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Sénégal: Le député de l’opposition Cheikh Bamba Dièye s’enchaîne devant l’assemblée nationale

Par Nkoma Ariane - 25/06/2011

Il proteste contre l’examen en commission par ses collègues du projet de loi constitutionnelle portant ticket présidentiel

 

L’assemblée nationale du Sénégal a accueilli un usager ordinaire mais dans les circonstances peu habituelles. Un député de l’opposition sénégalaise, Cheikh Bamba Dièye, a accompli le mardi 21 juin à Dakar, un geste spectaculaire en se faisant enchainer momentanément devant l’assemblée nationale en signe de protestation de l’examen en commission par ses collègues du projet de loi constitutionnelle portant ticket présidentiel. Aidé de quelques uns de ses militants, le député affublé de son écharpe de député du Front pour le socialisme et la démocratie, Benno Jubel (FSD/BJ-opposition) avait fini de se faire enchainer sur les grilles de la devanture de l’assemblée nationale, quand les policiers, apparemment pris de court, sont rapidement intervenus pour éloigner brutalement les camarades de Cheikh Bamba Dièye et procéder à l’enlèvement des chaînes. Impassible, le maire de Saint-Louis (257 km au nord de Dakar) est resté de marbre pendant tout le temps que les forces de l’ordre s’employaient à le libérer.

 


© Google images
Cheikh Bamba Dièye, député de l’opposition
Il est resté ensuite sur place quelque temps avant de rejoindre son véhicule, poursuivi par les journalistes qui, tenus à l’écart durant l’incident, pouvaient enfin recueillir ses déclarations. Adopté jeudi dernier en Conseil des ministres, le projet de loi constitutionnelle portant l’élection simultanée du président de la République et d’un vice-président est vivement contesté par l’opposition sénégalaise et la société civile qui appellent les citoyens à faire barrage à son adoption par l’assemblée nationale. Cette dernière devrait incessamment, après la réunion de sa commission des lois, procéder à l’examen du texte à des fins d’adoption. L’élection présidentielle du Sénégal est prévue le 26 février 2012. Le leader du Fsd/Bj, Cheikh Bamba Dièye, qualifie son acte de «citoyen et symbolique». Et à ceux qui seront amenés à juger autrement sa démarche, Cheikh Bamba Dièye indique qu’il s’agit-là d’un acte responsable et mûrement réfléchi. Car, laisser passer ce projet de loi, c’est donner à Wade des pouvoirs que même un monarque n’a pas dans son royaume. Comme tous les autres opposants, le député maire juge ce projet de loi d’Abdoulaye Wade «antidémocratique». Une loi qui, dit-il va entraîner la mort de la démocratie dans notre pays. Et aucun républicain ne doit accepter que Wade taille la Constitution à sa guise.

Le gouvernement sénégalais quant à lui a affirmé qu'il ne renoncerait pas à son projet de loi visant à élire simultanément à compter de 2012 un président et un vice-président, un texte actuellement examiné par le parlement. Je ne vois pas pour quelle raison on irait dans l'autre sens en revenant (...) sur ce projet de loi adopté le 16 juin par le Conseil des ministres, a déclaré à la presse le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Moustapha Guirassy, rejetant les multiples appels à renoncer au texte et les accusations de tripatouillage de la Constitution. En dépit du tollé, le gouvernement n'abandonnera pas, revenir là-dessus, ce serait ne pas être démocrate, ce serait cesser d'être démocrate que d'abandonner un projet qui vise à renforcer la démocratie au Sénégal, a ajouté M. Guirassy. Selon lui, ce texte soumis à l'approbation des parlementaires à huit mois de l'élection présidentielle est une vieille idée du chef de l'Etat Abdoulaye Wade et n'a qu'un seul but: Le partage des pouvoirs.

Le texte prévoit un minimum de 25% des suffrages exprimés, dit minimum bloquant. Le ticket ayant obtenu au premier tour le quart ou plus des voix l'emporte. En dessous de 25%, un second tour est organisé, d'après les explications du ministre. Le projet envisage par ailleurs qu'en cas de démission, d'empêchement définitif ou de décès en cours de mandat, le président de la République est remplacé par le vice-président qui, en tant que nouveau président, pourra nommer et révoquer le nouveau vice-président. Ces dispositions sont parmi les plus décriées par l'opposition et la société civile, mais aussi par des membres de la majorité présidentielle. Beaucoup soupçonnent le président Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000 et candidat à sa propre succession, de vouloir se faire réélire, avec peu de suffrages, pour ensuite céder le fauteuil à son fils, Karim Wade, actuellement un de ses ministres.

 

 
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