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Centrafrique : Jeffrey Hawkings l’ambassadeur des USA optimiste du retour de la paix et la justice

Par RJDH Centrafrique - 20/03/2017

L’ambassadeur des USA en Centrafrique se dit optimiste du lendemain de la RCA et a exprimé le soutien de son pays dans plusieurs domaines.

 

L’ambassadeur des USA en Centrafrique se dit optimiste du lendemain de la RCA et a exprimé le soutien de son pays dans plusieurs domaines. Position exprimée dans une interview accordée au RJDH à Bangui.

RJDH : Monsieur l’ambassadeur bonjour !
Ambassadeur Jeffrey Hawkings : Bonjour

Merci encore de disponibilité au RJDH, dans le cadre de nos émissions, nous avons prévu de vous recevoir juste après votre visite à Bambari. Qu’est-ce que vous avez constaté ? Est ce qu’il y a de l’espoir pour la paix et la sécurité de la population qui est dans la zone ?
Effectivement quand on dit mon déplacement, ce n’était pas vraiment le mien, c’est le déplacement du président (NDLR : Faustin Archange Touadéra) et du vice-président de la Banque Mondiale. Je pense qu’il y a une lueur d’espoir à Bambari, ce n’est pas pour autant dire que tous les problèmes sont réglés… il y a des groupes armés qui contrôlent la ville, il y a la coalition FPRC qui menace parfois, mais quand même, on voit les prémices de changement. Premièrement, je n’ai jamais vu autant de coopération entre la communauté d’une part et du gouvernement d’autre part. On a un plan intégré de la Minusca de réoccuper cette ville qui a été longtemps contrôlée par les groupes armés. Un plan qui a un volet sécuritaire…, renforcement de l’Etat, mais l’agriculture et la justice, etc. Le vice-président de la Banque a annoncé 6 milliards de Francs pour Bambari…

Quelles sont les opportunités qui se trouvent dans cette zone avec le retour de l’autorité de l’Etat, est ce qu’il y a l’espoir avec les activités agro-pastorales qui peuvent aider la zone à se relever ?
C’est vraiment l’espoir de tout et chacun avec des projets. On a des projets à court termes mais aussi à long termes. On doit investir dans l’agriculture, on parle surtout du coton qui était important par le passé dans cette zone et qui est tombé en ruine. Il y’a d’autres projets à Bambari pour appuyer la police et la gendarmerie avec le département d’Etat, le système pénitentiaire. Chacun fait d’efforts pour renforcer cette initiative de paix dans une ville qui est critique pour le pays.

On sait très bien que la question de la sécurité est très importante et aussi les groupes armés qui sont à Bambari et dans les régions environnantes, certains n’ont pas pris part au processus DDRR, est ce que cela montre un peu d’inquiétude ou il y a encore d’espoir ?
Je pense que les groupes armés se sont positionnés mais les deux derniers groupes se sont adhérés au processus DDRR, le FPRC et les Anti Balaka de Mokom ont finalement envoyé des représentants au Comité Consultatif ce qui montre qu’ils voient l’inerte de coopérer et l’on va faire des avancements. Je ne vais pas être trop optimiste, je ne vais pas être trop idéaliste, ces groupes armés, ce ne sont pas des démocrates, ce ne sont pas des patriotes, ce sont des brigands mais quelque part je pense, on fait des petits avancements en même temps, on voit des FACA qui commencent à s’organiser un tout petit peu, il y aura le premier bataillon formé par l’Union Européenne le mois prochain, on voit la police et la gendarmerie qui recrutent de nouveaux éléments, il y a quand même quelque chose qui se passe.

Selon votre lecture personnelle est ce que la Minusca que les Etats-Unis appuient beaucoup peut faire encore mieux pour qu’il n’y ait plus de paix à l’intérieur du pays ?
Bien sûr que la Minusca peut faire mieux, mais il y a un point essentiel, un très bon travail ou moins bon; la Minusca travaille pour préparer le terrain aux FACA, à la police et à la gendarmerie renouvelées. Il faut vraiment encourager la Minusca à faire mieux. Le président Faustin Archange Touadéra est en ce moment à New-York pour interagir avec les Nations-Unies avec le Conseil de Sécurité ; c’est le moment pour faire le point pour proposer aux partenaires comme les USA que la Minusca est importante, elle mérite un soutient.

Est-ce que vous pensez que la visite du Chef de l’Etat Faustin Archange Touadera aux Etats-Unis peut améliorer la condition ici et surtout la lecture de cette crise. Et quel peut-être l’apport des Etats-Unis ?
Effectivement, je pense que le Chef de l’Etat est quelqu’un qui sait parler aux bailleurs, on a vu à Bruxelles, j’ai eu un échange très fructueux avec lui, j’espère qu’il va faire la même chose aux Etats-Unis avec ses interlocuteurs internationaux et américains, c’est quelqu’un qui connait l’Etat, revenant de Bambari comme il est, il va certainement en parler avec les représentants des Nations-Unies surplace. Les Etats-Unis sont très présents, on est entrain d’évaluer notre contribution au maintien de la paix, je ne peux pas me prononcer pour l’instant, on a été toujours très présent, je suis confiant qu’on continuera toujours le rester.

