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Mali: Dioncounda Traoré investi Président par intérim

Par Mame Diarra Diop - 13/04/2012

Devant la Cour Suprême et le peuple Malien, il a été investi Président du Mali par intérim, le jeudi 12 avril 2012 au centre international de conférence de Bamako

 

Avec une forte présence de militaires représentant le CNRDRE, dans la grande salle Jelly Baba Sissoko du Centre International de conférence de Bamako, Dioncounda Traoré a été officiellement investi Président de la République du Mali par intérim, devant les neux membres de la Cour suprême ce jeudi 12 avril, ce qui ouvre la période de transition de 40 jours, selon les dispositions de l’article 36 de la Constitution du 25 février 1992. Difficile de se frayer un chemin, entre les officiels, politiques et militaires armés qui se mêlaient à la foule. A l’entrée de Dioncounda dans la salle, des applaudissements vifs, des acclamations plein d’espoir pour celui devra conduire une transition de quarante jours. Au premier rang, une forte délégation de membres de la junte, parmi lesquels le lieutenant Amadou Konaré, le président du CNRDRE, le capitaine Amadou Haya Sanogo et des politiques d’envergure. Ibrahim Boubacar Keita du RPM, à ses côtés Modibo Sidibé, Soumaila Cissé ou encore Iba Ndiaye, premier vice président de l’ADEMA… Après énumération des dispositions de la Constitution et après constatation de la vacance du pouvoir, Dioncounda Traoré a levé la main droite et prêté serment: Je jure devant Dieu et le peuple malien de préserver le régime républicain, de respecter et faire respecter la Constitution et l'intégrité du territoire du Mali.

 


© therepublic.com
Dioncounda Traoré prête serment
Un discours-programme
Dans son discours d’investiture, Dioncounda Traoré a sans ambages mis le nord en exergue en citant les villes occupées par la rébellion, Tessalit, Kidal, Gao et Tombouctou: «J'ai conscience d'être président d'un pays en guerre,» a ajouté Dioncounda Traoré appelant les groupes armés du Nord à revenir dans les rangs, à arrêter les exactions, les pillages, les viols, à quitter les cités qu'ils ont occupées. Face à la partition du pays, le Président du Mali par intérim a brandi des menaces à tous ceux qui ont fait du nord une zone de non droit: S'ils refusent, nous n'hésiterons pas à mener une guerre totale et implacable et à bouter Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), les trafiquants de drogue et les preneurs d'otages hors de nos frontières, a-t-il averti. Nous préférons la paix, mais si la guerre est la seule issue nous la ferons avec notre armée. Nous serons tous derrière elle. Sans oublier de remercier la médiation de la CEDEAO qui a conclu à l’Accord Cadre de sortie de crise, qui prévoit d’accompagner le processus de retour à l’ordre constitutionnel, Dioncounda Traoré a aussi fait mention du processus démocratique à reconstruire. Une tâche qu’il faudra poursuivre avec toutes les composantes de la société malienne, y compris les membres de la junte. Moment d’émotion lorsque le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de la junte, salue le nouveau président intérim sur scène. Dioncounda et la junte, c’est du deux poids, deux mesures, commente un officiel dans la salle.

 


© lesechos.ml
Dioncounda Traoré, président par interim
La classe politique soutient Dioncounda
La classe politique malienne dans son ensemble, s’est réjouie de cette investiture qui marque le retour à l’ordre constitutionnel en redonnant de l’espoir au peuple malien: Cette investiture est une bonne chose, ce pays avait besoin d’une capacité de décision pour faire face à l’agression que nous subissons au nord. Le retour à l’ordre constitutionnel est maintenant établi. Il nous faut maintenant tous nous donner la main pour redonner au Mali, la place qu’elle a perdu…, a déclaré Ibrahim Boubacar Keita du RPM. C’est un grand jour, puisque la constitution issue de la révolution démocratique de Mars 1991 est rétablie, commente Tiébilen Dramé du PARENA. Pour d’autres, comme Mme Fatoumata Siré Diakité, ex ambassadrice et présidente de l'APDF, ce putsch était un coup de force inutile qui a fait reculer la démocratie malienne et mis le Mali en retard. Iba Ndiaye, premier vice-président de l’Adema s’est dit satisfait du fait que le Mali va enfin pouvoir s’attaquer aux vrais défis. Mais la vigilance reste de mise quant aux instruments démocratiques. Cette nouvelle période est l’occasion de questionner et de parfaire la démocratie malienne aujourd’hui mise à mal. Après cette investiture, la nomination du Premier Ministre de transition est la prochaine étape.
 
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