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RDC: l'Église catholique accueille un dialogue de la dernière chance

Par AFP - 09/12/2016

L'Église catholique a lancé jeudi à Kinshasa des négociations de la dernière chance pour chercher une sortie à la crise politique qui menace de replonger la République démocratique du Congo

 

L'Église catholique a lancé jeudi à Kinshasa des négociations de la dernière chance pour chercher une sortie à la crise politique qui menace de replonger la République démocratique du Congo dans la violence à la fin du mandat du président Joseph Kabila, le 20 décembre.

"Nous nous retrouvons ici pour la séance inaugurale des discussions politiques pour un plus large consensus sur le processus électoral", a déclaré Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), en accueillant les participants à ce dialogue qui pourrait durer jusqu'à mardi.

L'enjeu de ces négociations est de sortir du climat politique délétère, émaillé de violences, engendré par la non tenue de la présidentielle qui devait avoir lieu cette année.

Il s'agit pour les participants de trouver un accord permettant d'organiser une transition jusqu'à l'élection du successeur de M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter.

La communauté internationale, qui soutient le Congo à bout de bras, redoute que la volonté de M. Kabila de se maintenir à son poste au-delà du 20 décembre face à une opposition qui brandit la menace de manifestations pour le faire partir, ne refasse basculer le pays dans une spirale de violence incontrôlable.

La RDC, qui n'a connu aucune transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960, a été ravagée par deux guerres entre 1996 à 2003, et sa partie orientale, où sévissent encore une cinquantaine de milices, reste déchirée par les conflits.

"Aujourd'hui, l'enlisement est là et les conséquences sont incalculables", a déclaré Mgr Utembi aux négociateurs.

"Les conclusions de ces travaux vont conduire urgemment à la paix, à la réconciliation, à la tenue d'élections apaisées afin d'obtenir l'alternance politique, comme prescrit dans la Constitution", a néanmoins assuré le prélat, affirmant avoir reçu des gages de bonne volonté de la part du président Kabila et de son vieil adversaire Étienne Tshisekedi.

 


© AFP
Message papal
Relayant un message du pape François, Mgr Utembi a exhorté les "acteurs politiques congolais (à) construire des ponts, pas des murs".

Figure historique de l'opposition congolaise, M. Tshisekedi n'a jamais reconnu la réélection de M. Kabila lors de la présidentielle - entachée de fraudes massives - de novembre 2011, et se considère toujours comme le "président élu".

A 83 ans, le chef de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a boudé le "dialogue national" organisé par le pouvoir et ayant débouché en octobre sur un accord entre la majorité et une frange minoritaire de l'opposition.

L'accord en question consacre le renvoi de la présidentielle à une date non fixée et le maintien au pouvoir de M. Kabila en contrepartie de la nomination d'un Premier ministre issu de l'opposition.

Autour de la figure de M. Tshisekedi s'est constitué un "Rassemblement" d'opposition qui n'a cessé de dénoncer cet accord en demandant la convocation d'un "véritable dialogue inclusif" dans l'esprit de la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur le Congo votée en mars.

Les négociations sous l'égide de la Cenco doivent réunir deux délégations d'une quinzaine de personnes chacune : l'une représentant les partisans de l'accord d'octobre, l'autre ses détracteurs. Ni Etienne Tshisekedi, ni M. Kabila ne participent à ces discussions.

La Cenco avait entamé sa médiation en septembre en quittant le "dialogue national" après la mort d'une cinquantaine de personnes en deux jours de violences ayant éclaté en marge d'une manifestation du Rassemblement à Kinshasa.

L'annonce mercredi de la convocation imminente d'une nouvelle table ronde avait éclairci l'horizon politique du pays qui semblait alors totalement bouché à l'approche de Noël dans ce pays très majoritairement chrétien.

La médiation des évêques est néanmoins encore loin d'avoir abouti.

Deux points cruciaux doivent notamment être éclaircis : celui de la date précise des élections, et la question de l'avenir de M. Kabila, à la tête du pays depuis 2001.

Le président, âgé de 45 ans, ne donne aucune signe de vouloir quitter le pouvoir. Ses détracteurs, eux, veulent obtenir l'assurance que la Constitution ne sera pas modifiée et qu'il ne se représentera pas.
 
MOTS CLES :  Rd Congo 

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