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La presse centrafricaine est-elle dans la tourmente?

Par Fleury Koursany - 27/10/2011

Le Groupement des Editeurs de la Presse Privée Indépendante de Centrafrique (GEPPIC) vient de lancer la menace d’observer une journée sans journaux

 

A l’origine, deux correspondances émanant du Directeur de la fiscalité des petites entreprises et du gestionnaire des moyennes entreprises adressées aux Directeurs de publication des journaux en Centrafrique. Ils doivent selon le contenu de cette correspondance passer à la caisse pour payer leurs impôts relatifs à leurs activités d’éditeurs de journaux pour la période 2010-2011 et produire les relevés de rémunérations de leur personnel sous peine de taxation d’office prévue par les textes en vigueur. Cette correspondance a été au centre d’une réunion des Directeurs de publication, membres du GEPPIC. Au cours de ladite réunion, les Directeurs de publication ont unanimement condamné cette initiative qui, selon eux, vise à les fragiliser davantage car à ce stade, on ne peut parler d’entreprise de presse en Centrafrique. Les journaux centrafricains sont largement revenus sur cette affaire dans leurs parutions de cette semaine.


 


© journaldebangui.com
Une sélection des titres de la presse centrafricaine à Bangui
Pour le quotidien l’Hirondelle, par cette initiative de faire passer à la caisse les journaux centrafricains, le gouvernement entend museler davantage la presse centrafricaine qui visiblement dérange. A cet effet, l’Hirondelle soutient que le Chef de l’Etat, lors de la prestation de son serment s’était pourtant engagé à aider cette jeune presse qui se bat pour exister, d’informer et de dire avec courage ce qui ne va pas dans notre pays. Cette presse là, selon le président de la République, cite l’Hirondelle devra être aidée afin de favoriser le débat contradictoire tant un seul son de cloche est dommageable pour la démocratie. Pour Centrafrique Matin, [i l’initiative gouvernementale de faire passer à la caisse les journaux centrafricains n’est rien d’autre que la manifestation d’une action coercitive à l’encontre de certains journaux qu’on voudrait faire disparaître avec l’appui du Haut Conseil de la Communication qui connait bien la situation des journaux centrafricains qui tirent difficilement 100 à 500 journaux sans oublier les invendus vu l’étroitesse du circuit de commercialisation.

Le Bihebdomadaire Le Pays, raconte toujours sur le même sujet dans son éditorial du lundi, 24 Octobre 2011 que l’Etat centrafricain insolvable et affamé cherche l’argent partout. On peut y lire que les patrons des journaux centrafricains, privés de tout même de la subvention de l’Etat sont désormais les prochaines victimes identifiées du gouvernement centrafricain qui pense les faire passer à la caisse pour pouvoir obtenir des subsides afin de faire face à ses multiples obligations de souveraineté. Et pourtant, ajoute Le Pays, il y a des ministres connus qui ont volé autant de milliards de FCFA de l’Etat centrafricain et qui roulent dans leurs véhicules dans les rues de Bangui sans que cela ne gêne outre mesure. Comme soutenus par la quasi-totalité des journaux centrafricains, il risque fort bien d’avoir une journée sans journaux si les deux responsables qui ont envoyés cette correspondance polémique ne décident pas de revenir sur leur décision.

 

 
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