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La Centrafrique demande à la RDC d'extrader un chef antibalaka

Par AFP - 05/02/2018

La Centrafrique a formulé à la République démocratique du Congo (RDC) voisine une demande d'extradition concernant "Romaric", un des chefs des milices antibalaka de Bangassou

 

La Centrafrique a formulé à la République démocratique du Congo (RDC) voisine une demande d'extradition concernant "Romaric", un des chefs des milices antibalaka de Bangassou (est) qui avait fui vers la RDC fin 2017, a-t-on appris de source officielle.

"La demande d'extradition est partie par voie diplomatique", a déclaré vendredi à l'AFP le ministre de la Justice centrafricain, Flavien Mbata.

"Romaric" est l'un des chefs antibalaka de la ville de Bangassou, dans le sud-est de la RCA, en coupe réglée depuis mai 2017 sous les ordres de ces milices dites "d'autodéfense", qui affrontent dans les localités environnantes des groupes armés rivaux, peuls ou promusulmans.

D'intenses luttes de pouvoir interne se jouent également à Bangassou entre les différents chefs antibalaka. Fin 2017, ils n'étaient plus que deux, "Bérébéré" et "Pinopino", à contrôler les éléments antibalaka de la ville, après la mort ou la fuite d'autres, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Romaric" avait lui fui vers la RDC voisine en décembre, où il a été arrêté. "Ils ont été arrêtés et se sont rendus il y a un mois à l'armée congolaise à Buta dans la province frontalière du Bas-Uélé", dans le nord de la RD Congo, a indiqué vendredi à l'AFP Florence Marchal, porte-parole de la Mission de l'ONU en RDC, la Monusco.

Le chef antibalaka est poursuivi en RCA pour, entre autres, crimes de guerre, assassinat et association de malfaiteurs.

Le 20 janvier, un autre chef antibalaka de Bangassou, le "général" autoproclamé "Bérébéré", s'était rendu à la Minusca, la mission de l'ONU dans le pays, disant craindre pour sa vie.

Les antibalaka qui tiennent Bangassou, avaient attaqué la ville de 35.000 habitants le 13 mai, faisant 76 morts selon l'ONU. La ville vit depuis lors sous leur coupe, au rythme des violences, des caprices de la soldatesque, de ses exactions et des rivalités entre ses chefs.

Les Casques bleus tentent aujourd'hui de prévenir l'attaque par les antibalaka d'environ 1.500 déplacés musulmans qui ont trouvé refuge dans un séminaire catholique.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'était rendu fin octobre à Bangassou, où neuf Casques bleus ont été tués entre mai et juillet.

La Centrafrique est plongée dans la violence depuis le renversement en 2013 du président François Bozizé par une coalition pro-musulmane (l'ex-Séléka), qui a entrainé une contre-offensive de milices pro-chrétiennes autoproclamées d'"autodéfense" (anti-balaka, ou anti-machettes).

Depuis, des groupes armés s'affrontent sur une large partie du territoire pour le contrôle des ressources dans ce pays de 4,5 millions d'habitants, l'un des plus pauvres au monde.

Plus de 688.000 personnes sont déplacées en Centrafrique et 545.000 sont réfugiées dans des pays voisins, selon l'ONU. Environ 2,4 millions de Centrafricains, soit la moitié de la population, dépendent de l'aide internationale.

 

 
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