ECONOMIE ET BUSINESS  |    

Inflation économique: Un léger regain en Afrique centrale

Par Idriss Linge - 07/07/2011

L’information découle de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la banque centrale de cette sous-région, à Douala la capitale économique camerounaise

 

Des perspectives encore positives
L’inflation revient en Afrique centrale. Cette situation économique perçue globalement comme une augmentation des prix sur le marché est aujourd’hui à 2,1% dans la sous région Afrique centrale. L’annonce a été faite par le gouvernement de la banque centrale de la sous-région (BEAC), à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire (CPM), qui a eu lieu à Douala, la capitale économique camerounaise. C’est donc un regain de 0,6 points par rapport à la même période l’année dernière (1,5%), mais une augmentation de près d’un point par rapport au début d’année (1,2%). Cependant, les autorités monétaires ont tenu à faire savoir que ce retour de l’inflation était encore en deçà de la norme sous-régionale qui est de 3%. Déjà la perception d’une hausse de l’indice des prix est toujours effective dans les économies de la sous région en milieu d’année. L’économie est pleinement dans sa phase expansive de l’année et les sollicitations en argent se font de plus en plus importantes.

 

D’autres part, on apprend aussi et c’est la raison officielle, que les économies de l’Afrique centrale font l’objet d’un effet pervers, la hausse des cours de matières premières (pétrole, produit de l’agriculture de rente), dont dépendent une majorité de leurs économies a grimpé durant le dernier trimestre. Les pays concernés ont certes vu leurs recettes augmenter, mais à contrario, les facteurs de production aussi en Europe, d’où une hausse sensible des prix des produits manufacturés. Lucas Abaga Chama, le gouverneur de la BEAC, a parlé d’inflation importée. On apprend dans le même temps, que ce retour d’une tendance à l’inflation (augmentation des prix) est atténuée, grâce à une bonne perspective de croissance, vue d’ailleurs en amélioration. (5,2% contre 4,3% en 2010 au cours de la même période). Dans le même temps, la reprise modérée des économies des partenaires européens a conduit le gouvernement de la BEAC à maintenir ses taux d’intervention sur le marché du crédit à 4%.

Doit-on craindre l’inflation?
Mis à part l’évolution à la hausse de l’inflation, l’économie de la sous région semble donc bien se porter. Selon certaines analyses, le regain de l’inflation en lui-même n’est pas mauvais. Elle suppose certes la hausse des prix sur le marché et des tensions dans le budget des familles. Mais d’un autre côté, cette hausse des prix signifie davantage l'accumulation des capitaux pour les investisseurs (avec bien sûr une bonne part de spéculation), donc plus de création d’emploi et une relance de l’économie. Les perspectives de croissance sont là pour le confirmer. Cependant tout cela reste théorique, et de nombreux ménages sur les 40 millions que compte la sous-région vivent encore en dessous du seuil de pauvreté, et manque de moyens de production. Il apparaît dans une certaine mesure, que la politique de désinflation (lutte contre l’inflation) menée dans la sous-région, combiné à des taux directeurs bas (4%), contribue à maintenir cette situation. Lorsque le niveau de l’inflation est bas c'est-à-dire moins d’argent dans le circuit monétaire, les banques sont forcées de prêter plus cher et le coût des investissements devient important. Les demandes de crédits sont ainsi limitées.

 


© journaldebangui.com
Les vivres à même le sol
Les ménages toujours mal lotis
Dans le même temps, lorsque les taux directeurs sont bas, cela peut réduire la volonté des banques à prêter parce que les taux du marché interbancaire sont peu attractifs. C’est pourquoi, on a vu les banques certes augmenter leur apport de financement à l’économie, mais les orienter vers des objectifs très directifs. C’est le cas des emprunts obligataires, bon du trésor et organisation des prêts syndiqués à des entreprises dont la production est tournée sur le marché international. Le gouverneur Lucas Abaga Nchama s’est refusé à cette hypothèse. Pourtant, il reconnaît la persistance de la surliquidité des banques de la sous-région, d’une part. D’autre part le gouverneur a aussi confirmé la mise en place des projets visant à rendre plus pertinent le financement de l’économie. Mais l’ambition est grande. 75% des ménages d’Afrique central occupent les secteurs productifs primaires (agriculture, artisanat, petit commerce). Paradoxalement, tout cet ensemble détient moins de 20% du capital de production, contre une moyenne de 30% pour les États et 50% pour les investissements étrangers, essentiellement tournés vers des secteurs de haute performance (service et nouvelles technologies) ou miniers (pétrole, gaz, diamant, or et fer).
 

0 COMMENTAIRES

Afficher tous les commentaires | Poster un commentaire

POSTER UN COMMENTAIRE

Identifiez- vous : pseudo* e-mail
Titre du commentaire
votre commentaire
Etre prévenu par email quand une réponse est faite
Ne cochez oui que si vous voulez recevoir des mails en cas de réponse sur ce sujet et que vous avez saisi votre mail
Je reconnais avoir pris connaissance des conditions d'utlilisation

POLITIQUE

SPORTS

ECONOMIE & BUSINESS

DOSSIERS

Culture & Loisirs

Société

Débats & Opinions

Personnalités

Agenda - événements

Lancement du Africa CEO Forum 2015
Tous les événements

TOUT L'UNIVERS JOURNALDEBANGUI.COM

DOSSIERS

Dossiers

L'INTERVIEW

Interview

COMMUNIQUES OFFICIELS

Communiqués