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Centrafrique: Quid des 5 verbes du MESAN?

Par Fleury Koursany - 30/03/2012

29 mars 1959 – 29 mars 2012, voilà 53 ans déjà qu’a «disparu» du moins, le Président fondateur de la République Centrafricaine, Barthelemy Boganda

 

53 ans après, quel bilan faire des 5 verbes du MESAN (Mouvement pour l’Evolution Sociale en Afrique Noire) que sont Nourrir, Vêtir, Soigner, Loger et Instruire, à nous légués par le père fondateur de la République Centrafricaine? Au regard de l’actualité nationale, la question mérite d’être posée étant entendu qu’aucun centrafricain – du moins le centrafricain lambda ne peut aujourd’hui soutenir que les 5 verbes du MESAN ont été réellement mis en œuvre par les différents régimes qui se sont succédés depuis la disparition combien tragique du Président Boganda.

Nourrir, le verbe sonne assez fort pour la plupart des filles et fils du Centrafrique. Se nourrir dans ce pays, c’est encore un véritable casse-tête chinois. Faire vivre au moyen d’aliments comme cela peut se définir apparaît très compliqué pour les Centrafricains qui n’arrivent pas à aligner trois repas par jour. Tant cela se sait que certaines familles centrafricaines ne peuvent s’offrir le luxe d’un seul repas par jour. Et même si elles y arrivent, l’autre question qu’il faut se poser, c’est celle de la qualité de ce qui se consomme par les ménages. A ce niveau, on ne peut parler de la qualité mais de la quantité pour prétendre survivre. Et cela, dans un pays qui jouit d’un sol et d’un sous-sol immensément riche en produits divers. L’agriculture centrafricaine ne peut nullement souffrir des conditions climatiques d’autant plus que tout pousse facilement dans ce pays.

 


© perspective.usherbrooke.ca
Barthélémy Boganda, décédé avant la proclamation des indépendances
A côté du verbe nourrir, parlons du verbe soigner. Il est connu de notoriété publique que les Centrafricains meurent comme des «mouches» faute de soin. La médecine est payante et la pauvreté caractérisée qui caractérise les ménages centrafricains ne leur permet pas de se soigner au sens propre du terme. La cherté des produits de santé pousse les centrafricains à se tourner vers les médicaments génériques, censés être moins couteux. Là encore, se pose un autre problème, celui du conditionnement desdits produits. Avec le phénomène des médicaments dits de la rue qui tuent sans conteste, la question de la santé est encore plus délicate nonobstant les efforts qui sont faits pour assurer le bien-être des populations centrafricaines. La corruption, les détournements des produits pharmaceutiques destinés aux patients et la tendance à l’enrichissement rapide et illicite qui caractérisent les professionnels de la santé en Centrafrique, complètent le lot des difficultés qu’éprouvent les centrafricains pour s’offrir des soins de qualité. Même si compétence il ya, les structures sanitaires font aussi cruellement défaut. Avec comme conséquences, des départs à l’extérieur de bon nombre de personnalités politiques centrafricaines qui ont les moyens pour des soins de qualité. Ce qui atteste sans conteste que le pays a encore du chemin à faire pour assurer le bien-être de sa population.

Si se nourrir tout comme se soigner demeure une véritable équation à multiples inconnues, se vêtir, c’est aussi une autre équation qu’il faut tenter de résoudre. Le Centrafricain, me diriez-vous s’habille. Ce qui est évident dans une certaine mesure mais, cette réalité n’est visible que pour les grandes villes centrafricaines. Le Centrafrique profond, méconnaît quoiqu’en dise cette notion de se vêtir. Dans les zones sous contrôle rebelle ou trouver à manger et se soigner restent des préoccupations quotidiennes, om trouvera-t-on les possibilités pour se vêtir comme le voudrait le Père fondateur? Aucune unité de production de textile à l’exemple de la défunte UCATEX qui produisait du textile à moindre coût aux Centrafricains. Conséquence, tout s’importe avec comme corollaire, des prix élevé à cause justement de l’état défectueux des routes qui mènent à la Capitale centrafricaine.

 


Les armoiries de la RCA
Pas la peine de parler du logement. En un mot, le centrafricain est très mal logé. Même les haut d’en haut de la République le savent. Que des taudis qui inondent cette Capitale qui n’a aucune politique de promotion ou d’accompagnement des logements sociaux comme cela se fait à l’extérieur. Ici en Centrafrique, on n’y pense même pas puisque cela ne figure même pas au rang des priorités de la République. Hélas!

Pour ce qui est de l’Education, 5ème verbe du MESAN ayant trait à l’instruction, c’est encore le comble. Un petit tour à l’Université de Bangui et autres établissements scolaires, permet sans doute de comprendre que l’école centrafricaine n’existe que de nom. On pourra même dire que l’école centrafricaine n’est plus que son propre ombre. Sous prétexte de former des cadres, une politique de favoritisme a été instaurée par les régimes qui se succèdent à la Magistrature suprême de l’Etat. Cela est d’autant plus perceptible lors des concours ou autres examens qu’organisent les Ministères en charge de l'enseignement primaire, secondaire et que savions-nous encore. Souvent et ce n’est un secret de polichinelle, à l’approche des examens comme le Baccalauréat par exemple, des listes d’élèves appartenant dit-on à la jeunesse du parti sont envoyées à la Direction des Examens et Concours pour nécessité de service. Venant des hauts d’en haut de la République, la suite ne peut qu’être favorable. Et la conséquence immédiate, c’est qu’on remplit l’Université de Bangui de soi-disant étudiants ou étudiantes qui ne savent même pas s’exprimer ou quine peuvent prendre part à des discussions de haut niveau. Et le comble, c’est cette génération des jeunes du parti qui bénéficient des bourses d’études locales ou internationales dans le cadre de la Coopération. Des pratiques qui n’honorent pas la République qui a intérêt à rompre avec ces vieilles méthodes qui ne contribuent qu’à rabaisser le niveau de nos élèves et étudiants, considérés comme l’avenir du pays.

Bref et même si la République ne se rend pas encore compte de ce que cela représente, il est peut-être temps que l’on prenne conscience du fait que tous les signaux sont au rouge et que l’héritage à nous laissé par le Père fondateur n’a nullement été bien entretenu. Histoire de réinventer une nouvelle nation qui aura pour mission principale, la création des conditions nécessaires pour l’épanouissement de tous.
 
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