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Les ambitions des refugiés centrafricains en 2012

Par Didier Ndengue - 13/01/2012

Changer premièrement leur mode vie, réorganiser le Collectif des refugiés centrafricains de Douala et rentrer au pays avec le consentement du gouvernement de Bangui

 

Plusieurs de mes compatriotes viennent vers moi pour me dire qu’ils veulent rentrer au pays, même si le gouvernement de chez nous n’a pas les moyens de nous faire rentrer, nous souhaitons qu’il fasse une demande de rapatriement volontaire de ses réfugiés en terre camerounaise. Nous pouvons rentrer par nos propres moyens si la sécurité y est; car nous n’attentons que ça. Les propos sont d’Innocent Yapende, le secrétaire général du Collectif des réfugiés centrafricains de Douala. Dans les services de l’antenne Douala du Haut commissariat de Nations unies pour les Réfugiés(HCR), un refugié centrafricain ne passe pas sans attirer l’attention. Dans la majorité des cas, quand un réfugié centrafricain se rapproche de quelqu’un, c’est pour demander de l’aide. Il est difficile de voir un refugié ressortissant de la RCA bien portant a constaté un habitant de la ville de Douala. Les refugiés centrafricains sont toujours soucieux, pensifs et maladifs. Certains finissent par succomber de suite de malnutrition. Le cas d’Alain Claude Bwemba, le défunt président du collectif des refugiés centrafricains de Douala.La malnutrition des uns et des autres se laisse ressentir sur la photo du profil de la carte de réfugié délivrée par le Hcr. De fait, plusieurs d’entre eux ne travaillent pas et se sentent obliger de mendier au quotidien pour survivre.

 


© Integration
La Une du journal de janvier 2012
Parmi les nombreux demandeurs d’asile de la capitale économique camerounaise, les centrafricains sont les plus nombreux. Nombre d’entre - eux ne perdent pas espoir de revoir un jour leur pays d’origine, la Centrafrique. L’avenir des refugiés du pays de François Bozizé en terre camerounaise ne promet rien. Je me sentirai mieux dans mon pays, même si je ne mange pas lance Innocent Yapende, en exil au Cameroun depuis 10 ans. Comme dans un film d’horreur, certaines familles refugiées- en manque d’argent pour s’offrir un appartement dans des quartiers résidentiels- habitent les zones retirées du quartier New Bell où moustiques et insalubrité ont tissé leur toile. L’environnement de ce quartier est pollué par des eaux des fosses et les mauvaises odeurs que dégagent les déchets ménagers jetés dans des drains de proximité. Les gens qui habitent dans cette maison luttent avec les moustiques chaque soir appuie Yaya M, habitant du coin. À un jet de pierre de la résidence des centrafricains qui souhaitent des meilleures conditions de vie, s’ouvre un vaste marché de cercueils réservés aux morts de l’hôpital de district de New Bell. Le taux de violence chez les refugiés centrafricains de Douala est en baisse. Contrairement à l’année 2010 où 32 refugiés centrafricains se retrouvaient en infraction judiciaire, seuls deux cas graves auront été condamnés en 2011. Ils sont seulement deux cette année qui séjournent à la prison centrale de New Bell, conclut Innocent Yapende.

 


© voyage.portail.free.fr
Des refugiés en réunion
De faux refugiés infiltrent la communauté centrafricaine
Ils se font passer pour des refugiés centrafricains et bénéficient des mêmes droits auprès du Hcr. Les tchadiens à la frontière Centrafrique - Tchad quittent leur pays pour venir s’exiler au Cameroun et pourtant il n’ya aucun mouvement à Ndjamena et quand on les prend en flagrant délit en terre camerounaise, on dit que ce sont des réfugiés centrafricains, car ils ont des papiers qui le prouvent et ça salit notre nom explique un réfugié centrafricain à Douala. Plusieurs parmi ces imposteurs ont occupé, successivement pendant des années, les postes les plus nobles de la communauté des refugiés centrafricains. La dernière réunion tenue par les refugiés centrafricains de Douala en décembre 2011 a dénoncé ce phénomène. D’après une source fiable, les tchadiens convertis sont les plus favorisés au niveau des services du Hcr. Notre source ajoute : « c’est au Hcr qu’ils reçoivent les papiers de réfugiés centrafricains et pourtant ils sont tchadiens ». Et de poursuivre: Plusieurs tchadiens sont réinstallés dans des pays où des conditions de vie sont meilleures….comme Anna qui doit aller en Suède, elle sait bien qu’elle n’est pas centrafricaine. Ils sont nombreux à être réinstallés en Europe sans vraiment être centrafricains. De ce fait, plusieurs refugiés centrafricains rencontrés dans la capitale économique camerounaise accusent les services du Hcr qui favorisent le déplacement illégal de ces familles. La réinstallation des refugiés urbains est devenue une vraie mafia, conclut un membre du bureau du Collectif des réfugiés centrafricains.
 
MOTS CLES :  Intégration   Refugié   Tchad   Camaroun   Douala 

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