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Cemac: Des politiciens camerounais réagissent à «l’Affaire Ntsimi»

Par Serge-Lionel Nnanga, lanouvelleexpression.info - 29/03/2012

C’est l’une des dernières évolutions de ce dossier qui alimente la presse depuis plusieurs semaines

 

Le président de la république centrafricaine, François Bozizé, a déclaré le fonctionnaire international «persona non grata», au mépris même du passeport Cemac, que possède Antoine Ntsimi, et qui lui permet de circuler librement dans tout l’espace sous-régional. Si la presse a préféré s’attarder sur l’opposition de personnes entre François Bozizé et Antoine Ntsimi d’une part; et entre le président centrafricain et son homologue camerounais – dont est issu le personnage contesté - d’autre part, cette quasi-expulsion de celui qui est chargé d’incarner l’image même de la sous-région vient révéler de nombreuses tares dont la moindre conséquence n’est pas le fonctionnement au ralenti de cette structure. Paralysie du processus d’intégration, fonctionnement embryonnaire des structures existantes ou manœuvre électoralistes visant à consolider le pouvoir que le Chef de l’Etat centrafricain briguera à nouveau lors des prochaines échéances présidentielles locales? La Nouvelle Expression a choisi de faire réagir certains hommes politiques camerounais, sur leur perception et leur analyse de cet incident qui s’il n’illustre pas la marche au ralenti du processus d’intégration dans la sous-région, vient à nouveau poser la question du rapport entre le Cameroun et ses voisins.

 


© lanouvelleexpression.info
Hubert Kamgang, président de l’Union des populations africaines (Upa)
«Je suis partisan que le Cameroun sorte de la Cemac»: Hubert Kamgang, président de l’Union des populations africaines (Upa)
Je crois que M. Ntsimi paye le prix de ses relations tendue avec les autorités centrafricaines car comme son mandat est à terme, je crois que les centrafricains veulent exercer des pressions sur lui. Mais je ne crois pas que ce qui lui arrive est lié à l’éthique de l’intégration car les problèmes de l’intégration ne viennent pas de là. Je sais par ailleurs qu’à la faveur d’un récent sommet de la Cemac, les chefs d’Etats ont décidé que les postes seraient rotatifs. Si l’ordre alphabétique est maintenu, après le Cameroun, c’est la Rca et je crois que les centrafricains sont impatients d’occuper le poste. Mais s’agissant de l’intégration, je pense que la Cemac n’est pas un organisme dédié à cela. C’est une survivance de l’Afrique équatoriale française. Le principe même de la Cemac est opposé à la mise en œuvre du panafricanisme. Si le Cameroun prend des mesures fortes, ce ne sera pas nécessairement dans le cadre de l’intégration car même si la Cemac venait à disparaitre, je ne vois pas vraiment ce qui serait pire que ce qui se passe actuellement. Je suis partisan de ce que le Cameroun sorte de la Cemac et s’implique dans la formation des Etats-Unis d’Afrique.

 


© lanouvelleexpression.info
Joseph Désiré Som I, Secrétaire général du Cameroon People’s Party (Cpp)
«On ressent là la vacuité de notre diplomatie»: Joseph Désiré Som I, Secrétaire général du Cameroon People’s Party (Cpp)
Le traitement qui a été celui de M. Antoine Ntsimi, représentant du Cameroun, est scandaleux et mérite réparation. Je pense aussi que cet acte, au delà de l'expression de l'humeur du chef de l'Etat centrafricain, est une opportunité de s’interroger profondément sur le fonctionnement des institutions sous régionales et plus largement sur la situation de l'intégration régionale en Afrique Centrale. En vérité, le processus d'intégration sous régionale est en panne. Les grands chantiers communs (Air Cemac, passeport biométrique,...) sont au point mort. L'absence de plateforme économique commune, la fragilité des situations intérieures, la carence de leadership sont autant d'éléments qui font que le bilan de la Cemac en ce qui concerne la dernière mandature de M. Ntsimi est quasi nul. Il est à noter que le président gabonais Ali Bongo s'est exprimé sur des termes similaires à ceux de M. Bozizé concernant notre compatriote. A travers cet épisode, on en ressent que plus la vacuité de notre diplomatie que certains ont tôt fait de confondre avec l'approche de diplomatie discrète. Un président de la commission de la Cemac tant honni des chefs d'Etat de la Cemac ne peut avoir la compétence de diriger une pareille institution fondée sur la confiance et le consensus. Au delà de ses épanchements personnels, le président Biya aurait dû tirer les conséquences d'un tel état de fait pour les intérêts et la grandeur du Cameroun dès les premiers signaux et empêcher cette humiliation somme toute prévisible lorsqu'on sait que le président Bozizé avait au préalable déclaré M. Ntsimi "persona non grata" en Centrafrique. Quand on gère son propre pays comme son patrimoine si longtemps, l'on finit par faire des confusions de genre. La Cemac n'est pas le Cameroun.
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