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Centrafrique: le gouvernement et l'ONU condamnent les propos du chef de guerre Adam

Par AFP - 29/12/2017

Mathieu Simplice Sarandji, a condamné jeudi les propos du chef de guerre Noureddine Adam, qui avait traité le président Faustin-Archange Touadéra de "criminel" et menacé de marcher sur Bangui

 

Le Premier ministre centrafricain, Mathieu Simplice Sarandji, a condamné jeudi les propos du chef de guerre Noureddine Adam, qui avait traité le président Faustin-Archange Touadéra de "criminel" et menacé de marcher sur Bangui, tandis que l'ONU a averti qu'elle ne permettrait pas une déstabilisation du pays.

"Noureddine Adama déclare que le président Touadéra est un criminel. Mais qui est plus criminel que qui?", a lancé le Premier ministre sur la radio Ndeke Luka.

Dans un entretien à l'AFP mardi, Noureddine Adam avait traité le chef de l'Etat de "criminel" et dit qu'il pourrait "marcher sur Bangui", évoquant une "ligne rouge" dont "le gouvernement s'approche", notamment en réarmant l'armée nationale.

La force de l'ONU présente en RCA depuis 2014 a déclaré de son côté qu'elle "ne permettra pas que la paix et la stabilité du pays soient perturbées par qui que ce soit".

Dans un communiqué reçu jeudi par l'AFP, la Minusca ajoute que l'ONU "demeure déterminée à appuyer les autorités pour prévenir toute tentative de mettre en péril les acquis de la restauration de l'autorité de l'Etat".

Le Premier ministre a lui aussi réagi à la menace du chef de guerre.

"Noureddine Adam menace de descendre sur Bangui. Mais, qu'il descende alors. Qu'il n'attende pas. Qu'il se mette bien en tête que descendre sur Bangui est synonyme de tuer la population. Qu'il tue alors tous les Centrafricains pour venir prendre le pouvoir", a dit M. Sarandji, en sango, sur la radio Ndeke Luka.

 


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La politique du président Touadéra est "celle de la main tendue. C'est ainsi qu'il a toujours tendu la main aux groupes armés pour qu'ils renoncent aux violences et intègrent le processus DDR" de désarmement, démobilisation et réinsertion, a-t-il ajouté.

Dans l'entretien à l'AFP réalisé à Birao, dans son fief de la Vakaga, région isolée du nord de la Centrafrique aux frontières du Tchad et du Soudan, le chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) et co-fondateur de l'ex-coalition rebelle de la Séléka qui avait pris Bangui en 2013, a menacé de prendre Bangui une nouvelle fois.

Mercredi à l'Assemblée, lors d'une séance de questions au gouvernement, les députés se sont inquiétés des propos du chef de guerre et ont interpellé le gouvernement sur les "mécanismes mis en place pour éradiquer (les) entrepreneurs politico-militaires", selon les médias locaux.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L'Etat, décimé, n'a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l'or et du bétail dans ce pays qui est l'un des plus pauvres du monde.
 
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