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18 janvier 2012: De la journée des Martyrs à la semaine nationale de la jeunesse

Par Fleury Koursany - 18/01/2012

L’histoire est reconnaissante du courage historique des filles et fils du Centrafrique

 

«Aux Martyrs Immortels, La Patrie Reconnaissante», l’inscription ci-dessus est écrite en lettre d’or au fronton du monument des Martyrs situé à l’intersection des Avenues des Martyrs et de France. C’est donc en reconnaissance de leur sacrifice suprême que le président d’alors, feu Ange Félix Patassé, Premier ministre de l’Empereur Bokassa à l’époque des faits, avait fait ériger ce monument pour honorer la mémoire immortelle des filles et fils du Centrafrique, morts dans les conditions que l’on sait pour une noble cause. A cause de ce sacrifice historique, le changement voulu à l’époque a été réalisé une année après le massacre. Il a fallu l’ultime courage de cette jeunesse centrafricaine pour que sonne le glas du régime Bokassa, donnant ainsi la possibilité à la France de justifier l’opération Barracuda qui allait mettre fin le 20 septembre 1979 au régime de l’Empereur Jean Bedel Bokasa.

 


© radiondekeluka
Les élèves invités de la journée des martyr 2012
Ce mardi, 18 janvier 2012, la République Centrafricaine a célébré la journée des martyrs. Une journée en mémoire des filles et fils du Centrafrique, tombés sous les balles des militaires de l’Empire. Mais seulement, pour cette année 2012, la célébration de la journée des Martyrs revêt une importance toute particulière. Au lieu de la journée des Martyrs, le Centrafricain a eu droit à une semaine nationale de la jeunesse organisée par des leaders jeunes qui s’autoproclament de la société civile, et donc non inféodée au pouvoir. Mais, hasard de calendrier, peut-on naturellement se demander, le clou de cette semaine nationale de jeunesse aura lieu sur la Place des Martyrs, devant le monument dédié. L’autre particularité de cette cérémonie du 18 janvier, c’est qu’elle intervient dans un contexte assez particulier avec la réhabilitation dans tous ses droits de l’Empereur Jean Bedel Bokassa. D’un côté, il ya la semaine nationale de la jeunesse qui coïncide avec la journée des martyrs et la réhabilitation de l’ami Empereur.

A cet effet, les avis sont partagés. Une polémique naissante oppose d’une part les Centrafricains qui sont contre la refondation de la journée des martyrs en semaine nationale de la jeunesse et ceux qui pensent que la réhabilitation de Jean Bedel Bokassa devrait ipso facto mettre fin à la célébration de la journée des martyrs. Les martyrs sont immortels et on ne peut en aucun cas oublier cette journée parce que Jean Bedel Bokassa avait sacrifié cette jeunesse pour la défense de son propre pouvoir et donc son intérêt égoïste. Qu’est-ce que cela veut dire? Cela veut dire que la mémoire de Jean Bedel Bokassa est plus honorée que celle des jeunes centrafricains qui se sont sacrifiés sous les balles de ses sbires. Même si les parents ont pardonné à Bokassa qui a été réhabilité par le Président actuel, ce qui est une mesure politicienne, ils n’oublient cependant pas les morts d’enfants orchestrés par l’Empereur. Et donc pour ce compatriote, la République devrait continuer d’honorer la mémoire de ses filles et fils morts sous les balles des militaires de l’Empire.

 


© lisezmoi.blogspace.fr
Le monument des martyrs à Bangui
Un autre compatriote, qui affirme avoir eu 5 ans au moment des faits, mentionne clairement pour sa part qu’en principe, la célébration de cette journée devrait donner l’opportunité aux jeunes centrafricains de l’actuelle génération de rappeler aux autorités centrafricaines qu’ils sont toujours à l’avant-garde des luttes ayant contribué au changement dans ce pays mais qu’ils ont toujours été remerciés en monnaie de singe une fois que les intérêts égoïstes de ces hommes politiques sont atteints. Mais au lieu de cela, rajoute notre compatriote, les jeunes centrafricains d’aujourd’hui utilisent la célébration de cette journée comme un fonds de commerce pour racketter les hommes politiques, les organisations internationales accréditées en Centrafrique, ce qui est bien regrettable.

De l’autre côté, que des questionnements. A quoi cela sert de continuer à célébrer cette journée du 18 janvier si le principal accusé qui se trouve être Jean Bedel Bokassa a été réhabilité dans tous ses droits? Pourquoi continuer de salir la mémoire de ses filles et fils du Centrafrique qui se reposent en paix? Il faut donc que l’on mette fin à cette célébration, ce qui sous-tend qu’aussi bien le Lycée que l’Avenue des Martyrs doivent désormais portés le nom de l’Empereur Jean Bedel Bokassa puisque c’est cela en fin de compte.Bien plus que cela, le débat reste ouvert sur la question de la refondation tacite de la journée des martyrs en semaine nationale de la jeunesse. Doit-on carrément oublier la mémoire de nos Martyrs et célébrer avec faste, la réhabilitation de l’Empereur Jean Bedel Bokassa? Question pertinente s’il en est que l’Empereur a beaucoup fait pour son pays, mais il a aussi fait tuer beaucoup de Centrafricains qui auraient pu prendre la relève dans ce pays qui court à sa propre perte.
 
MOTS CLES :  Célébration   Bangui   Janvier 1979   Journée   Martyrs 

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