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Centrafrique: la justice ouvre une enquête visant entre autres la force de l'ONU

Par AFP - 14/11/2016

Le ministre centrafricain de la Justice a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête visant entre autres la force des Nations unies dans le pays après la mort de quatre civils à Bangui

 

Le ministre centrafricain de la Justice a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête visant entre autres la force des Nations unies dans le pays après la mort de quatre civils à Bangui lors d'une manifestation le 24 octobre dernier.

"Nous allons établir la vérité en ouvrant une enquête contre les éléments de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) car ces forces étaient sur place au moment des tirs", a déclaré à l'AFP le le ministre, Flavien Mbata.

"Il y a des procédures qui ont prévues (pour) engager la responsabilité pénale des auteurs de ces tirs, s'il est établi que ce sont les forces onusiennes", a-t-il dit.

Les deux autres volets de l'enquête visent les organisateurs de la manifestations et "les éléments centrafricains qui ont été vus sur les lieux", a précisé le ministre.

Le coordonnateur de la Société civile, Gervais Lakosso, organisateur de la journée "ville morte", est en garde à vue depuis plusieurs jours.

Quatre civils avaient été tués et 14 personnes blessées le 24 octobre à Bangui lors de cette journée "ville morte" pendant laquelle un collectif de la société civile avait demandé le retrait de la Minusca, accusée de "passivité" face aux groupes armés.

A la mi-journée, des Casques bleus avaient bloqué des manifestants qui se dirigeaient vers le quartier général de la Minusca pour faire un sit-in devant le bâtiment, selon des témoins. Les Casques bleus avaient effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants.

La Minusca, qui compte plus de 12.000 soldats et policiers, se trouve en première ligne dans ce pays sans Etat ni armée, face aux attaques de groupes armés qui ont fait plusieurs dizaines de morts en octobre.

La Centrafrique peine à se relever du chaos de la guerre civile provoquée en 2013 par le renversement de l'ex-président François Bozizé par des rebelles séléka ("coalition" en langue sango) majoritairement musulmans, qui avait entraîné une contre-offensive des milices antibalaka majoritairement chrétiennes.

L'intervention de la force française Sangaris et de la Minusca a certes réduit l'intensité des massacres mais n'a pas réussi à stabiliser la situation sécuritaire dans ce pays classé parmi les plus pauvres au monde.

 

 
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