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La Centrafrique dans la spirale infernale avant le retrait de la France et la conférence des donateurs

Par AFP - 14/10/2016

Groupes armés toujours actifs, attaques contre des civils qui grossissent le lot des déplacés, repli des humanitaires, absence de l'Etat

 

Groupes armés toujours actifs, attaques contre des civils qui grossissent le lot des déplacés, repli des humanitaires, absence de l'Etat, Casques bleus en embuscade mais parfois critiqués...: de nouvelles violences, qui ont fait 30 morts, résument l'impasse dans laquelle se trouve la Centrafrique alors que la France s'en va définitivement.

Les 30 et 31 octobre, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit venir à Bangui pour officialiser la fin de l'opération militaire Sangaris, laissant les 12.000 Casques bleus de la Mission des Nations unies (Minusca) seuls sur le terrain miné de ce pays pauvre d'environ 4,5 millions d'habitants.

En lançant en décembre 2013 sa deuxième grosse intervention africaine après le Mali, le président François Hollande voulait éviter un "génocide", après le renversement de l'ex-président François Bozizé par les rebelles "séléka" majoritairement musulmans, entraînant une contre-offensive des groupes antibalaka majoritairement chrétiens.

Des milliers de morts et des centaines de milliers de réfugiés plus tard, la France quitte une ex-colonie qui est parvenue à élire dans le calme en début d'année le président Faustin-Archange Touadéra.

Professeur d'université, M. Touadéra se trouve cependant à la tête d'un Etat sans armée ni autorité, sous la tutelle de fait des Nations unies et sous la menace de petits chefs de guerre résolument sourds aux appels au fameux "DDRR" (désarmement, démobilisation, réintégration, rapatriement).

"Là où il y a des groupes armés, l'autorité de l'Etat n'est pas totale", résume Gaston Yéndémo, préfet de la Nana-Gribizi, région du centre où les violences mercredi ont fait au moins 30 morts et 57 blessés.

 


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'Eléments ex-séléka'
A l'origine, un groupe de quatre "éléments ex-séléka" - comme les désignent les autorités - perd l'un des siens en tentant de voler le groupe électrogène d'une radio locale à Kaga Bandoro (centre).

En représailles, ces "éléments" - aux ordres d'un certain Al Katim, d'après le ministre de la Sécurité Jean-Serge Bokassa - s'en prennent aux civils, à un camp de déplacés, aux organisations humanitaires, aux autorités locales.

Les Casques bleus pakistanais et burundais remplissent leur mandat de protection des civils, tuant douze assaillants, selon la Minusca, plusieurs fois sous le feu des critiques en raison de l'inaction présumée de certains contingents - sans parler des scandales sexuels qui ont aussi visé l'armée française.

Conséquence de cette nouvelle flambée de violences: "Plus 5.000 déplacés du camp de l'évêché se sont réfugiés à côté de la base de la Minusca", s'alarme le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Pris pour cible, les humanitaires eux-mêmes se replient au moment où la situation des populations se dégradent: "A Kaga Bandoro seul, la réduction de l’espace humanitaire a privé au moins 200.000 personnes d'assistance. Dans la région, l’insécurité alimentaire affecte 120.000 personnes et 73.206 personnes sont toujours déplacées", selon l'OCHA.

Cette dégradation peut avoir des conséquences terribles dans un pays en proie à toute une série de fléaux: rentrée des classes difficile - des groupes armés occupent parfois les écoles -, inondations, épidémies de choléra et de la variole du singe...

Dans ce contexte, "la communauté internationale ne peut se désolidariser de la République centrafricaine", a déclaré le 10 octobre le secrétaire général adjoint des Nations unies, Hervé Ladsous. Il a appelé "le Conseil de sécurité à obtenir des États Membres, y compris les bailleurs de fonds +non-traditionnels+, leur participation à la conférence des donateurs organisée à Bruxelles le 17 novembre prochain".

Ni bailleurs de fonds, ni pourvoyeur de Casques bleus, le pape fait ce qu'il peut pour la paix en Centrafrique avec un voyage à Bangui en novembre 2015 et la récente promotion au rang de cardinal de l'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga.

A peine nommé, sa première initiative mercredi a consisté à marcher vers le quartier musulman du PK5 où l'assassinat la semaine précédente d'un officier avait entraîné des représailles - onze morts au total, dont des bergers peuls musulmans.
 
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