INTERVIEW  |    

Situation précaire et alarmante pour les étudiants centrafricains à Ouagadougou

Par Luidor NONO - 05/08/2011

Alphonse Callot est le Secrétaire général de l'Association des étudiants centrafricains au 2ie Ouagadougou au Burkina Faso

 

Qui est Alphonse Callot?
Je suis Ingénieur des travaux (licence pro) en génie civil diplômé de l'Institut Supérieur de Technologie à Bangui. Étudiant centrafricain en Master génie Civil/Infrastructure à l’Institut international d’international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2ie) à Ouagadougou. Voir site (www.2ie-edu.org)

A ce jour, quelle est la situation exacte des 16 boursiers centrafricains à Ouagadougou
D'abord, je précise que notre bourse n'est pas celle de l'état centrafricain mais c'est une bourse de la BAD. La situation actuelle est alarmante et catastrophique. Ces 16 étudiants sont dans des difficultés énormes en commençant par la nourriture: nous ne mangions que d'une manière aléatoire; l'hébergement: certains sont chassés de leurs appartements; sans compter les difficultés liées aux études: par exemple la photocopie des documents de cours, le déplacements pour certains qui doivent effectuer de stage dans la sous région d'Afrique de l'ouest, ou bien dans les provinces du Burkina, des difficultés liées aussi aux frais de recherches, de rédaction de rapport et des mémoires en vue de la soutenance de projet fin d'études. De cette situation de vie misérable, bon nombre des étudiants ont payé par des échecs pour l'année 2010-2011 car, ils sont pénalisés n'ayant pas les mêmes opportunités financière pour répondre à leurs besoins d'études.

 


© journaldebangui.com
Alphonse Callot, S. G. des étudiants centrafricains au 2ie Ouaga.
Quelle a été la réaction des autorités universitaires burkinabès
Nous sommes dans une école de nationalités africaines diverses où chacun défend la couleur de son pays et donc les autorités n'ont pas le temps de traiter des problèmes d'une seule nationalité si ce ne sont pas des problèmes liées aux inscriptions. Il n’y a aucune réaction à attendre de leur part. Les autorités ignorent mêmes ce problème, nous ne voulons pas aussi les toucher avec car, il y va de la responsabilité de notre gouvernement d'assurer la formation ces ressortissants.

Quelles démarches avez-vous entreprises?
Nous avons mené plusieurs démarches depuis le mois de décembre 2010 (presque 8 mois) aujourd'hui: Nous avons multipliés des appels téléphoniques aux autorités au niveau du MDR, à tous les niveaux et échelons en commençant par le chef de service de la formation du MDR qui finalement ferme son téléphone parce que nous devenons encombrants. Le Directeur des Ressources Humaines du MDR, le Directeur général de MDR, enfin le Ministre même de MDR. Toutes ces démarches n'ont abouti qu’à des promesses non tenues par les autorités et notre situation va du mal au pire comme une crise aiguë. Pour finir, nous avons continué les démarches jusqu’au niveau du Trésor Public en appelant le gestionnaire des bourses qui a fait le premier virement bancaire là aussi, il nous semble que personne ne veut plus nous recevoir ni faire quelques choses pour nous. Le gestionnaire à son tour ferme son téléphone. J’étais personnellement en contact avec toutes ces autorités. Nous avons envoyé nos parents sur place à Bangui au niveau de MDR et du Trésor mais en vain. Pour aller plus loin, nous avons un compatriote étudiant centrafricain en master environnement au 2ie qui es actuellement à Bangui pour suivre ce dossier mais rien de concret seulement des promesses de paie. A bout de la patience et la nouvelle année qui commence, nous voulons continuer cette démarche pour que nous soyons entendus au moins et qu’une solution soit trouvée le plutôt possible avant le démarrage de la nouvelle année 2011-2012.

 


© journaldebangui.com
étudiants centrafricains dans la rue à Bangui
Qu'attendez-vous du ministère du Développement rural?
Ce que nous attendions du Ministère du Développement Rural (MDR) c’est de décanter la situation au plus vite possible pour répondre aux besoins de ses étudiants fatigués et en difficultés, qui vivent une vie très misérable et précaire. Quel pays peut se développer sans une ressource humaine forte et compétente? Tout est déjà là au niveau du Trésor Public, tous les documents sont faits (OP et autres...) sont signés, juste pour virer l’argent ça pose problème et on a fait 8 mois. Le problème ça se situe à quel niveau ça nous l’ignorons.

Votre mot d'ordre si rien n'est fait?
Notre mot d’ordre si rien n’est fait, nous allons entrer en grève de la faim et mener d’autres actions qui restent pour le moment notre stratégie confidentielle et le moment venus, nous la publierons si rien n’est fait. Nous continuerons à parler dans les médias jusqu’à satisfaction et nous tenons le MDR pour responsable de ce qui va en découler

Un avis sur la situation actuelle des autres étudiants (de manière générale) à Bangui
A mon avis, je sais que les étudiants ont été patients par rapport à cette pratique népotique, tribal, machiavélique à la direction des bourses depuis 2003. Donc c’est normal qu’aujourd’hui ils disent non à quelqu’un qui est protégé du soleil. Depuis toujours la situation d’un étudiant centrafricain reste précaire (chienlit au niveau du restaurant de Bangui, manque des salles de cours, formation en rabais, grèves des enseignants, campus délabré, conditions d'attributions des bourses très bizarres, détournement des bourses des étudiants qui sont à l'étranger…) il est temps que nous prenons notre avenir en mains afin de chasser de gré ou de force les arrivistes qui n’ont pas le sens patriotique… Regarder la situation est dramatique partout les étudiants se plaignent de la vie précaire en Russie, Au Maroc, au Gabon, au Burkina et c'est l'image du pays qui est entrain d'être noircie à cause de la mauvaise gestion, à cause de l'indifférence de nos autorités. Le gouvernement et les preneurs de décisions doivent prendre leurs responsabilités en main au lieu d'envoyer des forces de l'ordre ou de désordre pour matraquer les pauvres étudiants et tirer à balle réelle alors que les étudiant revendiquent leurs droits, ils demandent tout simplement l'égalité de chance dans l'attribution des bourses. Nous sommes tous dignes fils de ce pays, il n’y a aucune raison de faire le parti pris. La récréation est–elle vraiment terminée en RCA? Si oui pourquoi réfléchir midi à quinze heures pour relever une tête de sa fonction; Je soutiens aussi les étudiants de Bangui. "Patrie ou la mort, nous vaincrons" Thomas Sankara.
 

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