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«Conversations avec moi-même», le nouveau livre de Mandela

Par journaldebangui.com - 15/10/2010

Les Éditions de La Martinière ont publié ce jeudi 14 octobre un document exceptionnel, préfacé par Barack Obama…

 

Des lettres de prison et des notes inédites de Nelson Mandela, qui parle de lui-même, des siens, de ses combats, ses doutes, ses rêves... Un homme au cœur brisé qui sera resté fidèle à ses engagements. Après tout ce qui a été écrit sur lui depuis des décennies, on croyait tout savoir sur Nelson Rolihlahla Mandela, l’un des hommes les plus prestigieux de notre époque. En réalité, il ne s’agissait que de quelques pans de sa vie héroïque, révélés dans des biographies non autorisées, à l’exception d’une seule, des interviews, des discours… Il s’agissait surtout d’un Mandela vu de l’extérieur. Dans Conversations avec moi-même, livre dont la parution mondiale est prévue ce 14 octobre, le premier président noir de l’Afrique du Sud parle de lui-même, des siens, de ses combats, ses épreuves, ses doutes, ses angoisses, ses rêves… Projet du Centre pour la mémoire et le dialogue, qui fait partie de la Fondation Nelson Mandela, ce livre a une histoire. Elle remonte à 2004, année où Verne Harris, directeur du programme de mémoire au Centre Nelson Mandela, juge utile de réunir toutes les archives concernant Madiba. Ce dernier, de 2004 à 2009, donne l’essentiel de ses documents personnels. Dès 2005, des archivistes commencent un travail de tri. Au vu du matériau rassemblé, Harris décide d’en faire un livre. Une équipe chargée d’une première sélection d’extraits et de passages est constituée.


Conversations avec moi-même puise à quatre sources. En premier lieu, les lettres de prison recopiées dans deux cahiers d’exercices cartonnés et rédigées entre 1969 et 1971. Volés dans sa cellule du bagne de Robben Island en 1971, les deux cahiers lui furent restitués par un policier en… 2004 ! Ensuite, il y a des enregistrements d’entretiens entre Mandela et le journaliste américain Richard Stengel, à la base du livre Un long chemin vers la liberté, et avec le journaliste britannique Anthony Sampson, auteur de la biographie autorisée de Madiba. À quoi s’ajoutent des conversations entre Mandela et Ahmed Kathrada, camarade de lutte et d’infortune. Les carnets rédigés lors de sa clandestinité, en 1962, constituent la troisième source. Enfin, quatrième source, des extraits de son autobiographie, commencée en 1998 et qui, sans doute, ne sera jamais achevée. Dans ce livre, on retrouve un Mandela constant dans son refus de la domination blanche et préconisant une société non raciale, où seules les idées comptent.

 


© jeuneafrique.com
S’il est adepte de la non-violence, il se dit plus proche de Nehru que de… Gandhi ! Quand il évoque les autres, amis ou adversaires, il s’interdit toute inconvenance. On découvre un Mandela au cœur brisé, qui se demande, en prison, «si le combat qu’on mène pour les autres justifie qu’on néglige sa propre famille». Lui qui ne voit pas grandir ses enfants, qui perd un garçon de 24 ans et ne peut assister aux obsèques. Lui qui ne peut enterrer sa mère. Lui le mari dont la femme vit un véritable calvaire. L’autre Mandela est amateur de Shakespeare, de tragédies grecques, de littérature africaine, de Tolstoï… Il est sensible au point de culpabiliser d’avoir écrasé un serpent sous les roues de sa voiture. Au cours de sa tournée africaine de 1962, se trouvant en Égypte, où il visite les pyramides, Mandela a cette réflexion, qui rappelle celle de Cheikh Anta Diop: «Rassembler des preuves scientifiques afin de battre en brèche les propagandes des Blancs, eux qui prétendent que la civilisation est née en Europe et que les Africains n’ont pas une histoire riche et comparable à la leur.» Madiba révèle comment, après sa libération, ses amis de l’ANC l’ont poussé, contre sa volonté, à briguer la magistrature suprême. S’il finit par accepter, il jure qu’il ne briguera pas un second mandat.

Le livre est plein d’anecdotes sur sa période présidentielle : les rencontres avec François Mitterrand, Margaret Thatcher, Jean-Paul II, Bush père, Chissano, des Esquimaux au Canada, son premier passage à l’ONU… Et aussi sur son engagement personnel, en 2000, dans la résolution du conflit burundais qui le pousse à reprocher aux uns et aux autres leur incapacité à se mettre d’accord sur l’essentiel, les incessantes dissensions internes, le fait de donner l’impression que rien n’est important et l’ignorance de l’art du compromis. En refermant le livre, le lecteur ne saura rien sur les raisons du divorce avec Winnie. Mais il retiendra l’image d’un Mandela fidèle à ses racines et à ses engagements, ouvert sur le monde. Et qui dit : «L’un des problèmes qui m’inquiétait profondément en prison concernait la fausse image que j’avais sans le vouloir projetée dans le monde ; on me considérait comme un saint. Je ne l’ai jamais été, même si l’on se réfère à la définition terre à terre selon laquelle un saint est un pécheur qui essaie de s’améliorer.»

 

 
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