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Des réfugiés tchadiens et centrafricains en insécurité alimentaire

Par Eric Nguélé - 03/05/2011

L’IPSR va permettre l’assistance nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes ou allaitantes

 

La réponse du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (Pam) à la requête du gouvernement du Cameroun est la mise en œuvre d’une Intervention Prolongée de Secours et de redressement (IPSR) dont le lancement a lieu au terme d’un atelier de 2 jours organisé du 27 au 28 Avril 2011 à Ngaoundéré.

Suites aux évènements troubles survenus au Tchad et en République Centrafricaine au milieu des années 2000, le Cameroun est devenu une terre d’accueil pour des milliers de ressortissants de ces deux pays voisins. En 2010, on dénombre plus de 84 000 Centrafricains sur le territoire Camerounais contre 3 000 Tchadiens, respectivement dans 74 sites et villages des régions de l’Adamaoua et de l’Est pour les compatriotes du Général Bozizé, et dans le camp de Langui dans la région du Nord pour ceux d’Idriss Déby Itno. Depuis 2007, ces réfugiés bénéficient d’une aide alimentaire du Pam et des apports multiformes du gouvernement Camerounais et de ses partenaires de développement. En quatre années d’activités, il s’est agi dans le cadre de ce qui était techniquement appelé « Emergency opérations ou Emop 107350, d’assurer diverses charges liées à leurs conditions précaires de vie par des distributions générales mensuelles de vivres, la fourniture d’équipement scolaire et de santé, des bâches pour s’abriter, des ustensiles de cuisine, du matériel agricole entre autres. Il s’est aussi agi de protégé leur statut en les dotant de papiers réglementaires et de renforcer le climat de confiance avec les populations hôtes.

 


© septentrion.com
Traversée à la frotière Tchad-Cameroun
Situation alarmante
Arrivées au terme de cette opération humanitaire, les évaluations décentralisées menées conjointement entre le gouvernement du Cameroun et ses partenaires sur l’impact de ces actions, ont révélé une amélioration des conditions d’existence des refugiés Tchadiens et Centrafricains mais également des ajustements à faire dans la politique d’assistance. Les manquements constatés se justifient par l’absence d’activités durables devant permettre aux réfugiés d’asseoir leurs propres moyens de subsistance, et l’arrivée constante de nouveaux membres de familles. Ces circonstances ont quelques peu mis l’appui alimentaire à rude épreuve. Les chiffres des missions d’évaluations de janvier et juin 2010 sont illustratifs d’un état de dépérissement. Il en ressort que 39% de ménages de réfugiés Centrafricains sont en insécurité alimentaire sévère, 74% de ménages de réfugiés vivent en dessous du seuil de pauvreté c’est-à-dire avec 28 000 F CFA par an, 50% vivent avec mois de 15 000 F CFA par an tirant leurs revenus de la vente du bois de chauffe. Il revient aussi que le taux de malnutrition aigue global est de 11,6 (14% à l’Est et 9, 8% dans l’Adamaoua) et la situation nutritionnelle des mères est inquiétante : 54,5% étant maigres dont 11, 3% extrêmement maigres, 48,1% de femmes enceintes souffrant d’anémie. Dans ces difficultés de survivance, les populations riveraines pâtissent autant que leurs convives de fortune au point où 5,7% est en insécurité alimentaire sévère.

 


© © hcr/h caux
Une femme refugiée
b La réponse du gouvernement Camerounais]
Face à l’afflux permanent de réfugiés et de leur impact négatif sur les moyens d’existence des populations environnantes, l’Etat du Cameroun n’est pas resté les bras croisés. Des études ont été menées sous les auspices du Ministère de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minépat) afin de mieux guider, ajuster et planifier les interventions, projets et opérations d’assistance de manière plus intégrée et adaptée aux besoins des réfugiés et des populations locales. Présentée et mise en marche du 27 au 28 Avril 2011 à Ngaoundéré au cours d’un atelier organisé par le Pam et le Minépat à l’intention des autorités locales, des élus locaux et des organisations de la société civile, l’Intervention Prolongée de Secours et de Redressement (IPSR) est connue sous son appellation anglo-saxonne Protracted Relief and Recovery Operation (PRRO). Ce nouveau programme va couvrir 2011 et 2012 et sa mise en œuvre a déjà mobilisé un financement de 21 375 000 Dollar US dont 8 087 500 Dollar US vont servir à l’achat de 19 024 tonnes de vivres à distribuer à près de 186 200 bénéficiaires. Cette composante secours va permettre l’assistance nutritionnelle des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes ou allaitantes. A côté, on retrouvera une assistance de réhabilitation et le renforcement des capacités des partenaires dans l’objectif de remettre sur pied les communautés réfugiées et des populations hôtes, et reconstituer leurs moyens de subsistance à travers le développement des micro-projets, des activités génératrices de revenus et la construction d’infrastructures sociales.
 
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