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Centrafrique: La rareté de l’eau et de l’électricité fait polémique

Par Kpangbandjé - 25/04/2011

Si le programme de rationnement a été accepté, il n’en demeure pas moins que cela devrait se transformer en sevrage de longue durée

 

Les abonnés de la Sodeca et de l’Enerca estiment que pour payer la quittance, il faut au préalable consommer l’eau et l’électricité. Si le programme de rationnement a été accepté, il n’en demeure pas moins que cela devrait se transformer en sevrage de longue durée. Les services techniques des deux entreprises ne parviennent toujours pas à convaincre leurs abonnés. La vétusté des installations de ces deux entreprises laisse à désirer. Les désagréments liés à la rupture d’eau et de l’électricité dans la ville de Bangui et ses environs ont mis les abonnés sur leurs nerfs. Pour eux les deux entreprises devront fournir les services avant d’exiger des abonnés le payement des quittances.

On reconnaîtra que l’Enerca, en dépit des désagréments intempestifs a vécu son temps. Ses problèmes ne sont diamétralement opposés à ceux de la Sodeca. A ce titre, les abonnés pensent qu’il est facile pour l’Enerca d’obtenir un financement conséquent pour améliorer la qualité de ses services. Dans la mesure où le personnel de l’Enerca n’accumule pas d’arriérés de salaires comme ce fut le cas du personnel de la Sodeca du temps de Rangba et de Bellet. Dans un passé récent, l’Enerca annonçait le démarrage des travaux sur le site de Boali II. La Direction générale disait que si la remise à niveau des turbines ne pouvait augmenter la capacité de l’alimentation en électricité, des groupes électrogènes allaient être mis à contribution pour parer au plus pressé. Bien au contraire, après les travaux, les désagréments se sont multipliés par deux voire par trois. Des fraudeurs ont été attrapés la main dans le sac et des branchements illicites avec mort d’homme par électrocution mis à nu, les problèmes de l’Enerca sont restés intacts.

 


© journaldebangui.com
Le siège de Enerca à Bangui
Quand la maison prend l’eau, le mieux à faire serait non seulement d’évacuer l’eau mais également de voir comment procéder à la restructuration. Pour faciliter le recouvrement, des agents de la Police et de la Gendarmerie ont été mis à contribution pour forcer l’entrée chez les particuliers récalcitrants et insolvables. Ceci étant, au lieu d’améliorer la qualité des services, l’Enerca a plutôt préféré s’enfoncer dans la privation de longue durée de la fourniture de l’électricité dans certaines zones de la ville de Bangui et ses environs. Après avoir séquestré, violenté les agents de l’Enerca ce fut le tour du DG en personne d’être humilié par une frange de la population qui n’arrivait pas à supporter que ce dernier vive dans l’opulence, alors que les abonnés qui versent de l’argent à l’entreprise ne sont pas satisfaits de la prestation de l’Enerca. Il faut reconnaitre que ce n’est qu’une partie de l’iceberg.

Par ailleurs, au niveau de la Sodeca, le problème se pose autrement. Il est certes vrai que les installations ont vécu leur temps mais il serait aussi question de mauvaise gouvernance. Si non comment comprendre que malgré le versement régulier des frais de consommation d’eau par les entreprises et les particuliers sérieux, la Sodeca ne parvient toujours pas à faire face à ses charges et dépenses de souveraineté. Le personnel accumule des arriérés de salaires y compris les fournisseurs qui demeurent tout le temps impayés. Il aurait fallu que Monsieur Ruffin Benam Beltoungou soit nommé en remplacement de Paul Bellet pour que l’espoir renaisse au sein de l’entreprise. Le grand travail qui reste à faire consiste à redonner confiance au personnel, aux abonnés et aux partenaires financiers.

 


© journaldebangui.com
Des installations de la Sodeca à Bangui
Il faudrait maintenant remettre tout le personnel au travail, fournir de l’eau en permanence aux abonnés afin de prétendre au paiement régulier des frais de quittance de consommation. Tout compte fait, la privation de certains quartiers en eau potable est liée à la vétusté des installations. Des efforts sont en cours pour fournir de l’eau aux habitants de Bimbo qui ne sont pas branchés sur les lignes de la Sodeca, y compris le Projet de 2000 branchements sociaux qui sera bientôt opérationnel dans quatre arrondissements de la ville de Bangui à savoir le 3e, le 5e, le 6e et le 8e.

Le nœud du problème de la Sodeca est de convaincre les partenaires financiers tels que la BAD et la Banque Mondiale de mettre la main à la poche pour renouveler les installations afin d’alimenter les populations des secteurs éloignés en eau potable. Il convient également de rappeler qu’aujourd’hui le personnel de la Sodeca n’accumule plus d’arriérés de salaires, donc la motivation devait être synonyme de rendement et de prise de conscience pour mettre fin aux pratiques qui n’occasionnent que des énormes pertes à la société. Somme toute, l’Enerca et la Sodeca sont deux sœurs jumelles, poumon de l’économie nationale capable de ramener de l’argent à l’Etat. A défaut d’atteindre cet objectif, c’est l’Etat qui injecte de l’argent pour le fonctionnement de ces deux entreprises. La nouvelle politique consiste à aider ces entreprises à éponger leurs dettes vis-à-vis des banques de la place et des institutions financières internationales avant de commencer à payer les impôts et les redevances au niveau de la Caisse nationale de sécurité sociale.
 
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