INTERVIEW  |    

Redynamiser les prestations en faveur des patients à l’Hôpital communautaire

Par Sebastien Lamba - 11/05/2011

Romain Guitinzia, le Directeur de l’Hôpital Communautaire, compte sur des appuis techniques et matériels adéquats à Bangui

 

Monsieur le Directeur, dites-nous quel est l’état des lieux de cet institut depuis votre prise de service
L’état des lieux au départ à l’hôpital Communautaire s’est avéré très difficile. L’un des problèmes majeurs que l’hôpital Communautaire éprouve pour son fonctionnement, c’est d’abord la démotivation du personnel qui est liée à la faiblesse des plateaux techniques dont les matériels demeurent rudimentaires et archaïques, faute d’investissements. Il était difficile que les prestations du personnel médical puissent être à la hauteur des attentes de la population. En dehors de cela, il faut reconnaître qu’un hôpital doit être propre parce que l’insalubrité dans un hôpital rend un environnement difficile à gérer. L’hôpital, c’est d’abord un environnement qui reçoit tous les malades. Il doit être régulièrement traité en vue de permettre aux patients de ressortir avec affection.

Je vous disais que l’état des lieux était très déplorable et difficile à cause des moyens qui étaient mis à la disposition du personnel médical. Certes, les choses qui ne nécessitent pas de l’argent, mais un problème de conscience professionnelle n’a pas besoin des moyens matériels, ni financiers. C’est vraiment cette réelle volonté qui peut aboutir à dompter certaines difficultés.

Nous pensons que les hôpitaux centrafricains méritent d’être considérés, nous avons besoin des appuis pour récréer l’environnement qu’il faut assurer à la population.

 


© journaldebangui.com
Romain Guitinzia, le Directeur de l’Hôpital Communautaire
Selon une certaine opinion, les hôpitaux centrafricains sont considérés comme des mouroirs et fonctionnent mal?
Je pense que c’est une mauvaise idée de dire que les hôpitaux centrafricains sont des mouroirs. C’est vrai qu’il y a des difficultés, mais je crois que dans une société, il y a toujours des gens qui se donnent au travail. Par conséquent, on ne peut pas dire que les hôpitaux centrafricains sont des mouroirs pour la simple raison que nous avons des ressources humaines qui ont besoin des outils appropriés afin de mettre en pratique ce qu’ils ont appris théoriquement. Je vous disais tout à l’heure que mon premier constat était une démotivation du personnel qui s’explique par le manque de matériels pouvant leur permettre d’exercer avec professionnalisme le travail. Ce faisant, les gens projettent des pensées illusoires que le personnel ne travaille pas. Mais, je pense bien qu’avec le temps, nous nous battrons et avec l’appui du gouvernement pour corriger les défauts et tout dépend de la volonté du personnel. Pour transcender les difficultés, il s’agit tout simplement d’une volonté manifeste pour y arriver, et non de se conformer aux problèmes matériels et financiers. Nous pensons que les hôpitaux centrafricains méritent d’être considérés autrement. Nous avons vraiment besoin d’un appui multiforme pour nous permettre de recréer afin de rassurer la population en général.

Quels sont les différents services de cet établissement hospitalier?
Cet établissement hospitalier est une structure hospitalo - universitaire qui a été inauguré, le 30 mars 1991. A ce titre, l’hôpital Communautaire totalise 20 ans d’existence. C’est l’un des grands complexes hospitaliers de notre pays. Sa capacité d’accueil est de 277 lits. L’hôpital communautaire dispose des services suivants: un service de gynécologie obstétrique, de médecine interne, d’orthopédie traumatologie, des urgences médicales, des urgences chirurgicales, de radiologie, d’otologie de laboratoire, un centre du traitement ambulatoire pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA, de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle enfin, a créé une invitée de consultation dermatologie. Voilà en gros les différents services que regorge l’hôpital communautaire et qui permettent à la population d’être orientée.

Comment fonctionnent l’Hôpital Communautaire et quels sont ses moyens de ressources?
L’hôpital Communautaire fonctionne avec très peu de moyens. Nous recevons la subvention de l’Etat et les recettes qui sont générées à travers les consultations externes et autres. Mais, ces moyens ne sont pas suffisants parce que, un hôpital comme le nôtre est une structure hospitalo-universitaire avec la vocation de former des cadres de santé et du personnel médical, afin de répondre à l’attente de la population, des autorités qui font beaucoup d’efforts en appuyant cet hôpital.

 


© journaldebangui.com
Lors de la journée des sages-femmes
En dehors de l’Etat le principal bailleur, vous n’avez pas d’autres partenaires?
Je crois qu’au niveau du département de tutelle, il y a beaucoup de partenaires extérieurs qui nous appuient. Il y a l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le FNUAP, l’UNICEF et d’autres partenaires répondent régulièrement à l’appel du ministère de la Santé Publique pour un appui aux centres hospitaliers en RCA.

Parlez-nous de vos principales difficultés et vos perspectives.
Nos difficultés se situent au niveau des plateaux techniques. Quand un hôpital à des plateaux techniques très vétustes, le personnel va se confronter à de graves problèmes. Nous souhaitons avoir des appuis techniques et matériels adéquats afin d’améliorer et de redynamiser les prestations en faveur des patients qui viennent dans cet hôpital. En perspective, nous sommes entrain de faire en sorte que l’hôpital reflète l’image des autres hôpitaux du monde en luttant contre l’insalubrité. C’est un point qui ne nécessite pas beaucoup d’appuis financiers mais, c’est une question de volonté individuelle. Je demanderai aux parents qui accompagnent les patients de comprendre que l’environnement sanitaire doit être entretenu. Nous avons commencé à les sensibiliser. Nous déplorons le comportement de certains accompagnants qui salissent très vite les mûrs. Il faudrait que la population puisse nous aider. D’autres perspectives, il faudrait qu’on laisse les gens travailler que les heures de visite soient observées scrupuleusement au lieu d’encombrer l’hôpital pendant les heures du travail car, parmi les gens qui viennent souvent, il y a des voleurs. Face à cette situation, c’est la confusion totale. Donc, nous demanderons aux gens de nous aider afin qu’on puisse assainir la situation.

Avez-vous un message?
Le message que je lancerais à l’endroit du gouvernement, c’est de continuer à nous appuyer comme d’habitude afin que les demandes de la population puissent être prises en compte. A l’endroit des partenaires de nous doter des matériels appropriés et adéquats par rapport aux besoins que nous exprimons, et qu’ensemble nous arrivions à apporter ce qu’il faut pour la population qui souhaite être prise en charge.
 

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