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Vianey Koyabe: Canaliser l’argent de la diaspora pour une bonne utilisation

Par Luidor NONO - 15/11/2011

L’entrepreneur centrafricain monte des petits projets en direction de ses compatriotes d’ici et de là bas!

 

Il serait intéressant de revenir sur votre parcours compte tenu du fait que vous avez deux activités que vous menez de front
En fait de formation, j’ai étudié le Management et la Gestion-Comptable. J’ai travaillé ici en France comme Contrôleur financier et de gestion. Mais avant de travailler ici, j’ai connu le monde du microcrédit, de la micro-finance. Cela m’a permis d’aller en stage au Bangladesh, à la Grammeen Bank chez le Pr. Muhamad Yunus le Nobel de la paix. Quand je suis rentré en France, cette expérience ne me servait à rien. A cet effet, J’avais créé une association au sein de laquelle avec un noyau de compatriotes, nous avons essayé de réunir tous les Centrafricains de la diaspora en leur disant voilà: « Je vous fais une démonstration. A partir de 1500 €, on peut aider 500 femmes dans l’année. Mais pour ça, on a besoin d’un minimum de contribution. 50 € par an et par personne». J’ai mis de l’argent dans le projet, deux ou trois personnes aussi y ont mis de l’argent, y compris mon propre beau-frère qui lui est un Français… et finalement les Centrafricains de la diaspora n’ont jamais contribué. Aujourd’hui, l’association est en «stand-by».

 


© journaldebangui.com
Vianey Koyabe, entrepreneur
Vous n’êtes pas restés les bras croisés?
Mais avant cette expérience, j’avais été approché par des investisseurs centrafricains qui m’ont dit, «Monsieur Koyabe laissez tomber, cette histoire-là ne va jamais marcher. Venez avec nous, nous allons faire du business». Moi j’ai dit non, je vais le faire avec mes compatriotes. C’est comme ça que j’ai travaillé sur le concept «Oubangui santé». Concernant ce concept, je suis en pourparlers avec des partenaires à Bangui. J’ai vu un cabinet de santé avec lequel j’ai déjà un contrat de partenariat. J’ai rencontré la direction de Sofia Crédit, ainsi qu’une pharmacienne. Il était question de permettre à la diaspora de financer les frais médicaux de leurs parents en Centrafrique. Parce que souvent quand on envoie de l’argent aux gens pour des soins, ils l’utilisent pour se nourrir. Quand vous envoyez de l’argent pour leur permettre de se nourrir, vous développez des réflexes d’attentisme et d’assistanat.

Ça marche aujourd’hui ou alors c’est toujours le projet, où est-ce qu’on en est?
Ça a commencé à marcher et je l’ai mis en suspend, le temps de mener des discussions parce que je suis en train de voir avec Sofia Crédit comment élargir notre champs d’action. Vous savez la protection sociale en République centrafricaine reste tout de même très préoccupante. Moi j’ai la technicité pour travailler de concert avec Sofia Crédit dans le cadre de la vulgarisation. De fil en aiguille, monter pour s’imposer en proposant ce produit au niveau des sociétés d’agence en Centrafrique.

 


© Centrafrique Expertise
M. Koyabe participait au Cabango Networking 2011 à Paris
Quel est le rôle des professionnels de la santé dans tout ça?
Les professionnels de la santé, je ne vous le cache pas, je ne connais pas bien le secteur mais, je préfère travailler avec des privés. C’est-à-dire ceux qui se mettent à leur compte parce que j’aurais une obligation de résultats. Je vais leur demander des résultats, je vais exiger une qualité de soins qui seront payés pour que les gens puissent se soigner convenablement. Au niveau de tout ce qui est public, je manque de maîtrise. Je suis surtout sur la défensive car travailler avec l’administration publique, c’est beaucoup plus … que simple!

Est-ce que vous avez eu à identifier ces prestataires privés?
Oui bien entendu!

Au-delà de votre propre expérience, vous avez l’impression que les parents là-bas adhèrent à cela?
Moi, ce ne sont pas les parents là-bas qui me préoccupent, à ce stade du projet. C’est d’abord la diaspora. L’expérience a prouvé que l’argent transféré par la diaspora dépasse de loin l’aide au développement. Sauf que c’est très mal canalisé et c’est pour cette raison, pour ce qui concerne la République Centrafricaine, que nous avons du mal à voir les retombées. L’exemple cité tout à l’heure c’est dans le cas où l’argent est envoyé pour des soins, les gens vont faire la fête, etc… Aujourd’hui, l’ambition que j’ai avec le groupe que je voudrais mettre en place c’est de canaliser cette masse financière pour une bonne utilisation.

Pourquoi avoir choisi la santé, vous aurez pu choisir l’agriculture, les mines etc.
En fait, on utilise à peu près 40% de nos revenus ici pour permettre aux gens de se soigner et de se nourrir. C’est pour cela que j’ai commencé par la santé. Ensuite, je m’investirai dans le domaine de l’alimentation. Ce sont les deux axes qui m’intéressent le plus.
 
MOTS CLES :  Oubangui   Vianey Koyabe   Diaspora   Santé   Financement 

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