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Mémorandum des Partis Politiques de l’Opposition Démocratique

Par Centrafrique Presse Info - 30/10/2017

La République Centrafricaine, malgré les élections qui l’ont dotée d’institutions démocratiques, continue de connaître la persistance de l’insécurité

 

La République Centrafricaine, malgré les élections qui l’ont dotée d’institutions démocratiques, continue de connaître la persistance de l’insécurité. Les violences multiformes perpétrées sur les populations civiles par les groupes armés sont les plus graves jamais connues dans l’histoire de notre pays. Les conséquences sont tragiques : massacres de masse, mutilations, viols, incendies de quartiers ou de villages entiers, pillages, etc. La liste des régions et villes martyrs et sinistrées s'allongent jour après jour à l'instar de Batangafo, Bangassou, Zémio, Kaga-Bandoro, Ngakobo, Gambo, Alindao, Mobaye, Koui, Rafaï, Bria, Niem, Yelewa, Bocaranga, Kembé, Pombolo et bien d'autres encore. Plus d'un million de centrafricains sont des déplacés internes ou des réfugiés dans les pays voisins et plus de la moitié de la population a besoin d’aide humanitaire d’urgence.

Le Gouvernement a perdu le contrôle d’au moins 12 préfectures sur les 16 que compte la RCA.

L’absence de Forces nationales opérationnelles rend illusoire la restauration de l’autorité de l’Etat et les responsables de l’Administration récemment nommés ne disposent objectivement d’aucun moyen de contrôle des localités occupées par les groupes armés.

Le pouvoir exécutif fait montre d’un profond déficit de leadership qui compromet une légitimité pourtant issue des urnes et qui rend impossible toute perspective de sortie de crise à court ou moyen terme. Cette situation fait courir à notre pays un risque de désintégration ou de partition aux conséquences désastreuses, sur fond de prédation des ressources naturelles du pays comme l’or, le diamant, le bois, le commerce du bétail etc.

La crise est désormais multiforme : elle est sécuritaire, humanitaire, économique, financière, judiciaire, etc. Mais une succession d’analyses erronées sur la manière de l’aborder a malheureusement favorisé son instrumentalisation en conflit communautariste, avec un agenda caché qui pourrait être nuisible à l’unité nationale.

Les Partis Politiques de l’Opposition démocratique soussignés sont conscients de la gravité, de la profondeur et de la complexité de la crise.

Ils saluent les efforts multiformes et constants de la Communauté internationale et singulièrement ceux des Nations Unies, pour aider notre pays à sortir de cette spirale de violence.

Cependant, ils déplorent la non prise en compte des suggestions et avis pertinents des acteurs politiques et sociaux , ce qui aurait permis une meilleure lecture de la crise.

Ils regrettent en outre que la non application par la MINUSCA du mandat robuste qui lui a été conféré par le Conseil de Sécurité des Nations ait favorisé la prolifération des groupes armés et leur surarmement.

Devant cette situation catastrophique, les partis politiques soussignés estiment que seule une conjugaison des efforts nationaux avec ceux de la communauté internationale pourrait faire naître l’espérance d’une sécurisation véritable et d’une pacification de notre pays.

 


© Droits reservés

Aussi leurs propositions de sortie de crise s’articulent-elles autour des principaux axes suivants :

L’organisation concertée d’un leadership au sommet de l’Etat, autour des valeurs républicaines de paix, d’unité nationale, de cohésion sociale, de réconciliation nationale, de lutte contre l’impunité, de sauvegarde de l’intégrité du territoire ;
La prise en compte du fait que la République Centrafricaine demeure un pays en conflit et donc la nécessité de renforcer le mandat de la MINUSCA pour en faire une force d’imposition de la paix ;
La stricte application par la MINUSCA de son mandat actuel, notamment la Résolution 2149 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 10 avril 2014 qui lui a assigné des objectifs spécifiques en matière de désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement, à savoir « Regrouper et cantonner les combattants, et confisquer et détruire, selon qu’il convient, les armes et munitions de ceux qui refusent de les déposer » (article 30 g) iii).
L’extrême nécessité de veiller à ce que toutes les forces de la MINUSCA ne soient dotées que d’unités combattantes, avec des règles d’engagement très précises et offensives ;
L’attention à porter sur le choix des dirigeants de la MINUSCA pour qu’ils conservent une neutralité absolue, tant au niveau politique que dans la gestion du conflit. Des prises de position guidées par l’émotion ou par une quelconque sympathie envers une communauté pourraient participer de l’instrumentalisation du conflit et de la paralysie du dialogue politique nécessaire ;
La levée de l’embargo sur les armes et la mise en orbite opérationnelle, progressive et urgente des Forces Armées Centrafricaines qui doivent être techniquement restructurées, matériellement équipées et ethniquement rééquilibrées, pour leur permettre de participer aux opérations de sécurisation du pays aux côtés des forces onusiennes ;
L’exigence de justice rejetant toute idée d’amnistie afin que les auteurs des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité soient traduits à bref délai devant les juridictions nationales et internationales, pour permettre aux victimes d’avoir réparation ;
L’organisation du tarissement des sources de revenus des groupes armés et la paralysie de leurs activités de prédation des ressources naturelles du pays en application de la résolution 2301(2016) du Conseil de Sécurité des Nations Unies
L'appropriation nationale de la feuille de route de l'Union Africaine et sa mise en œuvre immédiate.


Les Partis Politiques de l’Opposition démocratique soussignés remercient le Secrétaire Général des Nations Unies pour sa présence en terre centrafricaine et lui traduisent l’espoir que le Peuple centrafricain met dans l’attente des résultats concrets que sa visite pourrait susciter au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
 
MOTS CLES :  Centrafrique 

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