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Mme Sylvie Panika: «Le combat est de soutenir la jeune fille à l’école»

Par Fleury Koursany - 08/03/2012

Elle est la Directrice générale de la Radio Ndeke Luka de la Fondation Hirondelle basée à Bangui

 

Depuis le 01er Janvier 2012, comment aviez-vous apprécié votre nomination à ce poste?
Ma nomination est une suite logique de mon ascension au sein de cette structure. C’est une fierté pour moi ainsi que pour toutes les femmes centrafricaines, car depuis l’existence de RNL en Mars 2000, elle a été toujours dirigée par des expatriés. La radio a changé de statut depuis 2008; l’honneur m’a été fait en tant que 1ère femme centrafricaine d’accéder à ce poste. J’ai ce sentiment que c’est un jugement sévère qui m’attend. Les erreurs ne seront pas permises.

On imagine que c’est un long cheminement, quel a été votre parcours jusqu’à la direction de Radio Ndeke Luka?
Je totalise aujourd’hui 22 ans d’expériences dans la communication. Avant de venir à RNL, j’ai fait 10 ans à Radio Centrafrique comme animatrice, journaliste présentatrice et reporter. J’ai commencé à RNL le 1er Juin 2000, comme journaliste, reporter et animatrice. En 2008, la Direction en chef de la rédaction de RNL m’a été confiée et trois ans après la direction de la radio. Pour y accéder, j’ai fait l’objet d’un coaching de plus de 4 ans de la part de la Fondation Hirondelle basée à Lausanne en Suisse; la Fondation mère de la Fondation Ndeke Luka.

 


© journaldebangui.com
Mme Panika, la DG de RNL à Bangui
Votre station est appréciée par des centrafricains, quels sont les principes clés qui gouvernent les actions de RNL?
Radio Ndeke Luka comme toute radio digne de ce nom dispose d’une charte qui régit son fonctionnement. RNL exige d’elle-même, en premier lieu, le professionnalisme et l’excellence dans son domaine d’activité. La rigueur et le pragmatisme sont indispensables. Je vous rappelle nos quelques valeurs: L’indépendance à l’égard des pouvoirs politiques et économiques est pour nous cardinale. Cette indépendance seule peut garantir l’impartialité de notre activité journalistique, et assurer la crédibilité auprès des populations bénéficiaires; L’honnêteté nous paraît essentielle. Honnêteté journalistique, bien sûr, qui nous conduira, en tant que journalistes, à serrer les faits au plus près, à faire le mieux possible la part de nos subjectivités, de nos partis pris, de nos expériences de vie et de nos points de vue personnels. La rédaction de RNL au sein de laquelle cohabite des journalistes provenant de différents groupes ethnique ou religieux en sont un exemple. Mais honnêteté aussi comme attitude générale, dans nos rapports avec les tiers. Dans nos relations et engagements, nous préférerons la franchise à l’habileté.

Le 08 mars, la RCA célèbrera à l’instar d’autres pays de la planète, le Journée Internationale de la Journée, quelle est votre appréciation de cette journée?
Je suis ravie de constater que petit à petit, les nuages se dissipent dans l’esprit de la femme centrafricaine qui confondait 08 Mars à la fête des mères. C’est une journée qui concerne toutes les femmes divers horizons; même si d’autres ont tendance à la caporaliser au détriment de leurs pairs. Il revient maintenant aux structures chargées de défendre les causes de la femme de graver les idéaux du 08 Mars dans l’esprit de tous. Que nous n’attendions pas le mois de Mars pour faire passer les revendications féminines. Le combat doit être perpétuel.

Bien au-delà du folklore, quelle action spécifique sera entreprise par votre radio en cette journée du 08 Mars 2012?
RNL n’attend pas 08 Mars pour promouvoir la femme. La problématique femme est intégrée dans le quotidien de la radio. Dans la grille des programmes de RNL, la femme occupe une place de choix. En plus des activités ponctuelles prévues à l’occasion et qui seront couvertes par RNL; les tranches d’émissions notamment «les matins de Ndeke Luka»; «Mossékattutide» traitent des questions femme. Une occasion pour RNL, d’offrir des opportunités à la femme et à ses défenseurs de débattre; de réfléchir et de partager des expériences.

