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Centrafrique: Le grand remue-ménage du gouvernement Touadéra III

Par Sara Pendéré, Centrafrique En Ligne - 02/05/2011

Sur les cinq Ministres d'Etat, les vingt-trois Ministres de plein d'exercice et les six Ministres délégués de la nouvelle équipe, seuls 12 appartenaient déjà au gouvernement Touadéra II

 

Nul n'est ministre à vie. Telle peut être la leçon première que l'on peut retirer de ce nouveau gouvernement centrafricain. A ceux qui se croyaient éternellement vissés à leur poste et qui s'endormaient sereinement dans les délices de Capoue, la chute est terrible. En effet, sur les cinq Ministres d'Etat, les vingt-trois Ministres de plein d'exercice et les six Ministres délégués que compte la nouvelle équipe, seuls 12 appartenaient déjà au gouvernement Touadéra II. Il s'agit des Ministres Sylvain Maliko (qui conserve le portefeuille du Plan et de l'Economie), Parfait Mbay (Transports), Fidèle Ngouandjika (Agriculture et Développement Rural), Emmanuel Bizot (Chasse, pêche, eaux et forêts), Antoine Gambi (Affaires Etrangères), François Naoueyama (Environnement et Ecologie), Jean Francis Bozizé (Ministre Délégué à la Défense Nationale) et Youssoufa Meri Mandjio (Ministre Délégué chargé de l'élevage et de la santé animale). D'autres restent au gouvernement, mais changent de portefeuille. La mutation la plus notable reste sans doute le passage de Sylvain Ndoutaingaï, le neveu du Président, des Mines aux Finances. Quant à Jean Willybiro Sacko, Michel Koyt et Djibrine Sall, ils rejoignent respectivement l'Enseignement Supérieur (Ministère d'Etat), la Communication, et l'Enseignement Primaire.

 


© presidence-rca.org
Statistique intéressante: tous les Ministres de l'ancien gouvernement qui ont été élus députés quittent l'équipe Touadéra III (à l'exception notable de Sylvain Ndoutingaï). Ainsi, les Ministres Zingas, Maleyombo, Ndakala, Ngon Baba, Samba-Panza, Epaye, Kotayé deviennent tous des Honorables à plein temps. Sans trop paraître péremptoire, on peut raisonnablement avancer que le Président Bozizé a démontré ici qu'il ne tolérerait pas le cumul des mandats et inscrivait la République Centrafricaine dans une démarche de renouvellement permanent de la classe politique. Car en parlant de renouvellement, les centrafricains ont été servi avec l'annonce du nouveau gouvernement. En effet, les surprises s'avéraient nombreuses et d'aucuns ont été stupéfaits du retour d'Abdou Karim Meckassoua ou encore du débauchage du secrétaire général du MLPC, Jean-Michel Mandaba. Meckassoua, qui avait été un des proches du Président Bozizé avant de tomber en disgrâce, devient Ministre d'Etat aux Télécommunications tandis que Mandaba récupère le Ministère de la Santé, miné depuis de nombreuses années par la prévarication. Son parti, le MLPC, a annoncé que des sanctions sévères seraient prises contre cette trahison mais il n'en reste pas moins que le départ de Mandaba fragilise un peu plus les positions de Ziguélé et de ses soutiens. Par ailleurs, le gouvernement Touadéra III marque le début d'une politique d'ouverture envers la société civile, avec notamment l'intégration de Noël Ramadan, syndicaliste, au Ministère de la Fonction Publique et du Travail. Enfin, on note l'arrivée à la justice du très efficace Procureur de la République, Firmin Feindiro. Ce dernier a notamment joué un grand rôle dans l'instruction du dossier Jean-Pierre Bemba.

 


© ww.sangonet.com
Mais qui est donc le grand gagnant de ce nouveau gouvernement?
Sans nul doute, Sylvain Ndoutingaï. Si Faustin-Archange Touadéra s'impose pour la troisième fois en tant que Premier Ministre, l'influence de l'ancien directeur de campagne de Bozizé n'est pas à négliger. Quand bien même il perd le portefeuille de Mines (rattaché à la Présidence), il récupère celui des Finances, non moins stratégique, tandis que son acolyte et ancien directeur de cabinet, Obed Namsio, se retrouve Ministre Délégué à la Présidence de la République en charge des Mines. Dans l'optique des présidentielles de 2016, le lieutenant-colonel Ndoutingaï avance donc ses pions en se plaçant comme dauphin putatif du Président Bozizé. Mais rien n'est encore joué; dans la lutte pour l'accession à la magistrature suprême, il faudra compter avec l'inamovible Jean Francis Bozizé, Ministre Délégué à la Défense et fils aîné du Président. En attendant ces échéances lointaines, le nouveau gouvernement dirigé par le très compétent Touadéra se doit de pérenniser l'effort de redressement national entrepris par le Général Bozizé depuis le 15 mars 2003.
 
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