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Rse: Pourquoi la mise en place coince encore en Afrique?

Par Hervé B. Endong - 15/11/2011

Une enquête menée par l’Institut RSE Afrique montre que sept obstacles majeurs sont à l’origine du blocage

 

Résultats de l’enquête
Les résultats de cette enquête ont été présentés à Douala, à l’ouverture des travaux de la première journée du forum international des pionniers de la responsabilité sociétale des entreprises (RRSE) en Afrique. C’est Thierry Téné, directeur d’A2d conseil et co-fondateur de l’institut Afrique RSE, organisateur dudit forum, qui s’est chargé de cet exercice qui a suivi directement la phase d’allocutions. D’après ce camerounais, ancien chroniqueur au journal Les Afriques, le premier obstacle est l’absence de politique publique incitatrice dans le domaine de la RSE. Pour lui, c’est l’un des éléments clés dans la mise en œuvre de la RSE en Afrique. Les politiques publiques jouent un rôle très important, reconnait Thierry Téné. Pour que la RSE se mette en place concrètement, il faut certes la volonté des entreprises, mais il faut aussi l’intervention des Etats à travers des politiques incitatives, complète Martine Jauroyon, directrice du développement durable et performance dans le groupe Egis, et l’une de la vingtaine d’intervenants mobilisés pour ce forum qui a débuté par une visite de travail à Limbé dans la région Sud-ouest du Cameroun. L’absence des ressources humaines est le second obstacle listé. Les cinq autres goulots d’étranglement identifiés sont le manque d’avantages compétitifs par rapport aux entreprises responsables, le coût élevé des projets, la complexité de la démarche, l’absence d’accord entre les parties prenantes et le manque de connaissance dans ce secteur encore nouveau pour bon nombre d’entreprises, nationales surtout, et d’Etats.

 


© Journalducameroun.com
Thierry Téné, directeur d’A2d conseil et co-fondateur de l’institut Afrique RSE
Confession
Concernant ce dernier point, le représentant du ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (MINEPAT) ne passe par quatre chemins pour avouer publiquement son ignorance en la matière. J’avoue c’est avec Thierry Téné que j’ai commencé à comprendre ce que la Rse peut être, confesse Engelbert Olomo, pourtant chef de la cellule politique économique au MINEPAT. Ces obstacles constituent l’un des problèmes soulevés par l’enquête sur la RSE en Afrique réalisée par l’institut RSE Afrique. Les résultats de cette enquête présentés par Thierry Téné permettent d’avoir une idée globale de la manière dont la RSE est perçue en Afrique, de sa mise en place dans les entreprises. On retient, entre autres, que 58% des entreprises qui appliquent la RSE ont été créées dans les années 2000 et que 55% d’entre elles appartiennent à un grand groupe. Comme pour dire qu’en Afrique, la RSE n’est pas encore une affaire des Pme. Le forum de Douala consiste justement à inverser la tendance, en plaidant en faveur d’une implication totale des toutes les entreprises, sans distinctions. C’est pourquoi les sujets justement qui coincent ont été retenus pour la plupart dans le lot des thèmes à débattre. Entre autres, Quelles politiques publiques pour impulser la RSE en Afrique?, Du global au local, comment implémenter la Rse dans les multinationales et Pme africaines?, Formation et renforcement des capacités dans le domaine de la RSE en Afrique, etc.

Participants
Plusieurs pays prennent part aux travaux de Douala qui sont aminés par des experts nationaux et étrangers. Le principal enjeu du forum de Douala est de réunir les pionniers de la RSE en Afrique, les décideurs politiques, les entreprises et les experts de haut niveau et les organismes de référence (GRI, Global Compact, Organisation Internationale du Travail, etc.) au niveau mondial pour initier une «RSE à l’africaine». Globalement, l’Afrique entend revisiter les paradigmes importés et imposés. Dans une économie mondialisée et très concurrentielle, la notion de responsabilité sociétale devient un outil de positionnement stratégique dans la conquête des parts de marché. En Afrique, les enjeux de développement sont encore plus importants car la demande sociale est très forte et le continent subit les conséquences du changement climatique. La RSE peut donc servir d’Adn pour l’économie responsable et le développement durable de l’Afrique. Notre ambition est que les pionniers de la responsabilité sociétale des entreprises co-construisent une RSE par l’Afrique et pour l’Afrique, défend Thiery Téné. Le forum de Douala va déboucher sur l’adoption du manifeste sur la RSE en Afrique. Pour lui, le défi pour les autorités africaines est la clarification et le respect du contexte législatif pour que la loi ne soit pas un frein à la réalisation des actions de RSE mais plutôt un catalyseur. Face au manque d’infrastructures, aux problèmes environnementaux, à la difficulté d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, face à la difficile insertion professionnelle des millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, la réussite d’une stratégie africaine de RSE n’est envisageable que dans le cadre d’un Partenariat Public Privé (PPP), conclut le co-organisateur du forum.

 

 
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