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Sénégal: Après la fête, les défis de Macky Sall

Par Idriss Linge - 27/03/2012

Wade est vaincu et la démocratie sénégalaise félicitée, mais le pays et ses nouveaux dirigeants doivent se reprendre et faire face à des défis complexes

 

Après la victoire de l’opposition incarnée par Macky Sall, c’est presque toute la communauté internationale qui félicite aujourd’hui le Sénégal, qui en 60 années d’indépendance vit une troisième transition politique démocratique. Une exception en Afrique francophone, où les coups de force et les fraudes sont légions. Parmi ces félicitations, celles du président des États-Unis. Je félicite Macky Sall pour sa victoire dans l'élection présidentielle au Sénégal, cette élection a été menée de manière transparente, libre, et reflète la volonté de la population sénégalaise, a déclaré lundi 26 mars 2012 Barack Obama, dans un communiqué de la Maison Blanche. Les États-Unis se réjouissent d'avance de maintenir leur fort partenariat et leur engagement proche avec la population et le gouvernement du Sénégal, pour continuer de renforcer la démocratie, la paix et la prospérité dans la région, a ajouté le communiqué attribué à Monsieur Obama. Félicitations aussi de l’Union africaine. Le président de sa Commission, Jean Ping, a félicité le peuple et les dirigeants politiques sénégalais pour le déroulement réussi du deuxième tour de l’élection présidentielle, du 25 mars 2012. Le choix de l’alternance qui a été fait et la reconnaissance par le Président sortant de la victoire de son adversaire sont le témoignage éloquent de la vitalité de la démocratie sénégalaise et de la maturité de sa classe politique, qui font ainsi honneur non seulement au Sénégal, mais aussi au continent tout entier. Le bon déroulement du scrutin présidentiel est la preuve que l’Afrique, malgré les difficultés, continue à enregistrer des progrès significatifs sur la voie de la démocratisation et de la transparence électorale, indique un communiqué de l’organisation africaine. Dans de nombreuses villes sénégalaises, les populations ont continué de célébrer la victoire de Macky Sall. Les réjouissances étant passées, il va falloir se mettre au travail. On a choisi Macky (Le président élu), parce qu’on se dit que lui est jeune et qu’il pourra apporter la dynamique dont le Sénégal a besoin pour sortir de ses difficultés, maintenant on attend de voir de quoi il est capable, indique une manifestante interviewée par la chaine France 24.

 


© figaro.fr
Macky Sall, héros d'un peuple pour combien de temps encore?
Faire face à de nombreuses sollicitations
Depuis plusieurs mois au Sénégal, les revendications pour une plus grande démocratie et une justice sociale ont été portées dans la rue par le collectif «Y’en a marre», un regroupement de rappeurs et de journalistes qui a organisé des manifestations de grande ampleur en juin 2011. Les partis politiques se sont joints à ces revendications parties de la rue et ont créé le mouvement du 23 juin. Le M-23, comme il sera appelé, a regroupé l’opposition à Abdoulaye Wade durant le scrutin présidentiel et soutenu Macky Sall au second tour. Pourtant les problèmes sont plus complexes. Les coûts de la vie restent élevés pour une grande partie de la population. Le président aujourd’hui élu s’est engagé sur la cherté de la vie et l’accès aux services sociaux de base. Il a promis pour y faire face, de diminuer le train de vie de l’Etat. Un choix qu’il ambitionne de rendre effectif en abaissant la pression fiscale sur les biens de première nécessité, avec comme conséquence espérée la baisse de leurs prix. [i Aujourd’hui, le pouvoir en place, c’est un pouvoir qui fait beaucoup de gaspillages, beaucoup d’investissements qui n’ont aucune emprise avec la réalité. Je suis pour une gouvernance plutôt sobre et efficace qui impacte le développement économique de notre pays […] On va réduire la voilure mais en renforçant l’efficacité et l’efficience. Donc tout sera fait sur la base de l’optimisation. Pour qu’avec peu de moyens on puisse faire beaucoup plus de choses] déclarait l’actuel président Sénégalais sur les ondes de RFI (radio France internationale), lors de la campagne. Pour les observateurs cela reste pour lui une promesse difficile à tenir. Il a bénéficié de trop d’alliances pour passer au second tour. Composer un gouvernement réduit avec tous ses alliés risque d’être un peu plus délicat. D’un autre côté, il sera difficile pour la nouvelle équipe dirigeante au Sénégal, d’abandonner les chantiers débutés par Wade. Pour beaucoup d’entre eux ils ont déjà suffisamment coûté cher pour être abandonnés. Enfin réduire sensiblement les coûts des biens que le Sénégal ne produit pas risque de s’avérer compliqué, même pour des experts en économie.

 

 
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