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Afrique: Le Transaqua pour sauver le Lac Tchad

Par rjdh - 02/03/2018

Au troisième et dernier jour de la Conférence internationale sur le Lac Tchad le 28 février, les Chefs d’Etat de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) ont signé la déclaration d’Abuja

 

Au troisième et dernier jour de la Conférence internationale sur le Lac Tchad le 28 février, les Chefs d’Etat de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) ont signé la déclaration d’Abuja. Le plan retenu pour le sauvetage du Lac est le projet Transaqua.

Pour éviter la disparition du Lac Tchad desséché à 90% qui fait vivre environ 40 millions de personnes, le Nigeria et l’Unesco ont organisé une Conférence internationale pour réfléchir sur les moyens de sauver cet oasis vital, dont la dégradation a d’énormes conséquences. Au deuxième jour, les experts scientifiques, ingénieurs et décideurs politiques ont exhumé le projet Transaqua, considéré comme ultime moyen de le revitaliser. Il s’agit de renflouer le Lac Tchad depuis le fleuve Congo et le drainage passera par la République Centrafricaine.

Ainsi, à la clôture de cette rencontre, les Présidents de la Commission du Bassin du Lac Tchad et leur homologue centrafricain ont signé « la Déclaration d’Abuja » qui sera une référence et le fondement des futurs engagements pour la restauration du Lac », a déclaré l’hôte de la rencontre, le Président Muhammadu Buhari.

Ce programme ambitieux a été salué par les pays concernés. Le Président nigérien Mahamadou Issoufou a jugé que le projet Transaqua est « certes ambitieux mais indispensable à la survie de la planète ».

L’étude de faisabilité de ce méga-projet est confiée à la compagnie italienne Bonifica qui a été son principal initiateur et la société chinoise Power china. Elle sera financée par les gouvernements chinois et italien.

Le titanesque Transaqua :

Couvrant théoriquement 2.380.000 km2, soit 7,8 % du continent africain, le bassin actif du Lac Tchad se limite actuellement à « 967 000 km2 » selon des données. Le Chari et son affluent le Logone, qui prennent leurs sources en Centrafrique le ravitaillent à 90%. Il est à cheval entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad.
Mais depuis quelques années, avec le changement climatique et les actions anthropiques, le Lac a perdu 90% de sa surface. Face à cela, des experts ont pensé que l’unique solution pour la revitaliser est son renflouement par les eaux de l’Oubangui ou du fleuve Congo.

Ainsi, à partir des années 1970, l’on a réfléchi à le ravitailler grâce aux eaux du Fleuve Congo et le projet est appelé : Transaqua. Il a été pensé pour la première fois par le cabinet d’ingénierie et de conseil italien Bonifica et resurgit grâce la société chinoise Power china par l’entremise du Nigeria.

Ce mega-projet vise à transférer 50 à 100 milliards de m3 d’eau par an par un canal, depuis le fleuve Congo « via une série de barrages en RDC et en République Centrafricaine (RCA), ainsi que la génération potentielle de 15.000 à 25.000 millions de KWh d’hydroélectricité grâce au mouvement de l’eau par dénivellation ».
Selon la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), le Transaqua a de multiple bénéfices : « Le canal de transfert d’eau sera navigable de 100 m de large et 10 m de profondeur, s’étendant de la RDC à la frontière de la RCA. Il sera doublé dans son parcours par une route de service public et, éventuellement, par une voie de chemin de fer », lit-on dans solidariteetprogres.org.

L’entreprise chinoise (PowerChina) qui a signé un accord avec la CBLT à Abuja, le 13 décembre 2016 assurera « le financement des études de faisabilité à hauteur de 1,8 milliards de dollars américains », a rapporté le site solidariteetprogres.org.

Transaqua au centre d’intérêts économiques et géostratégiques :

Ce méga-infrastructure est qualifié « De la Nouvelle route de la soie au lac Tchad ». Et, faut rappeler que le Lac Tchad a un sous – sol riche en minerais qui est source de crise entre les États riverains et des multinationales. Il est soutenu par l’Institut Schiller, la Fondation La Rouche et certains pays occidentaux.

Par ailleurs, si des organisations régionales et internationales saluent Transaqua, l’Union Européenne le désapprouve. Il y a de cela 5 ans (2013), « en réponse à une question de la députée européenne Cristiana Muscardini, la Commission européenne a rejeté l’idée d’un transfert de ressources hydrauliques vers le Sahel, une région dévastée par la sécheresse, invoquant des préoccupations environnementales », a rappelé le magazine en ligne.

« L’Union européenne est au courant de l’existence d’un projet de transfert d’eau de la rivière Oubangui vers le lac Tchad (Transaqua). Des études de faisabilité préliminaires ont cependant indiqué que le projet comporterait des risques environnementaux majeurs », avait répondu le 16 août 2013, le Commissaire au développement de l’Union européenne Andris Piebalgs.

Que disent les pays concernés (Centrafrique, RDC et le Congo):

Le Transaqua est au centre de débat entre les centrafricains qui craignent ses conséquences écologiques, mais attendent le résultat des études de faisabilité. Certains déplorent que des experts centrafricains ne soient pas actuellement associés à cette étude. « Est ce que la RCA saura valoriser les experts nationaux au profit d’un travail d’intérêt national qui implique la Sous-région? Puisqu’en général on nous emmène des experts internationaux qui ne peuvent défendre les intérêts du pays concerné », s’est alarmée Juvénale Kévine Zanre, une Spécialiste de l’environnement.

La République Démocratique du Congo (RDC) est favorable à Transaqua. Son ministre de l’Environnement, François Kalwele présent à la Conférence sur le Lac Tchad a encouragé « la solidarité entre les Etats africains » sur cette initiative. Mais Transaqua a été qualifié de « pillage de l’eau douce de la RD Congo, or bleu de ce siècle » par son compatriote, le chercheur, Sinaseli Tshibwabwa.

Les Centrafricains peuvent déjà se réjouir que le projet de transférer une partie des eaux de l’Oubangui pour renflouer le Lac Tchad a été abandonné. L’intérêt du débat sur l’Oubangui et le Fleuve Congo met à lumière que l’eau sera source de conflit comme l’a été pour le pétrole.

 

 
MOTS CLES :  Centrafrique 

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