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Centrafrique: Faire face à la menace LRA

Par Idriss Linge - 16/04/2012

Les populations ont exprimé le souhait que l’ONU et l’Union Africaine les aident à vaincre la peur et la famine

 

Des population de la localité d’Obo, dans le Sud-est de la République Centrafricaine (RCA), à environ 1300 kilomètres de Bangui, la capitale, ont exprimé le vœux que l’Organisation des nations Unies (ONU) et l’Union Africaine (UA) leur viennent en aide pour faire face au risque de famine existant, en raison de la présence des forces de l’armée de résistance du seigneur (LRA) qui les empêchent de se rendre dans leur champs. Ceci par peur de subir leurs exactions. Le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), M. Abou Moussa, et l’Envoyé spécial de l’Union africaine (UA) pour la question de l’Armée LRA, M. Francisco Madeira, ont dit avoir pris bonne note de ces attentes lors de leur visite de travail à Obo samedi 14 avril. Ils se sont dits aussi très touchés par la dégradation de la situation humanitaire et sécuritaire des réfugiés congolais installés à Obo depuis 2009. Malgré les efforts de certaines ONG et des organisations comme le HCR qui fournissent un toit aux quelques 870 personnes concernées, celles-ci vivent dans la précarité et la promiscuité avec des enfants dont l’éducation est sérieusement compromise. L’eau potable fait partie des «denrées» rares. Si rien n’est fait, cela risque de devenir une crise grave, prévient M. Abou Moussa. Il leur a dit que les Nations unies sont engagées aux côtés de l’UA pour transformer ce rêve en réalité.

 


© journaldebangui.com
L’envoyé spécial de l'Ua pour la Lra et le représentant spécial du Sg de l'Onu et chef de l'Unoca ont apporté un brin de sourire et d'espoir aux refugiés congolais installés à Obo
Le Bureau intégré des Nations unies en Centrafrique (BINUCA) ouvrira bientôt une unité de liaison à Obo pour contribuer à la réalisation de cet objectif et mieux développer, entre autres, ses programmes visant à encourager les défections parmi les combattants de la LRA. M. Francisco Madeira a insisté sur le lancement, le 24 mars à Juba (Soudan du Sud), de la Force régionale d’intervention (FRI) autorisée par l’UA pour lutter contre la LRA. Il a invité les populations et les autorités locales à coopérer avec le Colonel Dick Prit Olum, commandant de ladite Force, en précisant que ce dernier reviendra à Obo pour une séance de travail plus approfondie avec les forces centrafricaines, américaines et ougandaises présentes sur le terrain. Une session d’information avec ces trois forces a permis d’avoir une photographie des défis à relever pour accélérer le processus de lancement des opérations anti-LRA initiées par l’Union africaine.

Côté centrafricain on s’est dit satisfait de cette visite. Le Premier ministre Faustin-Archange Touadera, qui a reçu les délégations de l’ONU et de l’UA dimanche 15 avril à Bangui, a renouvelé la détermination du gouvernement à accompagner toutes les initiatives ayant pour but de mettre fin aux atrocités de la LRA. Même si les attaques de ce groupe armé ont baissé avec la présence des forces ougandaises et depuis l’arrivée des militaires américains fin 2011, la LRA reste une menace dans cette région enclavée du pays. Il y a un léger changement. Mais les gens ont toujours peur, confie M. Lessene Serge-Yvon, sous-préfet d’Obo (entre 16 000 habitants). Ils ont surtout peur d’aller au champ. Il y a ainsi une absence d’activité agricole qui occasionne l’insuffisance des denrées alimentaires et accentue la famine, précise-t-il, confirmant le témoignage de M. Marc Pearson, Conseiller culturel aux forces armées américaines et Consul honoraire de la Grande Bretagne en RCA, qui a travaillé à Obo entre 1978 et 1986 comme missionnaire laïque volontaire. Il faut aussi noter que, pour des raisons de sécurité, il est interdit aux populations d’aller au-delà de 25 kilomètres pour cultiver la terre. Nous allons continuer à sensibiliser les populations afin qu’elles respectent cette consigne, ajoute M. Lessene Serge-Yvon. Il explique que trois personnes ont été tuées dans une attaque fin mars, près de la frontière avec le Soudan du Sud, au-delà de 120 kilomètres. Nous apprécions ce que les Nations unies et l’Union africaine sont en train de faire pour que la paix revienne. Il faut arrêter Kony et ses hommes, a indiqué le sous-préfet, lançant un appel afin que les deux institutions aident les populations à vaincre leurs souffrances. Les autorités centrafricaines reconnaissent que les éléments de la LRA profitent de la faible capacité d’intervention pour «opérer en toute impunité». Elles ont exprimé le souhait que la communauté internationale se mobilise davantage pour soutenir la RCA dans cette dure épreuve.

 

 
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