En tant que membre de l’Association des femmes professionnelles de la communication de Centrafrique, quelles sont les actions qui seront entreprises en sein de votre association pour inciter les jeunes filles à s’intéresser au journalisme ou à la communication?
En 2008 dès la création de l’Association, les femmes professionnelles de la communication, après un constat amer dû au nombre insignifiant des femmes dans les métiers de communication, ont organisé une campagne de sensibilisation dans différents établissements scolaires féminins. La campagne consistait à présenter le visage d’abord de la profession et son importance dans une société. Ainsi, je profite encore de cette journée du 08 Mars, pour exhorter les jeunes filles à se manifester davantage pour intégrer le département de la communication à l’Université de Bangui afin d’augmenter l’effectif des femmes dans le secteur des médias.

 


© journaldebangui.com
La directrice devant le portail de la Radio
Est-ce qu’il y a des dispositions particulières pour la gente féminine au sein de votre structure?
RNL est dotée d’un code en genre. Il porte une attention particulière, dans son fonctionnement, sur la parité entre les hommes et les femmes. Malheureusement, j’ai déploré l’effectif des femmes dans le secteur des médias. Je vous informe de quelques principes que RNL a mis en place pour la femme. Ces principes passent par une représentation élargie des femmes au sein des différents services de Radio Ndeke Luka, y compris dans les services techniques; au niveau de l’encadrement (postes de responsabilité et de décision); faire en sorte que les femmes soient plus présentes dans les instances qui dirigent Radio Ndeke Luka et guident le choix des programmes.

Une sorte de parité Homme/Femme en somme?
En effet, un meilleur équilibre hommes/femmes notamment parmi les journalistes permet à Radio Ndeke Luka d’avoir des approches et des regards différents et complémentaires sur l’ensemble de l’information à traiter (actualité et autres sujets). Toutefois, Radio Ndeke Luka n’établira pas de quotas et le principe de la compétence doit toujours prévaloir dans le recrutement et la promotion. Pourquoi valoriser l’approche genre à Radio Ndeke Luka? Parce que les collaborateurs, homme et femme, sont producteurs d’informations; parce que les medias sont des canaux de diffusion de l’information, c’est-à-dire des relais sociaux qui exercent une influence sur les rapports entre les hommes et les femmes dans les sphères privées et publiques et dans les domaines de la vie économique, politique et socioculturelle. De ce fait, il faut éviter que la radio ne se fasse la caisse de résonance des stéréotypes sociaux et des discriminations hommes/femmes

Quels sont vos combats de femmes à ce poste et dans la société en général?
Je travaille pour une structure qui a des valeurs et principes à défendre et à promouvoir. RNL s’est faite une place de choix aujourd’hui dans le paysage médiatique centrafricain. Mais, elle a encore des défis à relever. Aujourd’hui, mon combat pour la radio; c’est davantage de crédibilité; de neutralité; d’honnêteté: d’équilibre; d’équité; d’exactitude; d’indépendance; de multiplication des sources et de respect des auditeurs. J’insiste sur l’indépendance rédactionnelle qui doit se comprendre non seulement comme la capacité à résister aux pressions institutionnelles ou ponctuelles sur les contenus rédactionnels ou les orientations éditoriales, mais également comme un positionnement systématiquement extérieur aux acteurs politiques, économiques, sociaux et religieux. L’auditeur ne doit jamais être mis en situation de confondre le discours d’un acteur social, quel qu’il soit, avec celui de la radio. La radio propose toujours un regard sur les acteurs sociaux, et pas le regard des acteurs sociaux.

Votre point de vue sur la place qu’occupe la femme centrafricaine dans notre société?
Jusqu’à présent, la femme centrafricaine ne dispose que d’un tiers de la parité homme/femme réclamée depuis la nuit des temps. Je constate peu à peu une légère affirmation de la femme sur la scène publique dans plusieurs domaines. Des voix s’élèvent pour exhorter la femme à une participation citoyenne et responsable à la vie politique du pays. Ce combat doit être celui de tous. Car, sans la contribution efficace et sincère de l’homme et de toute la communauté, ce ne serait que vain mot. Le combat est aussi et surtout de soutenir la jeune fille à l’école ; la motiver dans ses études.

Un mot pour la jeune femme centrafricaine?
D’ici peu, nous assisterons à une guerre de compétence et de capacité intellectuelle. Progressivement, les vauriens n’auront pas droit d’être cités. Le train, c’est maintenant ou jamais.
 
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