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L'ONU veut sanctionner les incitations à la haine en Centrafrique

Par AFP - 01/02/2018

La proposition de résolution soumise par la France a été adoptée à l'unanimité.

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a maintenu mardi un embargo sur les armes visant la République centrafricaine et ajouté, comme critère pour des sanctions, l'incitation à la haine et les attaques contre les travailleurs humanitaires.

La proposition de résolution soumise par la France a été adoptée à l'unanimité. Elle doit ouvrir la voie à des sanctions ciblées contre les personnes qui tirent les ficelles du conflit religieux qui déchire la Centrafrique depuis 2013.

Depuis le renversement du président François Bozizé, une coalition musulmane, l'ex-Séléka, et des milices pro-chrétiennes qui se disent d'"autodéfense", les "anti-balaka" ou "anti-machettes", se livrent à une guerre sur l'ensemble du territoire pour le contrôle des ressources de l'un des pays les plus pauvres au monde.

Les incitations à la haine "sont un fléau pour la République centrafricaine et sont à l'origine de violences faisant de trop nombreuses victimes, aussi bien parmi les populations civiles que parmi les Casques bleus", a déclaré mardi devant le Conseil de sécurité l'ambassadeur français auprès de l'ONU, François Delattre.

"Il ne pourra pas y avoir de paix durable en Centrafrique si ces incitations perdurent et le Conseil de sécurité entend bien prendre ses responsabilités."

Depuis l'imposition de sanctions en 2013, onze personnes, dont l'ancien président Bozizé, ainsi que deux entités, ont été frappées d'une interdiction de voyager et/ou un gel des avoirs.

En sus des attaques contre les forces de maintien de la paix, du recrutement d'enfants soldats et de violences sexuelles, les attaques contre les travailleurs humanitaires sont désormais un motif d'imposition de sanctions, aux termes de la résolution adoptée mardi. Treize de ces travailleurs ont été tués l'an dernier dans ce pays fui par un Centrafricain sur quatre.

L'embargo sur les armes, qui court depuis 2013, a été reconduit jusqu'en 2019.

Seules des forces de sécurité du régime, au préalable approuvées par la commission onusienne des sanctions, peuvent recevoir des armes et des équipements militaires.

 

 
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