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Seuls 5% des travailleurs sont couverts par la sécurité sociale en Afrique

Par Journaldebangui.com, Xinhua - 18/07/2011

La RCA était représentée à la réflexion organisée par l'APSP à Yaoundé, en partenariat avec le gouvernement camerounais et la participation du PNUD

 

Le directeur exécutif de la Plateforme pour la protection sociale en Afrique (APSP), basée à Nairobi au Kenya, Dr. Tavengwa Nhongo, a jugé urgent d'œuvrer pour l'extension de cette couverture à l'immense majorité des 95% de travailleurs non couverts, estimant que c'est un facteur déterminant pour résorber les inégalités sociales et atténuer les effets de la pauvreté sur le continent. Le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine (RCA) et la République démocratique du Congo (RDC) sont les pays représentés à la réflexion organisée par l'APSP dans la capitale camerounaise, en partenariat avec le gouvernement camerounais et la participation du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Dans ces pays, le constat établi révèle des faiblesses institutionnelles avec l'absence d'institutions adéquates pour la promotion de la protection sociale. Au Cameroun, le taux de sous- emploi est estimé à 75,8%. Dans un exposé sur la vision d’émergence à l'horizon 2035, Sylvain Mebara, responsable au ministère de l'Economie a vanté la place accordée à cette question. Mais, a-t-il reconnu, "il n'y a pas encore une institution désignée pour coordonner ce vaste chantier de la protection sociale au Cameroun". L'objectif pourtant proclamé est de baisser le taux de sous-emploi en-dessous de 50% dans le cadre de la mise en oeuvre du Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (DSCE) auquel est adossée la Vision 2035.

 


© www.issa.int
"En RDC, il y a un paradoxe. Il y a un plan déjà élaboré par le gouvernement. C'est un document qui s'intitule Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, le DSRP. Là-dedans, il y a un pilier sur l'emploi", a souligné Jean Bosco Wasso Kazamwali, coordinateur de l'ONG (organisation non gouvernementale) Inecom (Innovation, dévolution dans une communauté responsable). Mais à en croire cet acteur de la société civile doublé d'un défenseur des droits de l'homme, "il y a inadéquation entre ce qui est écrit dans le document et ce qui se vit réellement en matière de politique de l'emploi". Selon la Banque mondiale, précise-t-il, l'on dénombre 73% de chômeurs en RDC. "Il y a beaucoup de diplômés qui n'ont pas d'emploi". "On va regarder les personnes du troisième âge, les vieillards, qui ne sont pas protégés. Chez nous actuellement, vous allez voir également qu'il y a beaucoup d'enfants de la rue. C'est à cause du manque de structuration de la politique de protection sociale", ajoute ce membre du Bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu. Le tableau est singulièrement sombre dans l'Est du pays, principal théâtre des longues années de guerre civile qu'a connes la RDC. "Sur le plan économique, la vie des populations est vraiment en déséquilibre total, dès lors que les salaires des fonctionnaires ne sont pas payés. Si vous prenez le salaire du chef de l'Etat, des ministres, des gouverneurs et des députés, comparé à celui d'un citoyen ordinaire, c'est vraiment un crime!", s'indigne Wasso Kazamwali.

D'après lui, le quotidien des Congolais de l'Est est assimilable à un suicide. "Le dernier agent de l'Etat de notre ville (Bukavu) touche 7.000 francs congolais. Mais, 7.000 francs congolais, ce n'est pas 10 dollars. Un enseignant qui touche 25. 000 francs, c'est quelque chose comme 25 dollars. Est-ce que franchement quelqu'un peut couvrir les deux bouts du mois avec 25 dollars dans un pays comme la RDC où la vie coûte cher? Une telle situation accroît la corruption". En RCA, Berimée Miango, président de l'ONG Echo Initiatives à Bangui, la capitale du pays, décrit un tissu social fragile à cause des crises sociopolitiques des dernières années ayant fait régresser l'économie et la cohésion sociale dans ce pays enclavé au coeur du continent.

 


© corbis image
Un artisan à la tâche
Il y a quelques années, a connu beaucoup de problèmes. "Depuis les mutations du 15 mars 2003, la Centrafrique a fait de grands efforts pour pouvoir se mettre au diapason des autres pays de la sous-région. C'est dans ce cadre-là que le gouvernement et la société civile mettent l'accent pour améliorer les conditions de vie des populations. La problématique de la protection sociale est au coeur des problèmes de développement en Centrafrique", dit l'acteur social. Il annonce "des réflexions qui se développent pour consolider déjà les acquis et s'ouvrir davantage vers une nette amélioration de ces conditions de la protection sociale". Car, «avec la situation sociopolitique qu'on a connue, beaucoup d’infrastructures socioéconomiques ont été détruites et ça a créé un taux de chômage assez considérable». Miango estime à 80% de la population le taux de chômage. Quid de la pension retraite? "Avant, les salaires des fonctionnaires étaient difficilement assurés. Depuis donc les mutations du 15 mars 2003, les salaires sont régulièrement versés. Ce qui fait qu’au niveau des organismes de prévoyance sociale il y a une contribution régulière maintenant des quoteparts", note-t-il.

Expert en protection sociale en milieu rural, la Camerounaise Thérèse Um Eone observe que "le milieu rural n'est pas encore très imprégné par la protection sociale. Nous venons juste de commencer. Pour le moment en Afrique centrale, il n'y a que le Cameroun qui a une plateforme. Déjà, nous nous occupons d'abord de la santé de la femme en milieu rural". Cette attention particulière pour la femme est justifiée par le fait que "c'est la couche la plus défavorisée, les moyens sont très limités. De temps en temps, nous organisons des séminaires, des soins gratuits pour leur apporter du soutien. Nous essayons aussi de les encadrer dans les activités génératrices de revenus qu'elles entreprennent pour leur prise en charge". Hôte de la conférence, Prince Martin Bengha Ngochia, représentant de l'Afrique centrale à l'APSP, affirme qu'"on est train d'amener la protection sociale en Afrique parce qu'on veut lutter contre la pauvreté dans cette région. On va renforcer les capacités de la société civile qui travaille avec les communautés, le peuple". D'après lui, "c'est parce qu'on a vu qu'il y a des gens qui ont une pension retraite. Mais la plupart des Camerounais n'ont jamais travaillé dans le secteur formel. On a 75% qui exercent dans le secteur informel. Quand ils arrivent à un certain âge où ils ne peuvent plus travailler, ils n'ont pas de pension. Donc, notre objectif est d'amener à étendre la sécurité sociale à ces travailleurs. Nous comptons faire des plaidoyers et des actions de lobbying auprès de nos gouvernements réaliser cet objectif".
 
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