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Ramadan : le dilemme des commerçants du km5

Par ACAP - 20/06/2017

Le jeûne du Ramadan, qui a débuté à Bangui le 27 mai dernier, s'est accompagné d'une augmentation des prix des produits alimentaires durement ressenti au km5

 

Le jeûne du Ramadan, qui a débuté à Bangui le 27 mai dernier, s'est accompagné d'une augmentation des prix des produits alimentaires durement ressenti au km5, le principal secteur musulman de la capitale centrafricaine.

Cette tendance à augmenter les prix s'observe également chez des commerçants musulmans, pourtant conscient que le mois de Ramadan, mois saint faisant partie des cinq principes de l’Islam, est aussi un moment propice au pardon et à l’aumône. « Avant le Ramadan, le Koro de mil ou de sorgho, de maïs ou de riz coûtait moins de 1.000 F. Depuis que le Ramadan a commencé, le même koro monte à 1.500 F ou plus", Se plaint une dame. «Et dire que cette hausse des prix est l’œuvre des musulmans », S’exclame une autre femme, le panier en main, qui se demande si cette hausse se justifie.

Pour Youssouf Djibrin, opérateur économique, c’est à cause des tarifs douaniers sur certains produits importés dont le sucre, la farine, l’huile, l’arachide, le riz et le macaroni etc… que les prix ont augmenté. Un argument rejeté par Halim Mahamat, délégué des commerçants centrafricains : « l’augmentation des prix par certains commerçants ne respecte aucune logique. Même si les taxes sont imposées, il n’y a pas de raison d’augmenter les prix en ce mois de Ramadan, un moment de partage et de pardon. Le mois de Ramadan nécessite l’honnêteté des musulmans, qu’ils soient commerçants ou autres ».

L’augmentation des prix des denrées de première nécessité en ce mois saint n’obéît donc à aucune logique, même pas douanière puisque les produits locaux non soumis aux taxes douanières ont également vu leurs prix gonflés. La seule explication possible semble être la cupidité de certains commerçants, y compris de confession musulmane, qui veulent profiter de cette période de grande consommation de produits vivriers pour se remplir les poches, sans trop de considération pour les principes religieux.

Le délégué des commerçants centrafricains, Halim Mahamat rappelle à tous les commerçants, et surtout ceux de confession musulmane, de se conformer au Livre Saint et à la loi du pays car il est inadmissible d’augmenter les prix pendant le mois de pardon. C’est un moment de paix, de pardon et de bénédiction, conclu-t-il. Sera-t-il entendu?

 

 
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