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Côte d’Ivoire: Le transfert de Gbagbo à La Haye suscite des réactions divergentes

Par Gertrude Mezatio - 01/12/2011

Des voix ivoiriennes et internationales se font entendre depuis le transfert de l’ex-président Laurent Gbagbo hier mercredi 30 novembre

 

Le pouvoir ivoirien affiche sa satisfaction. Selon les déclarations du porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, le transfert de l’ex-président Laurent Gbagbo à la Cour Pénale Internationale (CPI) est salutaire pour le pays et il ajoute que c’est l’un des éléments clés pour tourner une page triste de l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le porte-parole du gouvernement ivoirien a également assuré que si la CPI estime que des personnes proches du président Alassane Ouattara sont passibles de poursuites pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, elle pourra mettre en marche une procédure pour les juger. Affoussy Bamba, cadre de la branche politique des Forces Nouvelles, assure que son mouvement n’a pas peur d’éventuelles enquêtes. Quant à la CPI, elle est formelle lorsque son procureur déclare que l’arrestation de Laurent Gbagbo est le premier dossier en Côte d’Ivoire. Ce ne sera pas le dernier, ce n’est qu’un début. Il précise également que l’enquête suit son cours et que la CPI se saisira d’autres affaires car, ajoute le procureur, il apparait que des crimes ont été commis dans les deux camps.

 


© Reuters/Str Old
L'ex-président ivoirien côtoie d'autres détenus célèbres à la Haye: Charles Taylor, Jean-Pierre Bemba
La Cour pénale internationale a conduit sa propre enquête en Côte d’Ivoire sur des crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis à la suite du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d'Alassane Ouattara à la présidentielle du 28 novembre 2010. Les forces pro-Gbagbo ainsi que les ex-rebelles pro-Ouattara et leurs alliés sont pointés du doigt. Pour l’instant, aucun membre des forces de l’actuel président Alassane Ouattara n’a été inculpé de crimes postélectoraux, ce qui fait dire à Human Rights Watch que cela fait naître le sentiment que la justice rendue est celle du vainqueur, ce qui risque d’alimenter davantage les tensions entre communautés. L’organisation a néanmoins souligné que le transfert de Gbagbo vers la CPI est un pas important pour la justice. Le transfert de Laurent Gbagbo vers la CPI est vivement critiqué par ses proches et ses partisans. Son porte-parole évoque un acte grave que les Ivoiriens n'accepteront pas, à une semaine des élections législatives. Cela risque d'attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien de l'ex-président, déplore Lucie Bourthoumieux, avocate de l'ancien chef de l'Etat. Accusé d’être à l’origine de la crise post-électorale, quatre chefs d'inculpation pèsent contre Laurent Gbagbo: meurtres, viols et autres violences sexuelles, actes de persécution et autres actes inhumains. La CPI peut prononcer des peines d'emprisonnement allant jusqu'à la perpétuité pour les crimes particulièrement graves. Le Statut de Rome, qui régit l'action de la cour, prévoit que les peines soient exécutées dans l'un des Etats parties signataires du traité, ou, à défaut, aux Pays-Bas, pays hôte.

 

 
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