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Centrafrique : Les détenus de camp de roux dénoncent la violation de leur droit

Par RJDH Centrafrique - 01/12/2017

Les personnes détenues au Camp de Roux à Bangui ont dénoncé la violation de procédure pénale par le parquet dans le traitement de leurs dossiers.

 

D’aucuns se disent des prisonniers politiques et ayant dépassé largement le délai de garde à vue prévue par la loi. Position exprimée lors de la visite du Cardinal Dieudonné Nzapalaïnga en prélude à la fête du 1er décembre.

77 présumés criminels sont en détention au Camp de Roux à Bangui, des sources proches du parquet de Bangui, indiquent au RJDH qu’il n’y a pas péril en la demeure. Selon ces sources, l’instruction en matière criminelle peut prendre trois ans. En outre, ces personnes sont des potentiels clients de la Cour Pénale Spéciale et donc les dossiers suivent leur cour. Ce qu’ils qualifient de violation de leur droit ce n’est pas vraiment cela parce que la session criminelle qui normalement devrait se tenir deux fois par an, se tient une fois pour des questions budgétaires. Peut-on comprendre de l’explication.

Un détenu du Camp de roux explique la violation de leur droit en ces termes « la justice ne respecte pas le droit des détenus et viole quotidiennement les prescriptions du code pénal et de la procédure pénale en ce qui nous concerne. Normalement, la détention provisoire est prévue pour 72h mais ceci n’est pas respectée par la justice. On peut faire 1 mois, ou 17 jours et après on nous transfert au Camp Deroux sans pour autant passer devant le juge d’instruction, ni comparaitre de façon contradictoire. Tant est si vrai que nous avons commis des actes qui n’ont pas trait à la loi, la justice devrait nous juger mais c’est plutôt le contraire » a lâché un détenu qui appelle au respect des droits de personne détenue.

Ils se disent être des prisonniers politiques « il y a parmi nous des gens qui ont fait 3 et 4 ans mais qui sont toujours là en prison, nous savons très bien qu’ici c’est une prison politique qui est sous l’autorité du chef de l’Etat .à chaque fois qu’on libère un dès notre la Minusca doit venir vérifier.La lenteur de la justice dans le pays n’est pas acceptable, la justice a même déclaré un non-lieu dans le procès d’un des nôtres le 17 juin dernier mais bizarrement il est toujours resté en prison la décision du juge qui devrait être exécuté n’a même pas été respectée .Si on n’arrive pas à respecter le code pénal qu’est-ce que on va faire du pays ? » se désespère-t-il.

La plainte des détenues est exprimée dans un contexte où la Cour Pénale Spéciale attend la prestation de serment d’un juge internationale et intervient au moment où l’instruction avance. Des sources judiciaires confirment l’acquittement de certains détenus qui dans la foulé sont poursuivis pour assassinat de leur camarade de prison.

 

 
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