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RCA: Les USA doivent protéger les civils contre la LRA

Par Journaldebangui.com, AP - 16/06/2011

Cette déclaration vient de l’ONG internationale «Human Rights Watch»

 

Le gouvernement américain devrait intensifier ses efforts visant à protéger les civils d’Afrique centrale contre les exactions perpétrées par les rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA, ou «Lord’s Resistance Army»), selon une coalition de 39 organisations humanitaires et de défense des droits humains. Ces associations invitent l’administration Obama à désigner un émissaire spécial pour la région des Grands Lacs africains avec un mandat s’étendant aux zones affectées par la LRA, à appuyer le renforcement des forces de maintien de la paix des Nations Unies, et à intensifier les efforts déployés pour arrêter trois dirigeants de la LRA recherchés par la Cour pénale internationale (CPI).

Le 24 mai 2011 correspondait au premier anniversaire de la signature et promulgation, par le président Barack Obama, de la loi bipartite relative au désarmement de la LRA et à la relance du nord de l’Ouganda. Cette loi engage les États-Unis à aider les civils d’Afrique centrale menacés par la LRA. Selon la coalition d’organisations, l’adoption de cette loi a suscité l’espoir au sein des communautés terrorisées de toute l’Afrique centrale qui se sentaient abandonnées et oubliées. Les gouvernements du Congo, de la République centrafricaine et du Sud-Soudan – pays où le groupe rebelle est actuellement actif – n’auraient pas fait preuve d’une capacité ni d’une détermination suffisantes pour protéger les civils comme il convient face aux exactions commises par la LRA. Par ailleurs, les Casques bleus de l’ONU seraient trop peu nombreux et disposeraient de peu de capacités ou de volonté pour assurer la protection des civils au-delà des limites de leurs bases. «Parmi nous, beaucoup croyaient que l’engagement pris par le président Obama de s’attaquer à la menace incarnée par la LRA contribuerait à mettre enfin un terme à notre souffrance, a expliqué l’abbé Benoit Kinalegu de la Commission catholique Justice et Paix de Dungu, dans le Haut Uélé, au Congo. Pourtant, un an s’est écoulé et nous continuons à vivre dans la peur, les attaques de la LRA n’ayant montré aucun signe d’affaiblissement.»

 


© Voxcom/IRIN
Des rebelles de le LRA en Centrafrique
Cela fait 25 ans que la LRA, originaire d’Ouganda, mène une campagne de meurtres, de viols et de mutilations, et procède à des enlèvements massifs d’enfants. Trois dirigeants du groupe rebelle – Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen – sont recherchés par la CPI en vertu des mandats d’arrêt délivrés à leur encontre en juillet 2005 pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans le nord de l’Ouganda. Ces trois individus sont toujours en fuite et auraient été impliqués dans de nouvelles atrocités depuis la délivrance des mandats d’arrêt. Depuis septembre 2008, la LRA a tué près de 2400 civils et en a enlevé quelque 3400 autres, selon les recherches effectuées par Human Rights Watch et par l’ONU. Ces atrocités se poursuivent dans le nord de la République démocratique du Congo, dans l’est de la République centrafricaine et au Sud-Soudan.

Les États-Unis devraient obtenir de leurs partenaires européens, de l’Union africaine (UA) et du Conseil de sécurité de l’ONU, un engagement politique sérieux et des ressources spécifiques pour s’attaquer à la LRA, estime HRW. Même là où les Casques bleus de l’ONU sont déployés, ils disposent rarement de la capacité opérationnelle ou de la volonté nécessaires pour protéger les civils en dehors des limites de leurs bases. «Il faut de toute urgence accroître le nombre de Casques bleus dans ces régions afin de réellement protéger les civils exposés aux attaques de la LRA», a relevé Anneke Van Woudenberg, chercheuse principale à la Division Afrique de Human Rights Watch. L’ong précise également que des soldats de l’armée congolaise se sont également rendus responsables d’exactions graves à l’encontre des civils qu’ils étaient chargés de protéger, notamment de meurtres, de viols, d’actes de torture et d’arrestations arbitraires.

 

 
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