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«Watch list» présente son rapport sur des enfants dans des conflits armés

Par kp - 23/05/2011

Trois groupes sont responsables de crimes atroces à l’égard des enfants et commettent encore quatre des six abus graves contre des enfants centrafricains

 

Le rapport de Watchlist intitulé «Un avenir incertain? Enfants et conflit armé en République Centrafricaine» a été présenté dans la salle de conférence de l’alliance française de Bangui le mercredi 18 mai 2011 en présence des autorités centrafricaines, des représentants des différentes ONG humanitaires qui avaient contribué aux enquêtes qui ont abouti au rapport présenté ce jour. Les différents exposés du rapport ont été respectivement faits par Mme Laura Perez de Watchlist et de l’IDMC, qui a basé son intervention sur l’introduction du rapport. Ce rapport a été rédigé l’Observatoire des situations des déplacés internes du Conseil danois des réfugiés. Le rapport a bénéficié de la contribution de Cooperazione Internazionale (COOPI), du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et le comité international de secours (IRC); mais aussi le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le comité international de la Croix Rouge (CICR).

 


© journaldebangui.com
Le panel présentant le rapport
Selon le rapport, «en République Centrafricaine les enfants sont confrontés à des abus et des violations graves de leurs droits humains. De nombreux groupes armés sévissent dans l’ensemble du pays, terrorisant les communautés et enlevant les enfants». Trois groupes, responsables de crimes atroces à l’égard des enfants et commettant encore quatre des six abus graves contre des enfants centrafricains sont cités dans ce rapport à savoir l’Armée de résistance du seigneur (LRA) qui attaque des villages en République centrafricaine et enlèvent des enfants. Il y a aussi la convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), seul groupe rebelle du pays encore actif et combattant le gouvernement (donc non signataire de l’accord global de paix). Cette rébellion recruterait ou emploierait des enfants soldats et attaquerait des écoles dans le nord-est du pays. Enfin, des groupes d’autodéfense créés par les communautés pour se protéger contre les attaques, recrutent des enfants dès l’âge de 12 ans et les utilisent pour combattre.

Le rapport souligne que «pour ne rien arranger, les systèmes de surveillance des violations et de protection et d’assistance des enfants en République Centrafricaine sont quasiment inexistants; à l’exemple du mécanisme de suivi et de communication de l’information (MRM) des Nations Unies, créé par la résolution 1612 du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour répondre aux six abus graves commis contre des enfants, qui est pratiquement en sommeil depuis sa mise en place en 2008.» Dans sa conclusion, le rapport fait état des différentes situations des enfants, enlevés, enrôlés ou détenus par les différents groupes.

 


© journaldebangui.com
Le public dans lors de la présentation du rapport
Au sein de la LRA, les garçons retenus en captivité dans le sud-est du pays sont entraînés à l’emploi des armes avec lesquelles ils sont forcés à commettre des atrocités comme le pillage et l’incendie des villages, l’assassinat de villageois et l’enlèvement d’autres enfants. Quant aux filles, elles sont forcées de faire des travaux domestiques, et sont données comme esclaves sexuelles aux commandants de la LRA. Certains d’entre eux qui parviennent à s’échapper, rencontrent des difficultés pour rentrer chez eux car le voyage peut parfois durer jusqu’à dix mois mais malheureusement, ils bénéficient rarement des soins psychosociaux dont ils ont tant besoin ou de l’assistance adéquate pour se guérir de ces expériences traumatiques.

Au sein de la CPJP qui recrute ou emploie ces enfants, bien que des rapports indiquent que la CPJP continue de recruter des enfants, l’absence d’accès des organisations humanitaires aux régions situées sous le contrôle de cette rébellion, a rendu impossible pour la communauté humanitaire de recueillir des informations sur le nombre d’enfants susceptibles d’avoir été recrutés par la CPJP, le nombre de filles parmi eux, le nombre de violences sexuelle et la volonté de la CPJP de libérer des enfants parmi ses rangs. Notons que lors du débat qui a suivi la présentation du rapport, le colonel Mbaïgoto de l’APRD a précisé que son mouvement n’a jamais recruté des enfants. Selon lui, ce sont les enfants en situation catastrophiques, qui cherchent à se réfugier dans leur camp afin d’avoir de quoi à manger.
 
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