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Brazzaville: Rencontre africaine de diabétologie

Par Rachel Kesseng - 01/09/2011

La toute première rencontre francophone du genre aura lieu du 27 au 29 octobre prochain dans la capitale congolaise

 

«Diabète et précarité, enjeux et potentiel médical». C’est le thème de la toute première Rencontre Africaine Francophone de Diabétologie (RAFDIA), qui est prévue du 27 au 29 octobre 2011, dans la capitale politique du Congo. Brazzaville s'apprête ainsi à accueillir des intervenants et participants venus du monde entier. Pendant deux jours, des spécialistes des maladies métaboliques, des généralistes et des paramédicaux des pays d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs, vont s’entretenir sur diverses questions liées à cette maladie. Une rencontre dont la tenue s’avère très importante si l'on tient compte des conclusions inquiétantes des différents travaux menés sur l’avancée du diabète sur le continent noir. Selon la Fédération Internationale du Diabète (FID), une organisation basée à Bruxelles, en Belgique, le nombre de cas de diabète devrait être multiplié par deux en Afrique subsaharienne et atteindre 24 millions d’ici 2030 si aucun progrès majeur n’est réalisé dans le domaine de la prévention et du traitement. De même, une étude intitulée «Diabetes in Sub-Saharan Africa» (Le diabète en Afrique subsaharienne), récemment menée par l’Université de Yaoundé au Cameroun, et publiée dans le journal médical britannique «The Lancet», le manque d’attention des bailleurs de fonds et l’inadéquation des programmes nationaux de prévention sont en train de créer une «bombe à retardement dans le secteur de la santé publique et dans le domaine socio-économique» au niveau international. Plusieurs sous-thèmes liés aux réalités africaines ont donc été retenus pour l’occasion: «L’organisation des soins»; «Politique de prévention»; «Diabète de l’enfant»; «Diabète gestationnel»; «Diabète et complications»; «Diabète et VIH/Sida»; «Diabète et cancer» et «Diabète et NTIC» en sont quelques-uns.

 


© lacroisette.org
La première rencontre africaine francophone de diabétologie aura lieu du 27 au 29 octobre 2011 à Brazzaville
Le diabète: Un patrimoine génétique qui coûte cher...
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le diabète est une maladie qui résulte de facteurs génétiques héréditaires et de choix de mode de vie, et qui survient lorsque le corps ne produit pas suffisamment d’insuline ou n’absorbe plus le sucre dans le sang. En général, cette maladie nécessite un traitement de longue durée et peut avoir des complications graves pour la santé, comme un arrêt cardiaque, et s’avérer coûteuse. Dans les 34 pays africains les plus pauvres, les dépenses, par personne, liées au diabète sont deux fois supérieures au salaire moyen. Selon des estimations, six pour cent de la mortalité totale en Afrique subsaharienne sera probablement causée par le diabète en 2010, un pourcentage trois fois supérieur à celui de la décennie précédente, selon la FID. Pour le président de la FID, M. Jean Claude Mbanya, et principal chercheur de l’étude, le diabète avait, à tort, été considéré comme un problème de pays riches. Les données médicales compilées par la FID indiquent pourtant que 70 pour cent des cas surviennent dans des pays à revenus faible et intermédiaire. Certains considèrent toujours que lorsque le diabète touche les populations des pays à revenu faible, il ne frappe que l’élite riche. Ce n’est pas du tout le cas, le diabète fait des ravages chez les pauvres et affecte les soutiens de famille, a-t-il indiqué.

Peu de travaux sur la prévalence du diabète en Afrique
Les chercheurs ont reconnu qu’ils disposaient de peu de données sur la situation en Afrique et que les estimations se basaient sur un nombre limité d’études. Un nombre plus important d’études nous permettrait de faire davantage confiance aux chiffres, mais cela ne veut pas dire qu’ils sont erronés… En Afrique, la plupart des personnes diabétiques n’ont pas été diagnostiquées; ainsi, même lorsque les systèmes de santé fournissent des statistiques, celles-ci sous-estiment l’ampleur du problème. Les auteurs de l’étude demandent que les médicaments contre le diabète soient financés, tout comme le sont ceux pour le traitement du VIH/Sida, mais aussi qu’un soutien soit apporté dans les domaines des mécanismes d’approvisionnement, de l’éducation aux maladies chroniques et des modèles de soins.

 

 
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