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Centrafrique: Les Fauves et le drame des ¼ finales par N’Bony

Par N’Bony - 30/08/2011

«L’espoir né des préparatifs pouvait ou devait nous conduire au moins en ½ finale et ainsi espérer jouer la 3ème place»

 

La période de pré-compétition a été propice avec le stage fermé à Lille et les 3 victoires sur les 4 matches de préparation. Certaines équipes nationales, battues en préparatif comme la Cote d’Ivoire, ont pu passer le cap de ¼ finale pour tomber en ½ devant la Tunisie... Certes, Romain Sato était absent avec les raisons qu’il a soutenues (perspectives de son nouveau contrat avec son club grec le Panathinaikos d’Athènes). Mais l’espoir né des préparatifs pouvait ou devait nous conduire au moins en ½ finale et ainsi espérer jouer la 3e place dans l’optique of London 2012 (J.O). Hélas entre l’espoir et la réalité, l’écart est large et dans les compétitions de haut niveau, il n’y a pas de place aux états d’âme. L'élimination des fauves en 1/4 vs Nigéria pose 2 problèmes: (1) Soit, nous sommes définitivement un pays modeste, au même titre que les pays de série B: Tchad, Togo, Rwanda, Mozambique et autres. De ce point de vue, il faut qu'on arrête de se raconter des histoires debout avec le langage pompeux du style: "la RCA est un pays de basket..." (2) Soit, nous avons une génération de joueurs, qui ne peuvent pas porter un tournoi jusqu'au triomphe absolu; bien que ce jugement paraisse légèrement sévère, il n’y a rien de personnel dans mes lignes.

 


© journaldebangui.com
N’Bony
En tout état de cause, la responsabilité est collective (institutions, joueurs, encadrement...). Il faut néanmoins donner de la visibilité et de la lisibilité au sport roi en Centrafrique, en baptisant un vrai projet de reconstruction nationale et en prenant les mesures qui s’imposent (oublier l’afro basket sur 2 ou 3 éditions). Pour cela, nous devons faire appel à des vraies compétences, des personnes qualifiées (master ou licence en management ou en marketing de métiers du sport) pour siéger dans les instances nationales. Nous devons être sérieux à tous les niveaux dans nos entreprises si nous voulons obtenir des résultats probants ou satisfaisants. Il faut arrêter de bricoler… La campagne de Madagascar est un nouvel échec auquel les responsabilités doivent être assumées et qu’il convient de tirer les conclusions pour envisager une refonte de notre «soi-disant» sport national. Le monde de l’impunité doit disparaître sans ressentir cruellement une culpabilité. La lucidité doit toutefois éclairer nos pensées et nous amener à organiser, comme me suggérait un ami, «les états généraux» du basketball centrafricain afin de sortir de l’ornière.

Les solutions éphémères ne donnent que des résultats éphémères. La politique de la «naturalisation cadeau» (James May) reste expérimentale. Nous devons compter sur nos valeurs intrinsèques comme dans le passé; sinon il faut aller plus dans l’exploration de cette voie et naturaliser 12 Américains ou bien 12 Pau Gasol Sàez… Nous ne sommes pas obligés de copier/coller la méthode des autres. Car depuis plusieurs éditions de l'afro basket, le seuil de 1/4 est un réel obstacle. Comparativement en 1974 et en 1987, nous n'avions pratiquement pas de joueurs évoluant à l'étranger mais au bout du compte, nous avions les titres. Donc l'obstacle de 1/4 finale peut être analysé par la faiblesse du niveau de notre championnat national de basketball à Bangui. D’autre part, cet obstacle est le manque de vision stratégique dans la gestion d’un tournoi de cette envergure.

