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Le procès du DP du journal «Le Démocrate» commenté par les Centrafricains

Par Fleury Koursany - 26/01/2012

Alors que le délibéré du TGI de Bangui envoie le DP F. Samba en prison, voici quelques avis recueillis dans les rues de Bangui

 

Arrêté le 16 janvier 2011 pour diffamation, injures publiques et incitation à la haine à l’encontre du ministre d’Etat aux Finances et au Budget, Sylvain Ndoutingaï, le Directeur de Publication du journal «Le Démocrate», Ferdinand Samba a comparu devant la justice centrafricaine le 19 janvier 2012. Réquisition du Procureur de la République: 1 millions FCFA d’amende, 1 an d’emprisonnement ferme et suppression du journal «Le Démocrate». Pour la partie civile, elle requiert 50 millions FCFA. Cette nouvelle saga de la presse centrafricaine avec une autorité de la place intéresse les filles et fils du Centrafrique qui ont bien voulu y donner leurs points de vue sous couvert de l’anonymat.

Gérard, 34 ans travaille dans le privé et déclare que C’en est une de plus. Pas plus tard que l’année dernière, deux (2) Directeurs de publication ont été arrêtés pour avoir dit-on mis en cause dans leurs publications, le fils de son père pour détournements de fonds destinés au paiement des retraités. Aujourd’hui, le Directeur de publication du journal «Le Démocrate» est en prison pour avoir diffamé dit-on encore le neveu du président de la République. Demain, ce sera certainement le tour d’un autre Directeur de Publication ou d’un journaliste d’aller en prison pour une autre diffamation. Mais franchement, si on devait faire arrêter tous les DP, à quoi cela sert de claironner que la RCA est un pays respectueux de la liberté de la presse?

 


© journaldebangui.com
Le DP Ferdinand Samba «Le Démocrate» restera en prison pour dix mois
Hervé, étudiant en droit et militant du KNK comme il se présente affirme que Il faut au moins reconnaître que les écrits du journal «Le Démocrate» contre le ministre des finances ces derniers temps sont très durs pour ne pas dire très tendancieux. C’est même devenu une affaire d’homme à homme si je peux raisonner ainsi. Est-ce des écrits journalistiques respectueux de la déontologie professionnelle ou bien des pamphlets journalistiques au goût amer pour la crédibilité de l’information portée au public. Il faut donc une bonne dose de remise en cause de ce qui se fait au niveau de ce journal. L’information, pour être crédible ne doit pas être emprunte de subjectivité.

Pascale est étudiante à l’Université de Bangui et s’interroge Dans quel pays sommes-nous? On prétend dépénaliser les délits de presse mais on poursuit les journalistes sur la base du code pénal. Il faut au moins être sérieux avec soi-même. Soit on tente ainsi de les museler en les jetant en prison tout en s’appuyant sur les dispositions du code pénal soit, on arrête le cirque de cette soi-disant dépénalisation des délits de presse.

Gilbert, gendarme retraité pense pour sa part que avec ce rythme, on risque de n’avoir que des informations tronquées dans les journaux, ce qui est un crime pour la liberté de la presse. De deux choses, l’une. Soit on est un pays de démocratie respectueux des principes démocratiques parmi lesquels la liberté de la presse; soit on est dans une autre forme de dictature qui ne dit pas son nom mais qui prend quand même la forme de la démocratie pour saper la conscience de la communauté internationale avec des lois comme celles portant dépénalisation des délits de presse.

 


© journaldebangui.com
La presse centrafricaine saisi-t-elle le message?
Ben comme il se fait appelé habite Lakounga et affirme que dans une certaine mesure, le journal «Le Démocrate» mérite ce traitement. Suis désolé pour son Directeur de publication mais il doit nécessairement mettre de l’ordre dans son journal pour éviter des débordements du genre. Les journalistes doivent aussi apprendre à respecter les autorités du pays car la sensation dont ils font montre dans leurs écrits les conduit toujours en prison surtout dans un pays comme le nôtre où la démocratie n’est que de façade.

Aimé est bijoutier et lecteur assidu des journaux centrafricains. Il déclare que même si je peux admettre que certains écrits de ce journal frisent la diffamation, c’est quelle façon de faire que de vouloir à tout prix jeter les journalistes en prison. Parce qu’on est tel ou tel, il faut les écraser parce qu’ils touchent à nos intérêts. Non, c’est à mon avis un abus de pouvoir. Et des magistrats corrompus jusqu’aux os qui travestissent le droit pour rendre service aux soi-disant hommes forts de la République. C’est quel pays comme ça. Je crois pour ma part que c’est ici et maintenant que qu’il faut reposer sur la place publique, la délicate question de la protection des journalistes. Trop c’est trop quand même.

No comments! Comme cela pourrait se dire mais libre à tout un chacun d’apprécier avec sérénité la substance des déclarations faites par des compatriotes sur cette affaire Ferdinand Samba, du nom du Directeur de Publication du Journal «Le Démocrate». Notons toutefois qu’à la suite du dibéré rendu public ce jour, M. Ferdinand Samba écope de 10 mois d'emprisonnement ferme et le paiement d'une amende de 1.000.000 F CFA de dommages et intérêts à verser à la partie civile ainsi que la fermeture immédiate du journal "Le Démocrate" pour la durée d'une année. Il devra par ailleurs publier la décision du tribunal dans le journal "Le Citoyen" pendant dix jours à ses propres frais.
 
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