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L'Afrique victime du trafic des biens culturels

Par Monica Nkodo, Ct - 26/04/2011

Dans les rues de Bangui, un vendeur à la sauvette se balade avec des statuettes apparemment anodines, mais inscrites au patrimoine culturel

 

Des professionnels des musées nationaux et privés d’Afrique centrale, réunis à Yaoundé, se penchent sur ce commerce illicite. Ce fait divers venu de la République centrafricaine est un modèle flagrant du trafic des biens culturels dans la sous-région Afrique centrale et dans d’autres pays africains. Pour discuter de la menace que constitue ce commerce illégal, des responsables des musées nationaux et privés du Cameroun, de la République centrafricaine et du Tchad, sont à Yaoundé. Cette rencontre organisée par l’Unesco, à laquelle sont également conviés les forces de l’ordre et les douanes, prépare la création d’un réseau de professionnels dans le cadre de la lutte contre le pillage et le trafic illicite des biens culturels.

 


© journaldebangui.com
Une mesure que les participants à cette réunion veulent salutaire, car comme l’a démontré ce fait raconté par Etienne Tieudem, représentant du ministère de la Culture, la vente illégale des objets d’art du patrimoine ne date pas d’hier. Selon lui, les musées camerounais ont été privés de tout un pan de leur culture pendant les années ayant précédé l’accession du pays à l’indépendance. «A titre d’illustration, la “statuette Bangwa”, arrachée au Cameroun en 1897, vendue 29.000 dollars en 1966 et 3,1 millions de dollars en 1990», a-t-il raconté. Actuellement, les trafiquants d’objets appartenant au patrimoine culturel contournent la vigilance des autorités en se servant de techniques modernes comme Internet, devenant ainsi des cybercriminels.

D’après un témoignage, «à Foumban, dans l’Ouest-Cameroun, des trafiquants contactent des Occidentaux et leur disent que les habitants d’un village ont décidé de vendre des objets du patrimoine pour obtenir de l’argent nécessaire à la construction d’un hôpital. Ils fabriquent des certificats d’authenticité au nom du Sultan des Bamoun et des certificats d’expertise au nom de l’Unesco, histoire de prouver que l’objet est authentique. Puis ils vendent une copie ne pouvant accéder à l’original.» Mais il arrive que des objets authentiques fassent les frais des escrocs. Les responsables de musées remettent sur la table l’importance de protéger les richesses culturelles d’Afrique, avant qu’elles aussi ne soient en voie de disparition.

 

 
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