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Afrique centrale: le trafic d'ivoire s'internationalise

Par AFP - 07/09/2017

Le trafic de l'ivoire en Afrique centrale s'est internationalisé à travers un renforcement des réseaux criminels internationaux, notamment chinois

 

Le trafic de l'ivoire en Afrique centrale s'est internationalisé à travers un renforcement des réseaux criminels internationaux, notamment chinois, selon les conclusions d'une étude du Fonds mondial pour la nature (WWF) publiée jeudi.

"Trois facteurs compromettent gravement la lutte contre le trafic d'ivoire en Afrique centrale: la faible gouvernance, la corruption et de l’évolution changeante du commerce", indique un communiqué du WWF.

"Le rapport révèle qu'en Afrique centrale, les marchés domestiques ouverts d’ivoire disparaissent principalement en raison des efforts d'application de la loi et de la concurrence avec les réseaux criminels souterrains. A leur place, un commerce international sophistiqué s’installe, favorisé par un haut niveau de corruption et une faible gouvernance", ajoute le WWF.

"L’étude révèle en effet que les réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois, opèreraient dans la sous-région et deviendraient désormais des acteurs clés du commerce d’ivoire", poursuit WWF.

"Des actions doivent donc être prises sur l’ensemble de la chaine commerciale, dans les pays sources d’Afrique centrale (lutte contre le braconnage, les marchés noirs et la corruption, renforcement de la gouvernance…), aux niveaux régional et international pour lutter contre les organisations criminelles liées à la faune sauvage, et dans les pays consommateurs en Asie pour réduire la demande", estime Sone Nkoke, membre de l'ONG et auteur du rapport.

 


© Droits reservés

La Chine, premier consommateur mondial, a officiellement annoncé la fin du commerce de l'ivoire d'ici fin 2017.

Les enquêteurs du WWF "se sont fait passer pour des acheteurs sur les marchés et les ateliers d'ivoire" de cinq pays d'Afrique centrale: Cameroun, Centrafrique, Congo Brazzaville, République démocratique du Congo et Gabon en 2007-2009 puis 2014-2015.

"On estime qu’environ 20.000 éléphants meurent chaque année en raison de leurs défenses en ivoire", rappelle Stéphane Ringuet, membre du WWF et co-auteur du rapport.

Le nombre de pachydermes de savane a baissé de 30% entre 2007 et 2014, principalement en raison du braconnage, estimait fin août 2016 un recensement de l'organisation Great Elephant Census.

Au Gabon, les populations d'éléphants de forêt, plus petit que l'éléphant de savane, du parc de Minkébé dans le nord-est, à la frontière avec le Congo et le Cameroun, ont chuté de près de 80% en une décennie, selon une récente étude de l'Université de Duke en Caroline du Nord.

Dans le nord de la Centrafrique, pays en proie à un violent conflit et avec une faible présence du gouvernement au-delà de la capitale Bangui, plus aucun éléphant n'a été observé, selon le dernier recensement de l'ONG Widlife Conservation Society (WCS) révélé début juillet.
 
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