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Djibouti: Ismaël Omar Guelleh, troisième édition

Par Stéphane Aubouard - 11/05/2011

Le président de la République de Djibouti Ismaël Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, a prêté serment pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête de son pays

 

Le président sortant avait réélu le 8 avril dernier avec 80,63 % des suffrages, lors d’une élection présidentielle boycottée par une partie de l'opposition. Lors de la cérémonie d'investiture, Ismaël Omar Guelleh s'est engagé à lutter contre le chômage et promit la construction d'une voie ferrée électrique reliant Djibouti à la capitale éthiopienne Addis-Abeba. En revanche, celui qui avait assuré il y a un mois au moment des résultats que ce mandat serait son dernier ne l'a pas rappelé lors de son discours d'investiture. Un discours prononcé devant un parterre de politiques dont l'Indépendant Mohamed Warsama Ragueh, seul et unique candidat à s’être présenté devant le président sortant. La cérémonie s'est déroulée au Kempinski Palace de Djibouti en présence également de leaders étrangers dont le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi, le président somalien Sharif Cheikh Ahmed, le vice-président yéménite Abdrabouh Mansour Hadi et le Premier ministre rwandais Bernard Makuza. La France et les États-Unis étaient représentés respectivement par Henri de Raincourt, ministre chargé de la Coopération, et Karl Wycoff, sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires africaines.

 


Ismaël Omar Guelleh
Nouveau pied de nez à la justice internationale
Mais la présence la plus remarquée fut celle du président soudanais Omar El-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) depuis 2009. Premier chef d'État en exercice visé par un mandat d'arrêt de la CPI, Omar el Béchir est poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis au Darfour, et depuis 2010, pour crime de génocide toujours commis dans cette région de l'ouest du Soudan. La présence du président soudanais à l’investiture du président Guelleh est une nouvelle gifle infligée à la crédibilité de la Cour pénale internationale. Après le Kenya et le Tchad, Djibouti est le troisième pays membre de la CPI à accueillir le président O. el Béchir en moins d'un an. Les statuts de la CPI obligent pourtant les pays membres à arrêter sur leur territoire toute personne faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international émis par la justice internationale.

 

 
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