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Elois Anguimate, militant de l’ouverture culturelle

Par Luidor NONO - 12/06/2011

Le philosophe centrafricain se penche sur son troisième roman

 

De tous les statuts que vous arborer, vous vous sentez à l’aise avec lequel, enseignant philosophe homme politique?
Tous les statuts me plaisent. Je ne suis pas un homme attaché à quelque chose de définitif. Je suis à la recherche de moi-même et cette recherche est continue. De temps en temps, je suis dans la peau de l’enseignant, du philosophe, de l’écrivain… etc.

Qu’est-ce qui fait que dans le contexte africain de l’époque vous vous intéressez à la philosophie?
Je suis arrivé à la philosophie par accident. Quand j’ai eu le baccalauréat, j’ai demandé à aller faire les sciences politiques. Comme en Afrique, faire les sciences politiques c’est devenir l’ennemi des gens au pouvoir, j’ai été convoqué à la présidence de la République où l’on m’a demandé si vraiment, je voulais faire les sciences politiques. Ça ne se présentait pas bien, mon professeur de philosophie de cette époque m’a convaincu de continuer dans cette voie puisque j’étais à l’aise avec la philo.

A ce jour qui sont vos grand auteurs de philosophie?
Durant mes classes, je me suis intéressé aux questions de sciences et de techniques. C’est en cela que j’enseigne à l’université de Bangui, ce que l’on appelle l’épistémologie, la logique et l’histoire des sciences et des techniques. Dans ces domaines, il y a beaucoup d’auteurs qui m’intéressent, ce sont des grands savants comme Louis Debreuil, Einstein, Gaston Bachelard sur lequel j’ai fait ma thèse. Ils sont nombreux.

 


© journaldebangui.com
Anguimate, l'homme de lettres
Il n’y pas des auteurs plus politiques qui confortent vos idéaux?
Ces gens que je cite sont ceux qui sont dans mon centre d’intérêt. Ils posent des questions qui touchent directement à l’histoire des sciences à la logique à l’épistémologie à la logique.

Lorsque vous êtes en France, qu’est-ce que vous faites de votre quotidien?
Je passe mon temps à écrire, je travaille sur mon recueil de poème et en continue dans la perspective de mon troisième roman. Je m’occupe!

[b Est-ce que vous pouvez comme ça évoquez le premier que l’on connait un peu «Difficile sera le parcours»?
C’est l’histoire d’un père et de d’un fils. Je mets en parallèle leurs parcours. Ils ont vécu dans un même lieu. Mais, ils ne l’ont pas vécu de la même manière. Le père lorsqu’il a quitté son village pour venir à Bangui, c’était dans le but de se faire une place au soleil. Il voulait trouver du boulot et pouvoir en vivre. Par contre, quand son fils quitte le même village pour Bangui, son but est de faire des études. Quand il se met à décrire à son père, Bangui la grande ville, c’est un autre regard de la ville que le fils donne à son père. Celui-ci ne se reconnait pas dans cette ville qu’il a connu avant son fils. Les préoccupations qui vont être celles du fils avec le temps ne sont pas celles de son père. Son père à passer du temps à courir pour un job, mais le fils finit es études, devient enseignant et se rend compte que dans l’administration, il y a des dysfonctionnements qui heurtent son éducation et son éthique. Il va penser entre temps venir au secours de son pays en devenant député. Une fois cet objectif atteint, il va se heurter à d’autres obstacles. A la suite d’une maladie, il va croiser la mort. Au village, l’on pense que ce sont des gens qui ont tué le fils.

On pourrait croire que c’est une autobiographie?
Non ce n’est pas le cas, puisque je ne suis député moi-même.

C’est quoi votre rêve africain pour vous?
Mon rêve africain c’est de voir l’Afrique sortir de la situation qui est la sienne en ce moment. Nous sommes dans un monde de compétitivité, où les gens aspirent à être bien. Malheureusement, la pauvreté nous a aveuglés au point où sans avoir fabriqué les armes, nous passons notre temps à nous entretuer pour rien. Alors que nous aurions pu unir nos forces pour bâtir un continent de rêve.

 


© Centrafrique-Presse
Le philosophe Anguimate Elois
L’on ne connaît pas Barthelemy Boganda comme philosophe, pourtant, vous prônez sa philosophie?
Boganda, n’était pas philosophe, c’est vrai. Il n’a pas fait des études de philosophie au sens vrai du terme. Mais quand il était au séminaire, il a étudié la philosophie. Boganda avait une vision du monde qui rime davantage avec humanisme, solidarité. En lui, je décèle une philosophie de l’humanisme. Je partage aussi, sa vision, son approche de la réalité de son époque qui est d’ailleurs celle d’aujourd’hui. Il a mené des combats qui sont des combats justes pour, comme il le dit lui-même, la libération de son peuple et la République Centrafricaine et au-delà du territoire de l’Oubangui Chari avec en même temps, le Zaïre, le Cameroun, l’Angola, le Burundi et le Rwanda. Il était le précurseur de ce qu’aujourd’hui on appelle la Ceeac – Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale

Quelle l’actualité de votre second ouvrage pour que vous en soyez déjà au troisième?
Le deuxième devrait être déjà sorti mais je n’ai pas eu le temps avec l’éditeur. Il va s’intituler, «Le soleil ne brillera pas». C’est une métaphore. Dans nos sociétés, il y a toujours quelqu’un sur lequel, nous fondons le grand espoir. Dans ce roman, je raconte l’histoire d’un africain, qui après avoir obtenu le baccalauréat en Afrique a eu le bonheur de venir en Europe. Il est parti avec l’espoir de tout un pays pour venir faire des études de médecine. On le voyait revenir au pays s’occuper de tout le monde. Malheureusement, il ne devient pas médecin, mais…Voilà, la suite dans le roman à sortir bientôt.

Et le troisième?
Disons que j’en suis encore à broder l’histoire. Cependant, je suis entrain de décrire la vie d’un enfant qui naît d’un couple de fonctionnaires et dont la mère meurt lorsqu’il n’a que quatre ans. Son père prend une autre épouse. L’enfant rencontre des difficultés avec cette marâtre. Il veut faire un voyage initiatique dans le village où sa mère a été inhumée mais est confronté à la mauvaise image que son père y a laissé. Il reste sur sa faim et revient à Bangui…
 
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