Vous soutiendrez la proposition du gouvernement centrafricain à la levée de l’embargo sur les armes ou vous conditionnez cela à la formation des FACA ?
Cette histoire d’embargo, je pense que cela a été très mal compris par le peuple centrafricain, c’est un peu regrettable parce que je dois le souligner, l’embargo n’empêche pas le gouvernement centrafricain à s’armer légitimement. Cela laisse entre les mains des autorités le soin de définir comment ces forces de sécurité de police et autres vont être armées. On m’a expliqué que pour être armé, il faut simplement d’écrire une demande au comité de sanctions, ce n’est pas difficile, c’est fait sur la base de non objection, il n’y a pas de procédure pénible à faire. On m’a expliqué dans d’autres pays africains où il y a l’embargo notamment, la Cote d’Ivoire ; le gouvernement ivoirien achète même des chars, des blindés. C’est un faux problème, ce qui est important, c’est reformé les FACA, créé ces institutions sécuritaires pour le pays, de défense pour faire face aux groupes armés qui font trop de mal pour le pays.

Un autre sujet que le peuple centrafricain attend beaucoup c’est l’impunité, nous avons vu la mise de la Cour Pénale Spéciale, quelle en est votre lecture ?
C’est essentiel, du moment où il y a des pourparlers entre les groupes armés, les acteurs régionaux et autres, il ne faut pas oublier la soif du peuple centrafricain pour la justice. Cela a été clairement exprimé au Forum de Bangui et continue à l’être. J’étais très encouragé de voir le président le dire devant la foule à Bambari que l’impunité ne sera pas tolérée et que justement cette Cour Pénale Spéciale se met en place et sera actif. Ce n’est pas pour autant que tous les acteurs des groupes armés seront mis en prison, mais en ce qui concerne les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, c’est intolérable pour le peuple centrafricain et pour la communauté internationale de laisser ces criminels partir dans la brousse sans répondre de leurs actes.

 


© Droits reservés

Est-ce que ce n’est pas une épine de mettre en place cette Cour Pénale Spéciale alors qu’on est entrain de vouloir négocier avec ces groupes armés ?
Je pense que ça dépend de ce que vous cherchez, si vous voulez une trêve, si vous voulez attirer tout le monde, si vous voulez que pour six mois, un an que les groupes armés baissent les armes, qu’il ait une sorte de paix qui s’instaure pour quelque temps. Oui pourquoi pas, il faut blanchir tout le monde, il faut laisser tout le monde venir, à mon sens, il n’y a pas de véritable paix sans justice. Le peuple ne pourrait pas accepter à ce que les mêmes acteurs qui ont commis des crimes circulent librement à Bangui.

La Cour Pénale Spéciale se but à un problème des infrastructures et les lieux de détention, cela n’est pas pour autant un frein ?
Pas vraiment. Les infrastructures sont importantes, on y travaille mais déjà le procureur est nommé, il arrivera à Bangui le mois prochain, si je ne me trompe pas, déjà il peut commencer à rassembler les dossiers. C’est un travail qui prend du temps, des mois, avoir tout le monde, écouter les témoins, rassembler tous les éléments, déjà la communauté internationale et l’Etat centrafricain peuvent voir pour les infrastructures, déjà si le procureur est déjà prêt, on peut commencer à organiser les procès.

Est-ce que les Etats-Unis sont prêts à aider la RCA pour la réhabilitation d’un certains nombres d’infrastructures comme les prisons ?
On a un programme assez fort pour la justice, le département d’Etat est pleinement impliqué en ce qui concerne la police, la gendarmerie et les prisons, on est très présent , il y a un de nos représentants qui est parti à Bambari, justement pour voir dans cette ville-là comment on peut renforcer ces structures.

Terminons notre entretien avec l’an un du président Faustin Archange Touadera, comment appréciez les douze mois du président centrafricain ?
Ce n’est pas à un diplomate étranger de juger la présidence du Chef de l’Etat. Ce que je pourrais dire, c’est ce que dans le domaine de coopération avec la communauté internationale notamment les Etats-Unis avec le gouvernement centrafricain d’une part et les Nations-Unies d’autre part, on a eu des progrès. On a effectivement marché ensemble, on a trouvé que le gouvernement centrafricain est un partenaire excellent, moi j’attends avec confiance ce qui reste du mandat du Président, on peut travailler avec ce président, on l’a déjà fait par le passé.

Vous avez constaté qu’il y a beaucoup d’améliorations, dans quel domaine spécifiquement ? Et où est-ce que les choses ne marchent pas ?
Je ne pourrais pas parler pour le peuple centrafricain, ce n’est pas ma place. En ce qui concerne la coopération internationale, comme je l’ai dit, réforme du secteur sécuritaire, déjà, on voit les FACA qui se préparent, on voit une police et une gendarmerie qui commencent à renaitre après plusieurs années de crise. Dans ce domaine, on est entrain de rassembler des fonds importants. Je vois un certain nombre de progrès, je suis fier du travail que les Etats-Unis font en Centrafrique.
 
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