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Centrafrique: La crise du km5 et la question tchadienne

Par Elkas Patchanga, Centrafricmatin - 15/06/2011

Un travail sérieux doit être réalisé par le gouvernement et surtout le département en charge de l’immigration

 

Les événements tragiques et très douloureux qui ont démarré au quartier Kina dans le 3e Arrondissement, qui se sont caractérisés par des assassinats cruels et odieux, viennent une fois de plus de lever le voile sur une question jusqu’alors en suspens, que les autorités centrafricaines évitent comme une peste: la question tchadienne. Loin de toute intension xénophobe, il est honnêtement question ici de définir en conformité avec les textes fondamentaux de la République centrafricaine qui des ressortissants Tchadiens aujourd’hui en séjour régulier en Centrafrique, doivent prétendre à la naturalisation dans leur pays d’accueil, et si naturalisation il y’a, à quelle loi devront-ils se soumettre désormais ? Si nombre de ressortissants Tchadiens sont aujourd’hui détenteurs d’une pièce d’identité nationale centrafricaine, c’est qu’ils ont rempli les conditions d’éligibilité et doivent désormais prétendre et bénéficier des mêmes privilèges que les centrafricains de souche. Mais que se passe-t-il alors dès qu’une crise éclate ? La grosse surprise c’est de voir ces centrafricains naturalisés revendiquer leur origine, foulant au pied loi et textes en vigueur dans le pays au nom d’un éternel retour à la case de départ en se proclamant Tchadiens et non centrafricains.

 


© journaldebangui.com
Le Général Abdelkader Baba Laddé et ses hommes sont encore sur le territoire centrafricain
Avec cette récente crise, il apparait donc judicieux que toute la lumière soit faite sur ces naturalisations obtenues à tour de bras et dans des conditions opaques. Les autorités de la République centrafricaine doivent saisir l’occasion pour règlementer un tel trafique d’identité qui constitue d’un côté un manque à gagner pour l’Etat et un risque grave sur le plan sécuritaire dans le pays. Que la ligne de démarcation soit désormais établie entre une colonie tchadienne constituée de ressortissants tchadiens officiellement reconnus, mais qui doivent du moins se soumettre aux lois de leur pays d’accueil, et des centrafricains d’origine tchadienne, qui sont centrafricains à part entière. Obligation est donc faite ici à ce que tous les ressortissants tchadiens présentement à Bangui se rendent dans leur ambassade et obtienne officiellement une carte de séjour dument délivrée par leur représentation ici à Bangui. Il importe donc ici de clarifier cette situation toute à la fois confuse et entretenue à dessein par certains ressortissants véreux et vicieux, qui y trouvent une aubaine quand on sait que des faux-papiers ont souvent été distribués à d’autres ressortissants tchadiens…même dans les mosquées! Il convient en d’autre terme de séparer le vrai de l’ivraie, d’avoir une lisibilité très nette de la situation. Autrement, où va le Centrafrique avec des distributions illégales et anarchiques des pièces d’identités? Cette question épineuse vaut la peine d’être solutionnée, et le plus rapidement possible pour que de telle situation controversée ne viennent pas alourdir davantage le ciel centrafricain déjà lourdement chargé.

 


© journaldebangui.com
Le médiateur de la république tchadienne
Un travail sérieux doit être réalisé par le gouvernement et surtout le département en charge de l’immigration pour que le Tchadien qui désire prendre la nationalité centrafricaine sache qu’elles sont les obligations et les devoirs qui l’attendent derrière. Pour ne pas qu’une fois naturalisé, il perd vite toutes ces exigences et se croit encore sur le territoire tchadien. Il est indispensable que des actions sérieuses soient menées dans ce sens pour garantir à la RCA sa souveraineté et son indépendance. Autrement, où ira le pays quand à chaque crise, ce sont des approches pas les vraies surtout qu’on brandisse, et dans qu’elle intension?

Les récents événements du Km5 sont l’expression d’un profond malaise social qui n’a retrouvé qu’une échappatoire pour se répandre comme une trainée de poudre. Que les autorités centrafricaines le comprennent, ce message de la rue et se conforment aux dispositions qui s’imposent. Un autre aspect c’est l’opposition tchadienne. Sans oublier certains rebelles tchadiens qui ont trouvé refuge en terre centrafricaine. La RCA ne doit servir de cirque à la lutte politique tchadienne. Les hommes de Baba Laddé sont encore sur le territoire centrafricain. Certains rebelles du Nord ont trouvé refuge en RCA. Tout cela devient inextricable et ouvre la voix à une tension et des crises récurrentes en RCA, où les Centrafricains ne peuvent jamais être en paix dans leur propre pays et pourtant, ils cohabitent avec autant de nationalités depuis la nuit des temps.
 
MOTS CLES :  Centrafrique   Tchad   Km5   Immigration   Gouvernement 

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