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Centrafrique : Faca, une armée nationale sans base, sans camp et sans service.

Par Corbeau news - 16/08/2017

La République centrafricaine, probablement l’unique pays au monde qui dispose d’une armée nationale mais qui n’a pas un casernement, du moins en état du fonctionnement

 

La République centrafricaine, probablement l’unique pays au monde qui dispose d’une armée nationale mais qui n’a pas un casernement, du moins en état du fonctionnement. Même si numériquement on compte environ 7 casernes militaires sur tout le territoire national, on peut voir à ce jour un seul quartier militaire en état du fonctionnement malgré son état du délabrement avancé. À ce titre, on se demande de savoir comment la RCA peut-elle se retrouver à ce stade ?

Dans les années 1970 et 1980, les Forces Armées Centrafricaines communément appelées Faca faisaient partie des meilleures forces de défense en Afrique francophone. Malheureusement, cette belle époque est désormais loin derrière les Centrafricains. L’armée centrafricaine, connue sous l’acronyme de Faca, n’est que l’ombre d’elle-même depuis le déclenchement d’une série des crises militaro-politiques dans le pays depuis près de vingt ans. Toutes les structures de rassemblement, d’entraînement, de formation, de consignation et du casernement sont quasiment inexistantes ou détruites. Même l’armurerie, cette armée n’en dispose pas une. Pour preuve, les armes et effets militaires ramassés de part et d’autres sont entreposés dans un bâtiment vétuste et ont été purement et simplement repris par leurs anciens utilisateurs. Plus graves, les hommes et femmes qui la composent sont recrutés sur des critères ethniques.

Autre constat alarmant et même visible, c’est le manque cruel des structures du casernement des militaires. Sur les 4 casernes militaires en état du fonctionnement ces vingt dernières années, seule celle du camp Fidèle Obrou continue d’abriter quelques dizaines des officiers, sous-officiers et hommes du rang en difficultés, selon les termes mêmes de certains occupants. Là encore, c’est par miracle qu’on n’a pas enregistré des incidents malheureux, genre incendie ou écroulement. Pour beaucoup des Centrafricains, cela ne va pas tarder, car vu l’état avancé du délabrement des bâtiments occupés, on ne peut que s’attendre à un tel événement dans les mois à venir.

D’après un sergent-chef qui occupe actuellement l’un des logements dans cet immeuble du camp contacté par CNC, lorsqu’il pleut, il reçoit 5 minutes plus tard, chez lui au premier étage, des goutes d’eau de pluie qui traversent l’étage au-dessus de lui et qui viennent certainement du toit de l’immeuble construit dans les années 70.
Le camp militaire des gardes républicaines qui jouxte le camp Kassaï militaire est totalement à l’abandon. Seulement, le camp Kassaï militaire que quelques bâtiments ont été malgré tout réhabilités par l’Eufor mais ceux-ci sont actuellement utilisés dans le cadre de la formation des soldats. Toutes les autres structures sont devenues soit des quartiers des rebelles soit des gares routières. Ce sont les cas des casernes de camp Béal à Bangui, du camp Leclerc de Bouar.

A cela s’ajoute la perte de leurs services régaliens. N’étant plus déployés pour la protection du territoire, les militaires se reversent tous dans les fonctions des gardes du corps des proches parents. « Si vous avez un parent dans l’armée et une fois nommé à une haute fonction de l’Etat, il vous fait son garde du corps » nous a fait savoir un soldat.

D’après les priorités actuelles du président Faustin archange TOUADÉRA, la réforme du secteur de La Défense et de la Sécurité figure en bonne place, ce qui sous-entend que la réhabilitation et la construction des casernes militaires seraient aussi prises en comptes.
Selon un conseiller du chef de l’État, des discussions avec les partenaires de la Centrafrique sur ce point avancent bien et les choses vont changer bientôt. D’après ce conseiller, « Les problèmes du pays sont nombreux et partout que l’on ne peut jamais résoudre d’un seul coup. Il est donc nécessaire de travailler sur le sujet en fonction des priorités des priorités ». Et de conclure « la remise des moyens roulants aux Faca dernièrement par le chef de l’État constitue une étape après celle de la formation de certains soldats par l’Eufor ».

Pour des nombreux Centrafricains qui se réjouissent de l’engagement du chef de l’État à réformer les Faca, il est temps que les choses changent. Cela doit commencer par un changement du comportement de certains chefs militaires qui semblent tirer d’énormes bénéfices dans ce désordre des Faca.

 

 
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