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Crise de la dette en Europe: L’Afrique centrale sereine, mais prudente

Par Idriss Linge - 31/10/2011

L’information a été donnée à l’occasion de la dernière réunion du comité de politique monétaire qui s’est tenue au siège de la banque centrale

 

Sérénité et prudence
Les dirigeants de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) dont le Tchad se sont dits sereins face à la crise de la dette que traversent le continent européen et les Etats-Unis d’Amérique, à l’issue de la traditionnelle réunion du Comité de Politique Monétaire (CPM) qui s’est tenue à son siège de Yaoundé, vendredi 28 octobre 2011. Sur le très court terme c'est-à-dire d’ici à la fin de l’année 2011, nous n’avons pas d’inquiétudes, mais nous restons très attentifs à l’évolution des choses. Si la sous région (Afrique Centrale) était même exposée, ce serait de manière très limitée, a déclaré notamment Lucas Abaga Nchama face à la presse. Le gouverneur de la BEAC a dit appuyer sa conviction sur la bonne tenue des exportations, principales sources de devises en Afrique centrale, en raison précisément de la résistance de la demande des pays émergeant en matières premières. La croissance qui est atone (faible) dans les pays avancés, demeure vigoureuse, bien qu’en léger ralentissement dans les économies émergentes et en Développement a-t-il indiqué. Comme indice pour soutenir cette position, le responsable de la BEAC a fait part de la consolidation des comptes publics, extérieurs et monétaires. Au-delà de l’assurance affichée, la banque centrale sous régionale se veut être «prudente». Elle a revu légèrement à la baisse les prévisions de croissance passant de 5% annoncé en juillet 2011, à 4,8%. Quant au taux d’inflation, il reste stable et conforme aux prévisions de début d’année.

 


© journaldebangui.com
Le siège de la banque à Yaoundé
Maintien des taux d’intervention
Partant de cette stabilité à cour terme, la BEAC a décidé de maintenir le taux d’intervention des banques à 4% ainsi que le coefficient et le taux de rémunération des réserves obligatoires qui correspondent à 50% des réserves globales de la sous régions [placées sur le compte des opérations du trésor français]. Sur les réserves de change [les 50% restant] le gouvernement de la BEAC assure avoir pris connaissance au cours de cette réunion, du rapport synthétique des instances [Salle des marchés] en charge de les rendre productifs. Il dit avoir approuvé la stratégie de gestion de ces réserves. Sur la base des avis émis par différentes expertises, la position de la BEAC sur le strict plan de la politique monétaire peut sembler cohérente. Les opérations d’importations qui sont considérables au regard de la croissance de la demande intérieure en grande partie tournée vers des biens venus d’ailleurs, n’ont pas subit une faiblesse de la couverture en devises étrangères nécessaires à leur réalisation. Mais il reste difficile de se prononcer complètement sur la question, en l’absence de certaines données. L’analyse de la conjoncture sur la base principale des avoirs extérieurs globaux de la BEAC cachent une distinction des situations dans chacun de ses Etats membres. Certains pays ont plus d’épargne liée au pétrole que d’autres. Dans la mesure où le problème est l’accès aux devises et non à des francs CFA, tous les pays vont se tourner vers le même fonds commun que sont les réserves de change de la banque centrale régionale (BEAC).

 


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Lucas Abaga Nchama , le gouverneur de la BEAC
Et la république centrafricaine
Il apparait essentiel selon certaines analyses d’experts, de coordonner la réponse régionale face à cette crise de la dette en Europe, en tenant compte et ce au delà de l’impact sur les réserves régionales (principal canal de transmission examiné par le CPM), de ce que les implications peuvent se faire ressentir plus rapidement et brutalement en fonction des contextes nationaux. La république centrafricaine devrait voir sa situation rester équilibrée, avec toutefois une tendance vers la négative, en raison d’une baisse de la demande de bois et des minerais. Pour l’instant les réserves extérieures restent importantes, mais personne ne peut prédire le temps qu’elle permettrait de tenir en cas d’une contagion de la crise. Malgré la sérénité affichée, Le gouverneur de la BEAC a eu du mal à cacher une petite inquiétude. Nous allons recruter des experts pour renforcer la gestion de notre salle de marché, a-t-il notamment annoncé, signe peut être que le niveau de rentabilité n’est pas pertinent au regard des attentes. D’autre part il a suggéré à l’attention des dirigeants des Etats de la sous-région un renforcement des objectifs d’intégration. Objectifs qui selon des experts, élargiraient le marché et partant les possibilités de croissance dans la zone économique, tout en diminuant la part de contrainte extérieure
 
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