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L’ONU enquête sur l’inefficacité des Casques bleus en Centrafrique

Par Centrafrique-presse.over-blog - 17/11/2017

La poursuite des violences sur fond de tensions ethniques a eu pour conséquences une augmentation de plus de 50 % du nombre de Centrafricains déplacés depuis le début de l’année

 

Les Nations Unies ont annoncé lundi le lancement d’une enquête spéciale indépendante portant sur un certain nombre d’incidents survenus dans le sud-est de la République Centrafricaine (RCA) entre le 1er mai et le 31 août 2017.

Les Casques bleus de la Minusca ont-ils correctement rempli leurs missions ? C’est la question à laquelle le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) veut apporter une réponse. Lundi, il a annoncé le lancement d’une enquête spéciale indépendante, dans un contexte de détérioration de la sécurité dans le sud-est de la République Centrafricaine.

La poursuite des violences sur fond de tensions ethniques a eu pour conséquences une augmentation de plus de 50 % du nombre de Centrafricains déplacés depuis le début de l’année. 600 250 Centrafricains sont actuellement déplacés à l’intérieur de la Centrafrique et plus de 500 000 autres ont trouvé refuge dans les pays voisins de la RCA. « Un bond en arrière » de trois ans pour la cheffe adjointe de la MINUSCA. Ces chiffres sont effectivement identiques à ceux de 2014.

Les Casques bleus dans le viseur

« L’enquête portera sur les attaques menées contre des civils par des groupes armés à proximité de la présence de la MINUSCA (Mission intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique) dans les préfectures de Haute-Kotto, Basse-Kotto, Mbomou et Haut-Mbomou, ainsi que la réponse de la Mission à ces incidents », explique le Département des opérations de maintien de la paix.

L’enquête sera menée en vue d’améliorer la capacité de la MINUSCA à prévenir la violence et à protéger les civils de menaces imminentes dans la mesure de ses capacités et dans ses zones de déploiement. Elle formulera des recommandations pour remédier à toute lacune, le cas échéant, a précisé le DOMP.

Serait en particulier visé le contingent marocain de Bangassou (à 700 km à l’est de Bangui) dont le manque de réactivité a été critiqué. Cette unité a elle-même été visée par des attaques et huit de ses soldats ont péri. L’absence de Casques bleus à Gambo, préfecture du Mbomou, théâtre de violences, a aussi été dénoncée, la MINUSCA étant même accusée d’avoir été complices d’un des belligérants.

L’équipe d’enquêteurs sera dirigée par le général béninois Fernand Marcel Amoussou. Ancien Chef d’état-major des forces armées béninoises de 2000 à 2005, Amoussou a commandé la Force de l’Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) de 2006 à 2010.

Cette décision intervient alors que le mandat de la MINUSCA va être prolongé et que les effectifs onusiens pourraient être augmentés de 900 hommes. La force serait autorisée à déployer sur le terrain jusqu’à 11 650 personnes, dont 2 080 policiers et 480 observateurs militaires.

 

 
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