David Kalfa de RFI publie un article à l'issue des 1/8 finale je le cite: Le Nigeria aussi s’est baladé en huitième de finale et a battu le Tchad 84 à 46. Malgré une adresse défaillante à 3 points et aux lancers francs, les Nigérians ont fait plier les Tchadiens en étant impitoyables dans la zone (54 rebonds, 61% de réussite au tir intérieur). Si la République Centrafricaine veut éliminer ce Nigeria-là, les Fauves du Bas-Oubangui ne devront pas réitérer la même fin de match que contre l’Egypte. Les Centrafricains menaient de 9 points à 37 secondes de la sonnerie et ont multiplié les mauvais choix, offrant l’occasion aux Egyptiens de revenir à 66-71 avec, en sus, de nombreuses occasions manquées par les Pharaons. A noter la prestation défensive déterminante de Régis Koundjia qui a capté 17 rebonds. En résumé, si les Pharaons avaient concrétisé toutes leurs occasions, notre sort serait scellé depuis le seuil de 1/8 finale.

 


Le ¼ finale contre le Nigéria
Pour revenir à l’échec en ¼ finale, le Nigéria nous a simplement opposé un défi physique conséquent contre lequel, nous n'avons pas pu répondre puissamment. Le bel exploit en 1/8 finale face aux Egyptiens a donc laissé physiquement des traces. Les Nigérians ont beaucoup joué en zone et nous n’avons pas été capables d’aller chercher les tirs intérieurs salvateurs. A la fin du 1er quart-temps (Nigéria 28 - RCA 19), l'analyse de notre coach Espagnol est suffisamment révélatrice de cet état de faiblesse. Il commence en anglais son debriefing: «many people is… many people is… Nigeria running, Nigeria running, pas de rebonds offensifs, pas de replis défensifs…». Dès la reprise du 2e quart-temps, ce sont encore les Nigérians qui prennent un tir à 3 points pour porter le score à 31 – 19. Et tout au long du match, nous n’avons pas pu reprendre le dessus. En dehors de l’aspect purement sportif, c’est tout un système managérial qu’il faut repenser en coordination avec le 1er partenaire de la fédération, le gouvernement mais également nouer de nouveaux partenariats.

Il est aussi bon de rappeler que le gouvernement a budgétisé la participation de la république Centrafricaine à cette 26ème édition de l’afro basket masculin, à plus de 600.000€, soit plus 400.000 000 CFA, et ce, malgré les difficultés financières avérées. Seulement le peuple ou le contribuable centrafricain peut oublier le retour sur investissement, même à titre moral. Les fauves perdent le dernier match de classement contre le Sénégal et terminent 6e du tournoi. Pour rappel, les «bamaras» avaient déjà battu les Sénégalais en match de préparation. On comprend mieux la différence du mental d’une compétition et celui d’un match amical. Un classement qu’ils connaissent particulièrement bien, puisque depuis 5 éditions consécutives, ils finissent tantôt 6ème tantôt 7ème etc. La Tunisie en revanche, qui avait terminé 3ème lors du tournoi de Tripoli en 2009, gagne le titre cette année pour la 1ère fois de son histoire, bravo Cette victoire tunisienne symbolise une équipe en progression, tandis que les «bamaras» sont dans la stagnation totale et absolue. Quel drame!

Les fauves de Bas-Oubangui made in foot
Depuis automne 2010, la communauté nationale y compris la diaspora, vit au rythme de frémissement des fauves de Bas-Oubangui ti foot. En effet l’équipe nationale centrafricaine de football, cumule les bons résultats dans le cadre des matches de phase éliminatoire de la Coupe d’Afrique des Nations 2012. Bien entendu il faut retirer de cette liste de bons résultats, le faux-pas de Dar El Salam. A Bangui on peut imaginer naturellement que l’ambiance est à l’euphorie. Chaque Centrafricain se met à rêver. Les raisons de cette joie sont simples. Pour la première fois, la république Centrafricaine est en situation de se qualifier à une phase finale de l’évènement le plus important du continent africain, la CAN de football. Tout le monde jubile, un peu comme les enfants à l’idée des grandes vacances qui arrivent et qui s’agitent dans tous les sens à l’évocation même du moment précieux… Espérons que dimanche prochain, 4 septembre au complexe sportif Barthélémy Boganda, les fauves domineront les Lions de l’atlas, pour compenser l’échec de Madagascar, et ainsi, offrir au peuple centrafricain tout entier, un bout de rêve!
Singuila Mingui!
 
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