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Lettre ouverte à madame Danielle Darlan, présidente de la cour constitutionnelle

Par Lieutenant Serge Yavalas - 19/02/2018

Par Lieutenant Serge Yavalas

 


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Demande d’explication relative aux événements du 5 décembre 2013 à Bangui
Madame La présidente

Comme vous le savez notre pays a connu des événements douloureux en 2013 et ont plongé nos populations dans le désarroi total. Nous commencerons tout d’abord par le 13 mars 2013 date d’entrée de la Seleka à Bangui. Ce jour là la garde présidentielle du Président Bozize avait mis en place un dispositif au niveau du lycée B. Boganda pour stopper la progression de la seleka vers le centre ville et c’était le capitaine Ngaikoesset et ses hommes.

Curieusement alors que Ngaikoesset combattait la progression de deux véhicules en provenance du rond point des libérateurs, c’est de la zone autour de votre villa que surgira une équipe de la Seleka qui le mettra en déroute obligé de fuir sur la colline et regagner Boy-Rabe laissant au sol trois soldats. Maintenant nous savons que c’étaient des infiltrés quelques jours auparavant qui ont bénéficié de complicités qui ont agit. Peut être que vous en savez quelque chose. Le lendemain de l’arrivée de la Seleka vous étiez une des rares personnes à circuler librement dans Bangui avec votre voiture mazda bleu alors que la Seleka arrachait et voler les voitures en plus vous êtes une femme. Aujourd’hui vous profitez du fruit de notre lutte. Alors que vous avez aidé et soutenu l’ennemi contre nous. Nous avons trop de témoignages contre vous. Le coordonnateur tchadien venu organiser les renseignements de la Seleka dormait chez vous. Vous avez été vu à plusieurs reprises chez le général Moussa Assimeh à la base des sapeurs pompiers au régiment de soutien. Comment une femme seule pouvait se retrouver à cet endroit ? Ne vous cachez pas dites la vérité. Le personnel a l’époque de l’hôtel Ledger peut témoigner de vos nombreux séjours dans cet établissement dans la chambre de Mboli-Goumba après sa sortie du camp M’Poko.

Pendant tout le règne de la Seleka vous étiez protégéé comme une princesse et aucun de vos biens n’a été touché. Les réunions se tenaient chez vous sous la paillote. Tous vos voisins le confirment. Le colonel Bichara vous appelait toujours maman Demafouth et avait mis à votre disposition une sécurité. Mais ce que nous voulons c’est que vous nous dites les circonstances du déroulement des combats dans la nuit du au 6 décembre 2013 ou plusieurs de nos hommes ayant su que vous habitiez là ont essayé d’aller se réfugier chez vous parce qu’ils vous appelaient aussi maman Demafouth. Vous avez refusé de leur offrir l’hospitalité et se sont fait massacrés par les hommes qui vous gardaient et ceux du domicile du chef de cabinet particulier de Djotodia qui dormait en face de chez vous.

Pouvez vous nous dire combien de morts avez-vous dénombrés et qu’avez-vous fait pour les secourir au moins. Avez-vous dénoncé les actes de tortures qu’ils ont subis ? Puisque bon nombre ont été tués à l’arme blanche devant chez vous le lendemain entre 7h et 10h et vous étiez là ainsi que monsieur Fotor votre voisin. Savez vous que parmi eux figuraient plus de 30 FACA qui vous appelaient maman et vous suppliaient d’intervenir pour eux.

D’autres ont été gardés quelques jours près de chez vous dans la maison du général Mobebou avant d’être transférés soit disant au camp de Roux or c’était pour aller les exécuter derrière la Sodeca d’une balle dans la tête. Une opération dirigée par Nourredine lui-même. Pourquoi la maison de Mobebou, Pascal Kadi, Bombayéké ont été pillées, pas la votre. Votre aide de camp Hahamat Djibril a tué de sang froid deux Anti balaka qui passaient dans votre rue le 14 décembre 2013. Vous avez appelé un taxi pour transporter les corps le chauffeur du taxi est encore vivant. Vous êtes complice des actes de barbarie de la Seleka contre nous.

Chose curieuse vous n’avez jamais dénoncé ces faits. À l’époque des femmes comme Mme Epaye faisait le tour du monde pour interpeller la communauté internationale sur notre sort, vous c’était la complaisance avec la Seleka qui fera de vous vice présidente de la Cour Constitutionnelle.

Nous voulons connaître les noms des responsables de la Seleka qui avaient leur base chez vous ou près de chez vous et qu’est ce que vous savez de leurs agissements. Nous savons que le commandant du camp Beal et le colonel Bichara mangeaient régulièrement chez vous en compagnie de votre nouveau mari Mboli-Goumba qui était ministre d’Etat. Plusieurs personnes confirment vous avoir vu à des heures tardives chez Djotodia souvent lesjours des exécutions extra judiciaires. Vous avez même chassé votre gardien de l’époque parce qu’il en savait trop.

L’heure de la justice a sonné Madame nous demandons au Procureur de la République de vous entendre sur les faits précités afin d’éclairer notre lanterne et permettre aux parents de faire leur deuil. Madame Darlan retenez que ceci n’est pas une blague prenez cette lettre au sérieux. Tout se paie ici bas, œil pour œil dent pour dent. Si nous vous écrivons aujourd’hui c’est aussi parce que nous sommes appelés à comparaître devant la justice alors que vous vous êtes protégée par le régime que nous avons mis en place au prix de notre sang mais cela ne peut durer. La bravoure de nos vaillants guerriers venus de Bogangolo, de Ndjo, de Bouca, tombés sous vos pieds a été payante pour la nation centrafricaine.

Nourredine déclare qu’il va revenir une seconde fois et vous vous préparez avec votre complice pour les aider à nous massacrer à nouveau ! Vous êtes démasqués tôt ou tard vous serez rattrapés par vos actes.

Merci de votre compréhension

 

 
MOTS CLES :  Centrafrique   Danielle Darlan 

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