoundé. Lequel émissaire est reçu par Paul Biya à qui il présente les excuses du gouvernement centrafricain pour l’incident de l’aéroport de Bangui. Il confirme en outre que toutes les dispositions seront prises par son pays pour un retour d’Antoine Ntsimi à Bangui, dans la sérénité et donne la garantie que sa sécurité sera assurée. Nous y sommes aujourd’hui, avec le retour programmé d’Antoine Ntsimi à Bangui. Sa principale mission: préparer la conférence des chefs d’Etat, programmé le mois de mai à Brazzaville.
 
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