ECONOMIE ET BUSINESS  |    

La Centrafrique veut attirer les entreprises françaises sur son marché

Par Marie-Christine Corbier/Les Echos - 28/10/2010

En visite à Paris avec le président François Bozizé, les entrepreneurs centrafricains se félicitent de la promesse d'Areva

 

L’entreprise française souhaite se lancer dans l'exploitation d'uranium en Centrafrique d'ici à la fin de l'année. Accompagnant leur président, les représentants du patronat centrafricain ont quitté Paris plein d'espoir. Ils se sont réjouis de l'annonce d'Areva faite à cette occasion. Présent dans l'exploration de l'uranium du pays depuis 2007 grâce au rachat du canadien UraMin, le groupe nucléaire a promis qu'il lancerait la première phase d'exploitation d'ici à la fin de l'année. «Les choses évoluent dans le sens de ce que nous souhaitons», dira au Medef François Bozizé. De quoi faire taire les rumeurs qui différaient à 2013 le lancement des opérations minières. «Le projet a vocation à être exploité pendant une vingtaine d'années et pourrait représenter à terme un investissement de l'ordre de 500 millions de dollars», précise le directeur des activités minières du groupe, Sébastien de Montessus. A l'heure où Areva rencontre des difficultés au Niger, «il paraît logique que le groupe diversifie ainsi ses risques, une diversification qui prend aujourd'hui une urgence particulière», commente un expert.

 


© Ide/Fmi


Relancer les activités
Cette exploitation de l'uranium sera, avec la production aurifère à échelle industrielle, «l'un des deux axes de développement du pays», commente Eric Kamot, le représentant du syndicat patronal UNPC. «Ces activités généreront des recettes qui permettront à l'Etat de faire face à ses dépenses régaliennes et de réhabiliter le réseau routier», poursuit-il. L'exploitation d'uranium «va générer 1.000 emplois, des recettes fiscales supplémentaires et attirer d'autres investisseurs», abonde le patron du Gica, l'entité qui regroupe toutes les filiales de multinationales présentes en République Centrafricaine, Patrick Dejean. Il espère aussi avoir convaincu les entreprises déjà présentes dans le pays - Total, Orange ou Castel -d'y relancer leurs activités. Dans ce pays où les investisseurs ne se bousculent pas, la France affichait en 2009 un faible stock d'investissements de 19 millions d'euros. Ce pays enclavé de 4 millions d'habitants, réputé fragile et compliqué, vante ses 1.000 kilomètres de frontières avec la République démocratique du Congo (RDC). «Cette zone de la RDC étant très éloignée des grandes agglomérations congolaises, c'est en réalité un marché de 20 millions d'habitants qui s'offre aux investisseurs qui s'implantent en RCA», plaide Patrick Dejean.

A condition que la stabilité juridique soit au rendez-vous et que les infrastructures routières permettent d'accéder à ce marché. Sur ce dernier créneau, les entrepreneurs centrafricains attendent l'Union européenne. A quelques semaines du sommet Europe-Afrique de Syrte (Libye), plusieurs d'entre eux se disent prêts à lâcher du lest sur les accords de partenariat économique (APE) si les Européens mettent la main à la poche sur le développement des infrastructures pour faciliter l'exportation des produits du pays vers les marchés européens.

 

 
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