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Affaire Ntsimi: Un malentendu?

Par Idriss Linge - 30/03/2012

C’est l’explication qui a été donnée par un émissaire de Denis Sassou Nguesso, président du Congo et en exercice de la CEMAC reçu à Yaoundé

 

L’affaire Antoine Ntsimi n’était qu’un «malentendu». C’est ce qu’a fait savoir un émissaire du président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo et président en exercice de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), à la sortie d’une audience avec le président Paul Biya, le 29 mars 2012 à Yaoundé la capitale du Cameroun. Il s’agit là d’un malentendu regrettable. Le président Antoine Ntsimi regagnera bientôt son poste au niveau du siège de la Cemac à Bangui, sans problème, où il sera chargé de préparer la Conférence annoncée des Chefs d’Etat, a fait savoir Pierre Moussa, le ministre d’Etat congolais de l’Economie, du Plan, de l’Aménagement du Territoire et de l’Intégration. Le responsable congolais a annoncé au passage, l’examen de la question lors du probable sommet des chefs d’Etat de la sous-région, prévu au mois de mai 2012 prochain à Brazzaville au Congo. Après que Monsieur Antoine Ntsimi se soit vu refuser d’entrer à Bangui la capitale centrafricaine et siège de la Cemac, le Gouvernement camerounais avait annoncé, à travers un communiqué signé de son ministre des Relations Extérieures, avoir saisi le Président Denis Sassou Nguesso, aux fins de règlement de la situation ainsi créée, dans le souci de préserver la dynamique de l’intégration régionale chère à nos pays et à nos peuples.

 


© prc-cm
M. Pierre Mousa l'emissaire de Denis sassou Nguesso
Selon des sources médiatiques centrafricaines, le président Bozizé aurait appelé son homologue camerounais Paul Biya, pour lui faire part des raisons qui l’ont emmené à agir de la sorte. Aucune version officielle ne confirme cette information. Mais dans une interview accordée à la chaine de télévision Vox Africa il y a quelques semaines, le chef d’Etat centrafricain avait fait entendre son point de vue sur la gestion du président de la commission de la Cemac. Nous accusons le président de la Commission (Ntsimi) de ne pas respecter les textes, de faire traîner les choses. Il faut qu’un sommet des chefs d’État ait lieu pour prendre enfin de grandes décisions. La Cemac doit fonctionner comme les autres institutions sous régionales d’Afrique. On tourne en rond. Je dois le dénoncer, avait-il déclaré. Il faut dire que depuis 2010, les chefs d’Etat de la sous-région ne se sont plus retrouvés. Le sommet de Brazzaville semble ainsi avoir trouvé son véritable enjeu. Dans les coulisses, on apprend que la République centrafricaine veut désormais prendre le poste à la tête de la Cemac. Selon un article qui était paru sur le sujet dans le magazine panafricain Jeune Afrique, deux noms circulent déjà. D'abord celui de l'ancien Premier ministre de François Bozizé, Elie Doté. Et ensuite Enoch Dérant-Lekoué, l'ex-directeur national pour la Centrafrique de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (Beac).

 


Il est en campagne pour garder son poste
Un haut fonctionnaire de ce pays sous le couvert de l’anonymat, fait pourtant savoir que la préoccupation de la Centrafrique sur le sujet n’est pas le poste de la présidence de la Commission de la Cemac, mais que le principe de rotation qui est celui de la désignation des dirigeants des institutions en Afrique centrale, puisse aussi s’appliquer à la commission de la Cemac. Une position qui visiblement va dans le sens contraire des objectifs de M. Ntsimi. Sur le site internet de l’institution (www.cemac.int), on peut remarquer une page spéciale, au relent de campagne politique. On y décrit le responsable de cette institution comme étant un technocrate exemplaire à de grandes ambitions pour l’économie africaine et l’émergence de l’Afrique centrale. Derrière le «regrettable malentendu», se cache donc un gros combat politique, avec à la clé, l’avenir de la conduite des affaires d’intégration dans la sous-région Afrique centrale. Pour l’heure, l’institution a atteint peu d’objectifs sur l’ensemble qu’on attend d’elle, déchirée qu’elle est par les différents conflits de positionnement qui opposent ses principaux acteurs.
 
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